DATIS
Il chanta tour à tour arbres, plantes snperbeS) L'hysope ce joyau des plus petites herbes,
Donnant des fruits, donnant des fleurs:
Des parfums du vallon il prit la quintessence, Du psaume en enrichit Tadmirable ordonnance.
Pour en augmenter les grandeurs.
Il chanta les oiseaux de tout bec et toute aile, Le vautour destructeur, la colombe fidèle.
Oiseaux de proie, oiseaux de paix; Ceux qui pour nous charmer nous font de la musique, La caille, la corneille et le coq domestique,
Les cygnes, les paons et les geais.
Il chanta les poissons gros, moyens et minimes, Que Nature souvent rend très pusillanimes
Afin que de Thonmie ils aient peur; De rimmense ocëan il chanta les coquilles^ £t des poissons volants les nombreuses fisonilles
Du soleil cherchant la chaleur.
Il chanta le castor construisant sa chaumine. Le tigre grassouillet qui se roule et rumine
Sans encore éveiller les bois; Tandis que le lapin comme un bon mineur mine La montagne escarpée oin sera sa cuisine^
Et que folâtrent les chamois.
Il chanta les joyaux, les pierres précieuses
Au fond du sol cachant leurs lampes merveilleuses
De rhomme aux regards curieux; Le jaspe d'orient portant le sceau du maître, La topaze brillante aux yeux faisant paraître
Une immense gerbe de feux.
DATID. 267
Pour sa harpe elle fat bien vive sa tendresse, Lorsque s'agenouillant près d^elle en sa détresse
Il y passa ses doigts vainqueurs; Quand tout à coup il vit Satan fuir en déroute, Quand au cœur de Satil son art se frayait route,
£2n suspens tenant ses fureurs.
Ses ennemis alors cessaient leurs perfidies Quand il laissait couler ses belles mélodies
Tenant captifs les sens, le cœur; Tantôt faisant vibrer des gammes électriques, Tantôt plus doucement des gammes chromatiques
Amortissant sa propre ardeur.
Alors qu^il empilait jusqu^au ciel ses pensées, La charmante Michol, les lèvres amorcées
Souriait tout en rougissant; Puis elle se choisit pour la Reine elle-même, "Il était si vaillant — si grand était son thème,
Son chant était si ravissant I"
Au nombre de sept sont du Seigneur les pilastres. Qui de la terre vont jusqu'au plus haut des astres,
Sa sagesse en traça Tesprit; Sa parole accomplit ce monument sublime, Depuis le fondement jusqu'à sa double cime
Et depuis l'homme jusqu'au Christ.
Alpha — premier en rang, ou la cause des causes, La source d'où découle et provient toutes choses,
La lumière, en un mot, du jour; D'oîi l'entreprise part, et crânement s'avance. Prenant le mouvement, la vie, et l'ordonnance,
Aussi la forme et le contour.
268 DATID.
Granmia — qui, lui, sontient Tarche admirable, nnique. Sur laquelle sVtend la phalange angélique,
Cette arche . . . da plus beau saphir; De là sont enyoyés du bleu séjour des anges Ces frissons, ces émois qui soulèvent les franges
Du sûnt lieu qu'on ne doit franchir. ^
Eta — se fait honneur de sculptures vivantes, De belles fleurs en bois sans cesse verdoyantes,
Qui ne se flétrissent januûs; De nombreux bas-reliefs, du labeur les histoires, Où Ton voit par milliers instruments aratoires
Râteau, bêche, truelle et nds.
Apr&s Eta, Thêta se tient près du Suprême Qui forma ces signaux qu^il attacha lui-même
Au superbe plafond des cieux; L'un vêtu de safran, l'autre de blanche ermine. D'autres ayant des yeux couleur aventurine.
Dominant tout silencieux.
Iota — fut choisi pour incruster Pimage
Des différents oiseaux : puis du poisson qui nage
Représenté dans le flot bleu; Puis du soubassement jusques à la corniche, Parmi les chapiteaux, voire dans chaque niche
On grava les œuvres de Dieu.
Sigma — représentait au milieu de savanes Ou le voyageur seul, ou bien des caravanes
Sur tout rhomme se posant chef; L'homme que le Seigneur a fait à son image, Qu'il a doué d'amour, de force et de courage,
Qu'il a fait son chef-d'œuvre bref I
DATTD. 269
Oméga !.. le plu» grand, et le plus saint des étre&. Qui pour l*hamamte fut le meilleur des maitrei.
