‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 148 sur 162 · SYMPATHIE · texte numérisé non relu

SYMPATHIE

Croyez moi, cher Devoir, àXiet plus lentemetit»" *' Du matin je n'ai pas £ût moitié de ma tâche/' Dit le Devoir avec un sourd gémissement,

^^ Contre moi-même je me fâche, Sous de fausses couleurs se montrent les objets, Et ne sais plus d'où je viens, où je vais.

Vos plaisirs tant vantés ?... C'est de la boursouflure, A dada sur le vent qu'en reste-t-il? — piqûre I... Mais où donc êtes-vous? "... — " Envolé I " dit l'écho.

" Le Plaisir est parti presto^

Car il voyait s'avancer l'âge, Maladie, et douleur et le noir sarcophage.

Ne perdez pas de temps en regrets superflus^ Devoir ! encore un pas, vous touchez à l'ancrage, Et les portes du ciel s'ouvrant pour les élus Un éternel bonheur sera votre partage ; Car au ciel seul on voit auprès du doux Jésus Le Plaisir, le Devoir faire entr' eux bon ménage I "

TIGHE (MRS).

Née en 1773 — Morte en 1810.

SïlfPATHIE.

Si la tristesse envahissait ton cœur, Par mon chant tâcherais. Ami, de te distraire ; Que si, tout au contraire, étais de bonne humeur, Avec toi je rirais une journée entière.

Si tu sentais le besoin de dormir, A veiller près de toi trouverais un grand charme ; Si le malheur sur toi venait s'appesantir, Pour chacun de tes pleurs donnerais une larme.

Pas un soupir émané de ton cœur Qui ne trouve aussitôt un écho dans mon âme ; Et qu'un seul souci vienne altérer ton bonheur Mon repos est perdu; coupée en est la trame.

832 TEBB ÉGBITS DAKS LA TOUB.

Puis à la fin, de ton dernier soupir Quand Timplacable mort viendra clamer la dette, Je prierai le bon Dieu de me laisser mourir Pour aller partager le froid de ta couchette !

TYCHBORN (CHIDICK).

Mort en 1586.

Vers

Ecrits par Chidick Ttcuborn (encore jeune et en prison dans la tour) la nuit avant son exécution (1586).

La fleur de ma jeunesse est un faisceau d^épines, Et mon festin de joie — un festin de douleur; Ma récolte de blé, c'est un champ en ruines, Et tout mon bien, — de gain un espoir imposteur: Le jour fuit; — du soleil point n'ai vu la lumière. Je vis, — et maintenant finit ma vie entière!

Le printemps a passé, mais il n'a pas fleuri.

Le fruit est mort, pourtant l'arbre a les feuilles vertes,

Elle a fui ma jeunesse et ses fleurs sont inertes.

Je vis le monde et lui ne me vit dépéri;

n est coupé mon fil, et sa trame est entière,

Je vis, et maintenant jà s'éteint ma lumière.

Moi je cherchai la mort, — elle était dans mon sein; Moi je cherchai la vie, — et sus qu'elle est une ombre; Moi je foulai la terre ... et son argile sombre ; Moi je vis mon tombeau, mon tombeau de demain: Le sablier est plein, il marque ma carrière.

Je vis, — et maintenant finit ma vie entière !

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