‹ Beautés de l'histoire de Russie: contenant tout ce qu'il y a de plus curieux et de plusChapitre 8 sur 19 · ALEXANDRE I · texte numérisé non relu

ALEXANDRE I

AtEXAKDBE n'avait pas suivi l'exemple que lut avaient donné les princes de sa famille : Novogo-

( 78 ) rod n'ayant point été soumise aux vainqueurs ^ il ne croyait pas devoir se rendre à la liorde. Mais Batou-Sagin pensait autrement , et lui signifia de s'y rendre. Comme un refus l'aurait exposé à une vengeance cruelle ^ il obéit, et se mit en marche avec le prince André , son frère. Alexandre avait une taille majestueuse, de beaux traits, une physionomie noble , et une réputation de courage ; ces avantages réunis firent impression sur Batou« Sagin , qui témoigna aux princes russes combien il était flatté de faire connaissance avec eux , et qui les combla de caresses pendant le séjour qulls firent à sa cour. Il les envoya ensuite rendre hommage au souverain des Mogols. Ce prince confirma non seulement la domination d'Alexandre sur la Russie septentrionale, mais il y joignit ensuite la Russie méridionale. Il donna en mém)e temps au prince André la souveraineté de Volodimir.

ALEXANDRE U JAROSLAVITZ , surnommé

NEVSKJ.

Alexandbe , devenu maître de Volpdimir, en 1 25a , y établit sa résidence , tandis que son fils Bazile , qui l'avait remplacé à Novogorod , défendait courageusement son apanage contre les entreprises des Lithuaniens et des Livoniens.

PUBLIC LlBixAïi ï

ASTOR, LENOX TILDEN F OU^ DATION ::>

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(79) Bàtou-Sagin mourut de maladie en rannée

ia56. Il fonda plusieurs villes aux environs du Yolg;a ^entre autres Ghagari-Saraï , où^il faisait sa résidence. Bourga 5 son frère , lui succéda , et ce prince est le premier mogol qui embrassa le ma* hométisme. Bourga envoya un haskak ou eoliecfeur dans chaque principauté y pour percevoir le tribut fixé et surveiller les Russes. Ces ofliciers avaient chacun ufl corps de Tatars sous leurs ordres. Bourga n'était pas homme à se contenter, comme Batou-Sagîn , de la vassalité des princes russes et de leurs présens volontaires. Les conjoncturels forcèrent Alexandre d'escorter lui-même les préposés tatars qui venaient établir des taxes sur ses sujets. On doit juger par cette démarche si humiliante pour un prince courageux , à quel point les Russes 5 même les plus braves 9 redoutaient ces conquérans. Il y a plus , Bazile était à la tête des citoyens de Novogorod, qui se refusaient au dénombrement et aux taxes 9 tandis que son père se voyait réduit à escorter les préposés de Bourga.

Mais voici le comble de l'abaissement. Le grand-prince de Russie conduisait le tribut à pied devant l!ambassadeur tatar, se prosternait à ses pieds 9 lui présentait du lait à boire , et , s'il en tombait sur le cou du cheval de l'ambassadeur 9 le prince était obligé de le lécher. ^

Les Russes, plus désespérés de la dureté de»

(8o) vexations que du tribut onéreux qu'il leur fallait payer , se révoltèrent dans un même jour ( l'an 1262 ) , et massacrèrent les collecteurs. Alexandre^ au désespoir de n'avoir pu prévoir ni prévenir ces attentats d'un peuple qui voulait briser ses chaînes 9 se rendît à la cour de Bourga, regardant sa perte comme infaillible, s'il ne pouvait obtenir le pardon des coupables. Bourga fit grâce aux révoltés , en faveur du zèle dont Alexandre lui avait donné de si grandes preuves, et de la promesse solennelle du repentir des Russes , décidés à payei* désormais, avec exactitude, les tributs imposés. Mais Alexandre ne put jouir du bien qu'il venait de faire à sa [latrie. Ayant pris congé du kan , il tomba malade après quelques jours de marche : le danger dont cette maladie était accompagnée , le détei*inina à prendre l'habit de religieux , sous le nom d'Alexis , et à faire des vœux monastiques. Il mourut en 1264, à l'âge de quarante-quatre ans , après en avoir régné douze. L'Eglise russe l'a mis au rang des saints , sous la dénomination d^ saint Alexandre-Nevski.