Dont le nom à chacmi est cher:
Qoi doué par le ciel de sagesse profonde Offiit à Dieu son sang pour racheter le monde
Et sous son pied br.>ya IVuftr.
Elève du Seigneur ! David, puit£ de zicience, Le Seigneur te donna son appui, sa pmssanoe.
Et sa sainte protection; La force et la douceur, tel il fut ton symbole, La harpe fut de Dieu sous tes doigts la parole,
Ton type est abeille et lion.
Un seul fut — qui jamais ne se prit de révolte, Contre les passions qui n*eut besoin de volte,
Et qu^onc ne leurra le plaisir; Lui sur terre envoya Timage de lui-même, Du péché pour résoudre enfin le grand problème
Dieu dans le Christ voulut mourir.
Dites-leur que ''Je suis'^ dit un jour à Moîse Jehovah; — et la Terre à ce verbe surprise
Soudain s^émut frappée au cœur:
Au-dessus, au-dessous, à Tentour la Nature D*une unanime voix, à la fois, sans murmure
A dit: "Oui, Vous Etes Seigneur!"
Vous êtes le Seigneur! ... et nous le croyons ferme, Pour donner à chacun son talent et son terme ^
Tout homme a part à vos bontés:
Car vous nous avez dit : '^N^appelles pas ton frère Eaccaj — ^mais que toujours soit humble ta prière,
Ne conmiets pas d-imquités ! "
Car vous nous avez dit: ^^Sois toujours nu d^offense. L'homme plein de candeur est pétri d^innocencei
Dans son âme est la charité; Sois bon envers le bœuf qui tire ta charrue, De ta vache prends soin; il n^est rien sous la nue
Qui de Dieu soit déshérité.
Prends soin de te lever devant la tête grise; Crains ce commandement de Dieu, ne fais méprise,
Il dit: ^'L'homme ne mourra pas!*^ '^Ohl que ta volonté, non la mienne, soit faite!'* Pria celui qui fut d'une vertu parfaite;
Suis ce saint exemple en tous cas.
Sers-toi des passions que Dieu mit en ton âme« Et Tamour et la joie y distillent leur flamme,
Ton cœur thésaurise l'espoir; Le souci vit en toi pour museler d'avance Les malheureux instincts de ta concupiscence,
Et te préparer un beau soirl
Agis tout simplement, mets ton vin mûr d'urgence Dans des tonneaux fort bien assaisonnés d'avance,
Ne laboure avec le taureau, Avec l'âne à la fois; surtout abstiens-toi, peste! De mélanges d'amours^ et ne commets l'inceste.
Ne te conduis comme un pourceau !
Sois juste et bienfaisant; paie au Seigneur sa dîme, Que consoler la veuve aussi soit ta maxime,
Il est doux d'essuyer les pleurs !
Et selon ton avoir et selon ta puissance, Dirige ton amour; soulager l'indigence
C'est mériter tous les bonheurs !
Du calomniateur et de la calomnie
Fais fil... propage, Toi, Téloge . . . wie hannonie
Qui plaît à rhomme ainsi qu^à Dieu!
Laisse le vieil Adam pour la nouvelle essence . . . Oui, poursuis Tavenir ... il est dans Fespâ'ance:
Que le passé n^ait point ton vœu.
Applaudis au succès; à ton œil sois sévère ; Honore le plus sage, aussi le plus prospère,
Sympathise avec le prochain; Far rémulation avance ta science, Le culte de Mammon te soit en abhorrence! v
Rejettes en jusqu'au levain!
Des sages, ô David^ le plus haut sur la liste.
Sur les sentiers de Dieu, fSeûs-nous voir, ô Fsahniste
Le verbe dans sa pureté!
Vains sont nos documents à tous tant que nous sommes, Et le paraphe aussi de la plupart des hommes
C'est le sceau de la vanité!
Empilez jusqu'au ciel des monceaux de louanges La louange est d'or pur, c'est le parler des anges.
C'est un encens qui plait à Dieu; Jésus aime l'élan d'une âme généreuse.
Mais il hait le venin qu'une bouche grondeuse
Répand pour attiser le feu.
Four l'adoration, dans tous les rangs, les anges Aux pieds de l'Etemel font monter les louanges
Et David est au milieu d'eux :
Avec tous ces chétifs, pauvres aux yeux des hommes, Que ta bonté convie au festin des Frud'hommes
nouvel époux bienheureux!
Pour Tadoration les saisons se succèdent,
Et Tordre et la beauté se suivent, se précèdent.
