‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 126 sur 162 · MADAME DT LA FIE · texte numérisé non relu

MADAME DT LA FIE

Bruits de charivari, Vous ! les bruits les plus fous î La tant douce Sylvie elle a le pas sur vous,

Elle en pince, ellel de la langue!

Jamais, oh! non jamais de trêve à sa harangue. Elle parle, elle parle, elle parle toujours; Elle vient, la voici: bienheureux sont les sourds!

"Une I*ie! une Pie! oui, c'est bien une PicI

Mais vous êtes donc fou, mon cher!

Apporter une Pie, ici, de par Tenfer!

Peut-être, selon vous, est-ce faire œuvre pie? Une bavarde Pie, un joujou caquetant t . . . *

C'est que, c'est un objet tentant!

Vous savez pourtant bien dà que votre Sylvie A le bruit en horreur, qu'il chiffonne sa vie! Vous m'avez appcHrt^, bien sûr, ce beau cadeân

Pour le guérir mon rhume de cerveau!

Voyons faites entrer votre adorable bête,

Afin qu'elle en fasse à sa tête, Et que sur ma toilette, et sur mon oreiller Elle vienne à son gré sautiller, mordiller ; La Pie est un oiseau si charmant et si propre

Qu'il ne fait jamais rien d'impropre ; Seulement, c'est certain, il me fera mourir.

Ouf! respirons, 6 ciel! c'est à s'évanouir!

A la rancune, on sait, jamais ne m'abandonne, Je suis si patiente, et si bonne personne !

Sans cela, cher mari, satané paltoquet !

Je te le dis, tiens, vois- tu bien ta Pie Je lui ferais passer pour toujours la pépie, En lui tordant le cou, puis de son corps fluet. Je bourrerais ta gueule en guise de poulet. *

n me faudra mettre au plus vite Mes bagues, mes bijoux, et tous mes riens d'élite

Sous clé, dans un affi-eux tiroir.

Si que ne pourrai plus à chaque instant les voir!

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