JAROSLAF III JAROSLAVITZ*

Alexandbe eut pour successeur , au préjudice de son propre fils Dômîtri, son frère Jaroslaf, le naéme contre lequel il avait été obligé de prendra

(8.) les annes pour le chasser de Novogorod, où il s'é-* tait fait appeler par ses intrigues. Jaroslaf mourut en 1 270 9 et son règne fut de sept ans.

VAZILI ou BÂZILE I." JAROSLAVITZ.

Ce prince > quelque temps en guerre avec les habiïans de Novogorod , qui lui préféraient Démi tri son neveu , mourût en 1 276 ^ dans la fleur de VàQe^ après un règne de cinq années. .

DÉMITRI I." ALEXANDROVITZ.

L^ÀViussEMBiïT , les calamités et les désastre» de la Russie , ne firent qu'augmenter sous le règne de Démitri. Les Tatars s'étaient airogé la puis-* sauce absolue. Maîtres des frontières occupées par leurs troupes^ ils pénétraient quand bon leur sem*^ blait dans le cœur des provinces ^ et portaient par tout la désolation. Ce n'était plus qu'à force de prières, d'intrigues et de bassesses, que lesprînces^ tributaires conservaient unè\ombre de puissance. Les kans les obligeaient à payer des tributs annuels > qu'ils ne leur permettaient pas de le\Ver eux-^ mêmes sur leurs sujets : ils les affermaient à des exacteurs qui les percevaient par des moyens vio-» lens et tyranniques; et témoins de ces vexations >

( 8a ks princes n'osaient pas même s^en plaindr«« Maîtres de leurs personne», comme de leurs principautés 9 les Tatars les obligeaient de comparaître -• devant leur tribunal , et d'y rendre compte de leur conduite. Arbitres souverains de leurs démêlés particuliers 9 ils leur enlevaient leurs apapages y en disposaient à leur gré , leur imposaient des amendes , les condamnaient naème à la mort , et faisaient exécuter leurs arrêts. Ils faisaient encore , le dénombrement des peuples de Russie , et forçaient d'entrer à leur service ceux qui étaient en état de porter les armes , tandis qu'ils établissaient des garnisons dans les principales villes,, sous le commandement de leur haskaks , ou officiers généraux.

Démitri I" mourut en »a94 j et régna cinq ans.

ANDIUÈ III ALEXANDROVITZ.

QBATORZIEKE SIECLE.

GoNTiNiJELLBiiBirT en guerre avec son frère Démitri , dont il faloosait la puissance, et qu'il s'efforça de détrôner , André ne niéiitait point de lui succéder. Voici dans quels termes en parle l'histoire : < prince ambitieux et sans foi ^ « pour qi» les traités n'ét^dent que des moyens de « gagner du temps; et les sermens^ qu'un voile

(83) c perfide dont il Couvrait ses desseins. Souvent « malheureux^, sans être jamais corrigé 9 il ne « connut poilit le repos 9 et en priva sa patrie. » Il mourut en i5o4«

MIRAIL II ( MICHEL ) JAROSLWÏTZ.

Sa fin déjfioraéici

Nous venons de voir un souverain russe persécuté par son propre frère , nous allons maintenant faire mention d'un autre encore plus cruelle^ ment tourmei^té par un nouvel ambitieux , dont il finit par être la victime.

ToL-Tagou , kan des Mogols à Kaptchak, mourut en i5i5. Dsbek , son fils y lut succéda à Tàge de treize ans. Il gagna si bien Taffection de ses sujets , que , pour éterniser sa mémoire , ils prirent le nom de ce prince chéri ; nom qui est encore celui de leurs descendans.

Le premier soin de Mikaïl , après la mort de Tok-Tagou, fut de se rendre à la horde pour féliciter Usbek sur son avènement au trône. Il emmena avecltti rarchevèqùe métropolitain de ses états , comme Si ta présence de. ce prélat eût été capable d'ajouter un prix à l'hommaige du souverain de Yolodomir. Le jeune Usbek reçut le prince et Tarchevéque avec les plus grandes mar-

ques de distinction , et sembla manifester que la puisst-mce des chefs de l'Eglise russe égalait 9 dans IV'sprlt des tatars , celle des grands princes de la Russie. Dsbek donna à ce métropolitain des lettres pour confirmer tous les privilèges attachés à sa dignité et à son clergé ; il exempta le chef de l'Eglise et les prêtres de tout tribut et de toute contribu-tion pour la guerre ; il forma des vœux pour que le métropolitain jouît , sans aucun trouble, de ses prérogatives 9 et passât en paix le temps de cette courte vie, attendu, dit -il, que le clergé prie pour nous , qu'il nous protège et qu'il donne la force à nos armées.