Jetant au ciel leurs chants d*amour:
La blanche pâquerette étend son dos sur Fherbe, Et le porphyre, lui, se reflète superbe
Dans le frais ruisseau d*alentour.
Pour Tadoration les amandiers fleurissent,
La vigne-vierge étreint les murs qui s^en tapissent,
Les arbres s'élancent aux cieux; L*oiseau sacré, Tlbis, avec sa veste unique, Elève pour ses œufs un nid tout artistique.
Les clochettes baissent leurs yeux.
Pour Tadoration le cèdre dans sa joie Distille son sirop, le ver flle sa soie.
Et le roc fait couler son miel; Pour Tadoration la Nature se pare, Et la Nymphe de mer de son sein n^est avare
Quand ses petiots lui font appel !
Pour Tadoration court Fonce mouchetée Avec tous ses petits, se frôlant la futée,
A tous les arbustes des bois; Pour Tadoration le lézard dans la mousse Vit; et les animaux dans Tarche, sans secousse.
S'en vont deux à deux, trois à trois !
Cependant qu'Israël assis sous l'arbre à figue Comme le voyageur accablé de fatigue
Tranquille aime à goûter le frais.
Pour Tadoration sous la légère feuille Où se joue à l'envi jasmin ou chèvrefeuille
Ija brise inaugure la paix.
Les jours vont s^augmentant, au pinacle est leur règne. Sous la voûte rosée a fleuri la châtaigne^
Les vents entr'eux ne joutent plus ; Pour Tadoration les poissons multiplient, Carpes d^or et d^argent sur le lac se rallient
Pour mieux chanter leurs oremits.
Pour Tadoration blanchit la canne à sucre, Et le coco retient gratis et non par lucre,
Son lait espoir du pèlerin, Où la pluie enfermée au sein de vastes branches Forme un berceau riant étoile de pervenches.
Salle à manger pour le festin.
Maintenant le travail reçoit des prix superbes, Car Tadoration énumère les gerbes
Devant sa Majesté la Paix ; Le brugnon violet gentiment se colore, La pomme d^incamat pudiquement se dore,
Et le coing de jaunes reflets.
Pour l'adoration croît Tarbre de la vie.
Les récoltes de riz, le bosquet où convie
Le tranquille ombrage des bois ; Et des fiers grenadiers les magnifiques lignes Disputant aux pêchers les prix dûs aux plus dignes,
Où brillent les œillets de choix.
Pour Padoration des lauriers la verdure Lnprovise un printemps donnant moins triste allure
Au jardin dans le temps neigeux ; Pour l'adoration le crocus se colore.
Les myrtes d'un beau vert gardent leur robe encore,
Pour charmer plus long-temps les yeux.
274 DAYID.
Pour Fadoration le ÊEtisan se prélasse,
La blanche ermine aussi qui jamais ne se lasse
De soigner scm manteau si pur ; La zibeline avec sa robe reluisante Où soufflent les frimas se pavane charmante
Pour Tadoration, c^est sûr I
Pour Tadoration la blanche et sainte épine.
Renouvelle chaque an sa parure d^ermine,
LMcureuil entasse ses noLL; Pour Tadoration Tlf^ cet arbre des larmes, Et le houx si joyeux, prennent de nouveaux ciuunsies, * La nature a plus doux émois.
Pour Tadoration de David les maximes
Portent, guident les cœurs vers des actes sublimes
Et d^amnône et de charité ; Celui qui de sa vie en fait le saint programme. Dompte ses passions, et rend digne son âme
De voir la céleste clarté.
Pour Tadoration le bouvreuil, c'est notoire.
Sait imiter la flûte, et sa touche d^ivoire,
Et charmer Técho des halliers ; Le rouge-gorge aussi, qui nargue la fillette, Quand, gourmande, elle vient pour cueillir la noisette
Dans les étroits petits sentiers.
Pour Tadoration le philosophe austère
Va chercher dans les cieux tout brillants de lumière,
Le Chien, le Bélier, les Gémeaux, OrioD, son épée, et Panneau de Saturne, Aquarius aussi qui penché sur son urne
Verse le trop plein de ses eaux,
DATTD. 275
Et tronre U giaDdeur de Dien non moiiis soblime En voyant à ses {neds le ver Imsant infime
Prêter Bon étofle anx taillis ; Pour Tadoration les cordes de la briae Pour charmer one oreille ont la mosiqne exquise
Qui £ût rêver du Paradis.
