POPE (ALEXANDER
Né en 1688 -Mort en 1744.
Pbiâbb Univebselle.
deo. opt. max.
Pere de Tous ! en qui chaque âge Reconnut son Sublime Auteur, Depuis le saint jusqu' au sauvage, Jebovah, Jupiter, Seigneur!
De Tout, Toi la Clause Première Et la moins comprise, pourtant, Et qui m*apprends par ta lumière Que je suis aveugle et toi Grand :
Et qui dans cet état de choses Veut bien me laisser entrevoir Le bien, le mal, la fin, les causes M'assurant un libre vouloir.
Ce que dicte la conscience En son pouvoir surnaturel.
Est pour rhomme une prescience, Est pour lui le chemin du ciel.
Puissé-je toujours être digne Seigneur de tes bontés pour moi ; Quand tu donnes, faveur insigne.
Jouir c'est respecter ta loi.
Entouré de milliers de mondes Dont toi seul est Maître et Seigneur, Qui se balancent dans les ondes Par ton pouvoir modérateur,
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N'allons pas assigner d'espace A ta souveraine bonté, Et surtout n'ayons pas Taudace D'usurper sur sa volonté.
Si j'ai raison, que par ta grâce Je reste dans le droit chemin ; Si j'ai tort, dirige ma trace Daigne me guider de ta main.
De l'affireuse misanthropie Afin de m'éviter l'écueil, Sauve-moi du murmure impie, Et sauve-moi du sot orgueil.
Aux maux d'autrui rends-moi sensible, Rends mon cœur indulgent, humain.
Et pour moi daigne être accessible Comme je le suis au prochain.
Bien que je sois fort peu de chose, Je suis quelque chose par toi, Mon cœur en ta bonté repose.
Conduis mon cœur selon ta loi.
Pour aujourd'hui je ne souhaite Que le don de la paix, du pain ; Seigneur ta volonté soit faite!
Tu sais pourvoir au lendemain.
Toi qui pour Temple as l'Espace, Pour Autel la Terre et les Cieux, Nul être ici bas ne se lasse De clianter ton nom glorieux !