Mikaïl, estimé , protégé, par Usbek, ne devait espérer que des jours heureux ; mais George 9 prince de Moscou , avait l'ambition de vouloir être grand-prince de Russie. Il fallut lever une armée pour le combattre ; il fut vaincu , mis en fuite , et sa femme , sœur d'Usbek , fut faite prisonnière, et la princesse fut conduite à Tver , où elle mourut de maladie peu de jours après. Le perfide George publia qu^elle y avait été empoisoniiécf par Mikaïl : celui-ci , fort de son innocence , et que toutes les probabilités contribuaient à justifier , se rendit à la cour d'Usbek pour achever de dé* Iruire d^injustes soupçons ; mais George avait si bien intrigué qu'il fit paraître Coupable celui qu'il voulait précipiter du trône ; il se rendit même auprès d'Usbek pour donner plus de force à sen

(85) accusations. Malgré la franchise et la vérité de ses défenses, Mikaîl chargé de chaînes 9 traduit devant des juges subornés , fut déclaré coupable et condamné à mort. Pour faire souffrir à ce malheureux prince un supplice plus cruel 9 on différa le temps de Pexécution ; UsbeL partit pour une grande chasse , le souverain de Russie fut traîné à sa suite ayant le cou passé dans une planche , et les bras enchaînés. Un mois s'était écoulé dans cet état de supplice et d'ignominie , lorsque Mikaîl fut exposé dans un marché comme le dernier des scélérats , livré à l'opprobre public On vint lui lire sa sentence de mort : aussitôt après cette lecture , on le conduisit au bain , on le revêtit ensuite d'une robe d'étoffe d'or, et on lui servit un repas splendîde : distinction outrageante imaghiée pour rappeler son rang , et insulter au caractère auguste dont il avait été revêtu. Le juge principal et l'af- • freux George jouissaient de ce spectacle , et contemplèrent avec avidité le supplice du prince de Russie, qu'on ordonna aux bourreaux de faire mourir lentement. Ceux-ci l'accablèrent de coups avec la dernière barbarie , et le pendirent à un mur par la chaîne qu'il avait au cou : le mur qui était vieux s'écroula ; le prince eut encore la force de se relever. Alors les bourreaux le saisirent par sa chaîne, le traînèrent long-temps j»ur la terre, continuant de le frapper jusqu'à ce qu'un Russe de la

(86) suite de George , lui plongea un couteau dans }e flanc 9 et termina ses tourmens et sa vie.

Ainsi périt Mikaïl II à Tâge de Ifi ans , en 1 5 1 ^ ^ après ^voir régné treize ans. Ce prince , d'un caractère doux 9 pacifique , promettait à la Russie des jours heureux , après tant d^orages^ et il était digne d'un meilleur sort; mais c'est principalement contre la vertu' que s'acharnent les médians, sans se douter des remords cruels dont ils doivent être déchirés.

GEORGE III DANIÉLOVITZ.

Ce serait avec peine que nous verrions le méprisable , l'odieux George parvenir au premier trône de la Russie , si nous ne savions qu'il arrive quelquefois que le crime triomphe j mais pour donner l'exemple de la justice divine qui ne tarde pas à le poursuivre* Les troubles et la brièveté du règne de George manifestèrent qu'il est un Dieu vengeur.

Démitri , fils aîné de l'infortuné Mikaïl y payait à George le tribut qu'il devait aux tatars; maïs ayant appris que George s'appropriait ce tribut ^ il se rendit à la horde pour prévenir les suites de cette infidélité 9 et pour faire connaitre à Usbek la mauvaise foi du dépositaire. Usbek, afin de punir

(8?) Qeôrge y donna à Démitri la principauté de Yo«

lodimir , et le renvoya en Russie avec des lettrespatentes et une arnM^e capable de le n:iettre en possession de la souveraineté.

Le parti que George s'était formé pendant son séjour à la horde , Tinstrulsit de ce qui se passait en son absence , et il résolut de s'y rendre pour s'opposer aux mesures de Démitri. Déjà il était en route lorsqu' Alexandre ^ frère du nouveau souverain 9 vint l'attaquer à l'improviste , lui enleva ses équipages et le força de fuir à Pleskof , d'où il ne partit pour la horde que l'année suivante.