Pour Padoradon vibre chaqae mnrmure De joie on de chagrin par lequel la Nature
Soupire on chante son émoi ; Oyez ! c^est une voix et menue et petite, Qui dit à Peau du ciel :^ " En torrents tombe vite ! '*
Ou qui dit à la mer : " Tais-toi ! "
Pour Padoratîon vient l'encens de Lybie, Celui de bezoar, les gommes d^ Arabie,
De la civette le parfum ; Mais mieux que galbanum, mieux que la myrrhe encore Et mieux que tout encens qui monte et s*évapore
Est la prière d'un chacun.
Pour Tadoration est le duvet des pêches, L'ëpi de Fananas, et les haleines fraîches
De tous les beaux fruits du bon Dieu ; Tandis que leur odeur, aussi leur vue aiguise Les instincts du pëché qu^on nomme gourmandise ;
Cîhasteté dit : *• Mangez-en peu î !"
Pour Tadoration jamais Dieu ne se lasse
De laisser grands ouverts les sentiers de la grâce.
Et tous les bains de pureté ; Pour rhomme qui de Dieu garde en lui la mémoire, Rayonnent à Tenvi tous les rayons de gloire
Du soleil de rEtemité !
276 DATID.
Pour radoration du Christ sous la coupole
Le plus petit moineau trouve un nid, puis il yole
De Tolive ^éner la fleur ; Homme dliumilitë toujours à Dieu fidèle, Avec toi, c^est certain, demeure Thirondelle
Dans réglise de ton Sauveur.
Sur les tilleuls feuillus oh ! douce est la rosëe * Qui tomhe en temps utile, et fraîche et tamisée ;
Doux est Tair parfumé d^Hermon ; Doux est Faspect du lis, et de ses senteurs vierges, Et doux pour la prière est Todorat des cierges,
A leur éclat fuit le démon I
* Cette strophe est une de celles que Monsieur Delepierre a cm devoir rectifier toujours afin de serrer le texte de pku près. Voici Toriginal :
Sweet is the dew that falls betimes, And drops npon the leafy limes; Sweet Hermon's fragrant air:
Sweet is the lily*s silver bell, And sweet the wakeiiil tapera smell That watch for earlt pratbr I
Voici la version de Monsieur Delepierre:
Sur les épais tilleuls, ah! douce est la rosée Qui tombe le matin, et fraîche et tamisée
Doux est Tair parfumé d' Hermon / Doux à l'œil est du lis le beau calice vierge I Et doux pour la prière est le parfum du cierge
De la matinale oraison.
Le lecteur voudra bien remarquer que Monsieur Delepierre traduit * that falls betimes* par * qui tombe le matin,' — au lieu de: * qui tombe en temps utile ;' et qu'il fait rimer Hemum avec Oraison — ^rimes bouffonnes qui seraient justement mises à l'index dans l'opéra-comique le plus mal écrit. Il est vrai que Monsieur Delepierre abrite sa modestie d'auteur- versificateur sous notre nom, et qu'il nous fiait endosser nolens volens cette rime drôlichonne, afin, sans doute, de serrer 2e texte de plus près. Nous déclinons le présent que vous avez la méchanceté de nous faire, Monsieur Delepierre!
Le Chevalier de Châtelain,
DATID. 277
Douce est la femme qui, dans Tamour affermie, Veille dans son berceau Pinnocence endormie ;
Doux est le retour au bercail :
Doux du musicien certe est le fruit des veilles, Lorsque de son esprit, une ruche d'abeilles,
Harmonieux sort un travail.
Plus doux sont les accents, les tendres villanelles, Le langage d^amour des gentes tourterelles
Au printemps unissant leur cœur ; Mais bien plus doux encore est le profond hommage Porté par la prière au plus haut du nuage
Auprès du trône du Seigneur.
Fort est le fier coursier au galop prenant fuite. Fort le milan happant dans sa vive poursuite
Le gibier qui n'en peut hélas I Forte est la grande autruche à la course rapide. Et fort, de l'océan sur la plaine liquide,
Est l'Empereur, le Xyphias.
Fort aussi le lion, sa prunelle est ardente,* Et comme un bastion sa poitrine géante
Tient à distance l'ennemi ; Fort le vautour cruel espionnant la plaine.
Et forte dans la mer est l'énorme baleine
Réveillant le flot endormi.
* Voici les deux dernières strophes qne Monsieur Delepierre a cru devoir citer de Notbs traduction ; cette fois comme il n'y a pas de contresens dans la version qu'il nous prête nous nous dispensons de citer l'(»nginal, nous soulignons seulement les mots changés par Monsieur Delepierre, un vrai touche- à -tout, la mouche du coche ! . . .
