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Né en 1633— Mort en 1684.
Ode sur la Solitude.
Salut à toi Solitude sacrée De ce tranquille port à Tabri de Borée, Moi je prends en pitié le monde et ses grandeurs, Sensible aux maux d^autrui, sensible à ses douleurs, Je plains ces malheureux de tout rang, de tout âge, Qui remplis de vigueur font cependant naufrage, Les uns sur les rochers d^Espérance, de Peur, Les autres sur les rocs de Folie ou Malheur, Ballotés tout d'abord, puis dans un précipice Tous perdus sans retour sur Tabîme du Vice.
La malice des Grands, quelque fatal destin Les firent dévier un jour du droit chemin.
Mais de ces malheureux, certes, le plus grand nombre D'une firagile excuse, hélas! ils n'ont pas l'ombre, La vertu leur parlait et leur dictait un choix. Mais d'appétits brutaux étant sous le servage. Les entêtés! ils font jabot de leur naufrage. Et sont autant que sourds aveugles à la fois.
Salut à toi Solitude sacrée, Que l'on goûte si bien sous la voûte azurée!
Tu rends l'âme plus forte, et plus calme le cœur, Tu sais dompter l'orgueil, et mater la douleur. Ton repos étemel, ta douce quiétude Donnent on avant-goût de la béatitude; Jamais l'amour ne vient de ses transports fougueux Troubler l'aimable paix de ces paisibles lieux. Jamais on n'y connut ce funeste alliage