Démitri ne put apprendre sans une vive in« dîgnation le voyage de George , et crut que sa sûreté exigeait qu'il se rendît hii-mémeune seconde fois auprès d'Usbek. L'accueil qu*îl en reçut , dissipant toutes ses craintes, lui fit croire qu'il pouvait tout se permettre , et il poignarda le meurtrier de son père. « George y sans doute , avait mérité « la mort , dit un historien , mais il aurait dû pé- « rir comme un criminel qu'on punit , et non « comme lin rival qu'on assassine. »

Malgré l'attachement qu'Usbek avait pour Démitri 9 il lui défendit de s'éloigner sans son ordre. Les princes russes , loin de faire cause commune pour le justifier , eabalèrent pour le faire périr , dans Tcspoir d'arracher quelques portions de soii héritage. Le frère de George demanda vengeance, et obtint le trône de Yolodimir. Usbek différa deux

C 88 ) ■ ans entiers la punition du coupable 5 mais enfin t

vaincu par les pressantes sollicitations des princes 9

il donna Tordre du supplice. Démitri n*avait que

vingt*sept ans lorsquHl mourut.

ALEXANDRE III MIKAILOVITZ.

Albxàndçb III qe fut pas plus heureux que son infortuné père Mikaïl. Gomme ce prince n^avait pas rougi de rechercher depuis long - temps ramitié.des Tatars, et qu'il avait même été fairô la cour à Usbek^ qui aurait dû lui inspirer un sen* timent d'horreur depuis la mort de Mikaïl, il obtint la succession de son frère qu'il avait vivement sollicitée. Il revint en Russie avec des lettres du kan , qui confirmaient ses droits à la principauté de Yolodîmir, et il y joignit celle de Novogorod ; mais , à l'exemple de son père , il fit toujours à Tver sa principale résidence.

Un horrible complot troubla pour toujours la tranquillité de son règne. Usbek ayant conçu le projet de placer sur le principal trône de la Russie un prince de son sang, et de s'emparer successivement des apanages de tous les. princes russes 9 envoya Setchel - Kan auprès d'Alexandre avec un cortège nombreux. Cette députation solennelle avait pour motif secret le massacre d'Alexandre , des princes apanages et des boïards qui étaient

(«9) ailors à Tver. Les Tatars se proposaient d'effrayer

toas les autres princes de Russie , par le cruel

traitement qu'ils feraient à celui de Tver ; de dîs^

tribuer toutes les possessions à différens princes d%

leur nation , et de soumettre les Russes à un joug

qu'ils ne pourraient plus rompre.

Ignorant toute cette trame odieuse > Alexandre reçut le député avec les plus grandes n^arques de distinction , et le logea dans le palais de son père. Des avis secrets lui découvrirent la conjuratioB : il crut devoir en prévenir les suites et faire pérît tous les Talars çn une même nuit. Après qu'il eut fait informer sous tnain les principaux habitans de Tver du danger qui les menaçait , il fit distribuer secrètement des armes à tous les citoyens , afin d'opposer la ruse à la ruse et la force à la force. Le mot d'ordre du massacre général des Tatars était à ia première fête ; elle arriva , et ce jour était celui de l'Assomption. Les Tatars surpris avant le jour et assaillis de toutes parts par des ennemis acharnés, se défendirent avec fureur et vendirent chèrement leur vie ; ceux qui purent échapper au carnage se réfugièrent dans le palais de Mikaîl ; l'implacable Alexandre y fit mettre le feu : Setchel- Kan y périt avec tous ceux qui l'avaient accompagné.

Ivan ( Jean ) , fils de Daniel et frère de George 5 avait hérité de sa haine contre les princes de Tver, Il se hàXs^ d'instruire UsbeL de ce massacre ,

(9M et lui demanda la principauté de Volodimir, le

kan lui envoya des troupes sous les ordres de cinq chiefs talars. Ivan les conduisit à Moscou; c'est de là qu'elles se répandirent dans la principauté de Tver qui fut mis^ à feu et à sang. AleKandre ise sauva à Pleskof ; Ivaa prit possession de Yolo-' dimir 5 se fit reconnaître à Novogorod , et partit pour la horde. Constantin , fils de Mikaïl et frère d'Alexandre , l'y avait devancé pour demander la principauté de Tver qu'il obtint, et Usbek donna au prince Ivan des lettres -patentes qui lui assuraient la possession des provinces qu'il lui avait concédées. C'est ainsi que l'envie et la haine des princes russes les aveuglaient sur leurs intérêts les pluà sacrés et leur faisaient river leurs chaînes.

Le nouveau souverain de Volodimir ( Ivan ) continua de faire sa résidence à Moscou, embellie par ses soins et par ceux de son père. Cette ville , étant à la fois la résidence du grand-prince et du chef de la religion , continua de s'agrandir, et fut enfin reconnue généralement pour la capitale de la Russie.

Cependant Alexandre , voyant que sa fermeté l'en traînerait enfin à sa perte , conçut quelque espérances de fléchir le souverain de Kaptchak, et lui envoya son fils Fédor. Le jeune prince fut bien reçu et renvoyé à son père avec un député qui lui apporta l'ordre de venir se justifier lui-même du massacre des Tatars. Les circonstances parurent

(9«) favorables à Alexandre ; Usbek était en guerre

avec la Perse ^ et pouvait craindre que ce prince 5 s'il continuait à le persécuter ^ ne trouvât enfin des amis. Il part> il arrive , sa soumission lui gagna les bonnes grâces du Lan 9 qui d'ailleurs fut touché de la douceur et de la physiononoie agréabk»

d'Alexandre , doué de Tbeureux don de gagner les cœurs ; il obtint de rentrer dans sa principauté âè Tver. La faveur dT^bek excita l'envie des autres princes contre Alexandre, qui oMinqua de politique^ en n'accordant sa confiance qu'à ceux des habitans de Pleskof dont il avait été servi dans ic temps de sa disgrâce : les mécontent l'aban-* donnèrent et se retirèrent à Moscou. Ivan les ao* eueiUlt ^ et profita de cette circonstance pour noircir Alexandre dans l'esprit d^sbek. Le prince de Tver fait passer une seconde foisson fils à la horde : Ivan le suit de près , et rérclUe y par des propos calomnieux, la haine assoupie du kan. Le tatar mande le prince de Tver à sa cour , et le ùlH en même temps assurer de sa bienveillance. Alexandre, instruit par son fils , savait trop bien ce quHl avait à craindre ; mais le danger de son fils , abandonné comme en otage entre les mains des Tatars , le dé« termina surtout à obéir. Il partît malgré les pleurs de ses enfans , de ses frères et des citoyens ; il arrive 9 il reçoit l'accueil le plus froid ; ses amis lui apprirent tous les mauvais sei*vîces qu'on lui avait rendus et les préventions du kan. Il espéra d'abord

(9^) que les riches présens quUl apportait au souverain

de Kaptchak, ainsi cpi'à ses femmes et aux grands, le disposeraient en sa faveur. Il passa un mois entier dans une cruelle perplexité ; enfin il apprit que sa mort était résolue et qu^il devait la subir dans trois jours. Il lui était impossible de fuir quoiqu'il parût en liberté. Le jour fatal arrive; Alexandre avait su gagner Tamitié d^une des femmes du kan ; il envoie vers eile pour être mieux instruit de son sort ; lui-niême monte à cheval et va visiter quelques amis. Partout on savait que sa mort était décidée poui* ce même jour. Trop certain de son malheur ) il revient à son camp , où il apprend de ceux qu^il avait envoyés à la femme d'Usbek, que sa dernière heure est venuie. En effet, ses serviteurs fidèles viennent en gémissant lui annoncer que déjà les exécuteurs approchent. Il sort audevant d'eux 9 les envisage avec intrépidité , et leur présente sa tète , quMls tranchent à Hnstant. Le même arrêt s'étendait aussi sur le jeune Fédor, et fut exécuté , quoique ses jours ne dussent point être proscrits : mais des barbares sont loin de connaître les moindres notions de la justice. Cette ' sanglante exécution eut lieu en i558.

Ivan , possesseur du titre de grand prince de B-ussie , ne lui survécut que de quelques années. Il mourut à Moscou en i54i » après un règne de treize années. Il entra suivant Tusage dans l'état QAonastique , lorsqu'il sentit approcher sa fin ; il

(93) était à la fois dévot, charitable et ambitieux :

OD lui avait donné le suraoni de Kaiita (la

bourse) , parce qu'il portait toujours une bourse à

sa ceinture pour faire l'aumône.

SIMÉON oc SEMEN IVANOVITZ , surnommé

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