Fort est lejier lion, sa prunelle est ardente, Et comme un bastion sa poitrine puissante Tient à distance Tennemi ;
278 DAVLD.
Mais bien plus fort encor que les forts de la terre, De Pair et de la mer est Thomme de prière,
Sa force est son espoir en Dieu ; La foi, c^est un avoir qui soudain lui procure Les trésors précieux promis à Pftme pure A son retour vers le del bleu.
Belle est la flotte enflée au souffle de la brise. Belle une troupe armée en fer pour une emprise,
Belles sont têtes à cimiers ; Des arbres des jardins beaux sont les doux ombrages^ Les parterres fleuris, beaux sont les lieux sauvages,
Et beaux aussi sont les sentiers.
Belle est la lune à pic planant sur la pelouse. Belle aux yeux de Tépoux est la nouvelle épouse
Tombé le voile virginal I Beau le temple de Dieu quand des flots de prière Montent, montent toujours, et vont au divin père.
Porter un encens filial.
Fort le vautour cmol planant dessus 2a j>2ame, Et forte dans la mer est Ténorme baleine Réveillant le flot endormi.
Mais bien plus fort encorn que les forts de la terre, De Tair et de la mer, est llionmie de prière,
Sa force est son espoir en Dieu ; La foi, c'est un trésor qui toujours lui procure Les déUees sans fin, promis à l'àme pure,
A son retour vers le ciel bleu.
(Conclusion : A notre avis si Monsieur Delepierre ne réserve pas pour lui une niche dans le Paradis qu'il élève aux Fous plus on mcâns littéraires, son ouvrage restera incomplet.
Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas !
Le Chevalier de Chapelain,
DATID. 279
Mais plus beau certe enoore est de voir vers la terre Ce Berger-Roi, David ! embrasser la poussière
Avec profonde humilité :
Lui, dont tous les souhaits de portée infinie Ont eu pour but moral la parfaite harmonie
Et le bien de rhumanîtél
Précieux est toujours le denier de la veuve, Et de Tavare aussi le don, filet d^un fleuve
Qui coule à sec dans un caveau ; Précieux le rubis du jour rappelant Taube, Et le rayonnement de la blanche et simple aube ;
Précieux Tazur du joyau.
Précieux est l'émoi du repentir austère, Précieux vers le ciel est le soupir sincère,
Soupir très acceptable à Dieu ; Précieuses les fleurs rappelant les miracles En faveur d'Israël, quiand les saints tabernacles
S'ouvraient devant le peuple hébreu.
Plus précieuse encor cette divine essence Qui du cœur de David réhaussait la puissance.
Il était grande neuf, généreux :
Dans chaque événement il entrait d'un pas ferme, Vrai, fidèle toujours, droit il marchait au terme,
Puis en sortait victorieux.
Magnifique est le jour et le soleil sans voiles, Magnifique la nuit et l'éclat des étoiles,
Magnifique le char de feu ; Magnifique le son des clairons, des trompettes, Magnifique de Dieu les fleurs et les fleurettes,
Magnifique l'océan bleu :
280 la. EOB£ ]>S BBOOABT
Magnifique du nord la lumière .... un sourire ! Magnifique le chant que le Seigneur inspire !
Magnifique Tire défi cieux I Magnifique le cri, rhosannah du repaire, Magnifique Vamm de relise en prière.
Le sang du martyr glorieux :
Mab bien plus magnifique encore est la couronne Qui brille sur le front de la sainte personne
De ton Divin Fils, ô Seigneur !
De ton Fils dont David entrevit la venue, Lorsque dans son extase, il bénissait la nue
Qui devait pleuvoir le Sauveur I
La Robe de Bbocabt et le Chiffon de Toile*
FABLE
De brocart une Robe exhalant encor Tambre, Descendit d^une Dame à sa femme de chambre.
— Une Robe Française ? — Oui dà î . . née à Paris, C^est titre de noblesse, au moins à mon avis.
Par accident ou bien par aventure Ne sais exactement la cause, je vous jure,
Non loin de ce brocart Sur un crochet voisin pendillait à Técart Un vieux Chiffon de ToUe atrocement jaunâtre. Qui naguère à son maître avait servi d^emplâtre. La Robe dédaigneuse à l'aspect du Chiffon
Haussa Vépaule à la Française, Et renfrognant ses plis, s'agitant sur sa chaise. Avec le frôlement hargneux d'un vieux griffon. Lança sur le Chiffon du haut de sa colère De son noble dédain Texpression vulgaire: