‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 53 sur 162 · COLERIDGE (SAMUEL TAYLOR · texte numérisé non relu

COLERIDGE (SAMUEL TAYLOR

Né en 1772— Mort en 1834.

Ballade du Vieux Loup de Mer.»

Facile credo, plures esse natoras invisibiles quam visibîles in remm universitate. Sed borum omnium familiam qtiis nobis enarrabit, et gradns et cognationes et discrimina et singulomm munera? Quid agont? Quse loca habitant? Hormn remm notitiam semper ambivit ingenium bumannm, nunqnam attigit. Juvat, intereâ, non diffiteor, quando que in animo, tanquam in tabula, majoris et melioris mundi imaginem contemplari: ne mens assuefacta hodiemse vltse minutiis se contrahat nimis, et tota subsidat in pusillas cogitationes. Sed veritati intereâ invigilandum est, modusque servandus, est certa ab incertis, diem a nocte, distinguamus. T. — Bumet, Archœol. Phil.^ p. 68.

PREMIERE PABTfE.

Un vieux loup de mer C'EST lin vieux louD . . . c'est un vieux louD de mer,

rencontre troia gais .

compagnons, allant à De trois gaifl compagnons il en arrête un vite. — une noce, en arrête «Dq p^,. ta barbe et ton œil fauvc et clair

Pourquoi m'arrêter dà! . . . de façon si subite?

Du marié je suis proche parent, De sa bonne maison la porte est grande ouverte,

Les conviés s'assemblent à présent, Tu peux entendre, vieux, joyeuse rumeur certe !"

un.

* Cette ballade a une grande réputation en Angleterre, voilà pourquoi nous avons cru devoir la traduire ; nous ferons observer toutefois que sans les notes marginales quelques unes des strophes seraient difficiles à comprendre. Dans Toriginal, la première strophe sans la note marginale qui l'accompagne, serait réellement incompréhensible. A notre avis un tel mode de procéder annonce une grande faiblesse dans un auteur.

Note du Tradticteur.

Le loup de mer le happa de sa main :

"Il y avait," dit-il, "un superbe navire" . . .

"A bas la patte! à bas donc, vieux coquin!" La patte tout à coup retomba sur ce dire.

n fascina de son regard d^enfer Le pauvre convié. Lui, soudain immobile

Comme un enfant de trois ans, ça, c'est clair, Ecouta le narré de ce vieux crocodile.

L'inTitë à 1* nooe est sabju^ par le regard du vieux loup de mer, et obligé d'écouter son histoire.

Au convié sur une pierre assis Force fut d'écouter; il n'était à la noce:

Le loup de mer sans se donner sursis Ainsi continua . . . son œil luisait féroce.

" Notre navire ... il a franchi le port, Du canon salué par un beau tintamarre ;

Et tout joyeux nous passons sans effort Et réglise du mont, et la cime du phare.

D'abord à gauche apparut le soleil, n sortait de la mer aussi frais que l'aurore.

Puis il brilla, puis à droite vermeil.

Fut noyer ses splendeurs dans un bain de phosphore.

Le vieux loup de mer raconte comme quoi le navire fit voile vers le midi avec un vent propice, jusqu'à ce qu'il atteignit la ligne.

Toujours plus haut chaque jour il monta, Monta, monta, monta, tant qu'advint d'aventure,

Que vers midi, ne fais point d'errata, De ses beaux cheveux d'or il ceignit la mâture."

Du convié soudain battit le cœur, Du basson mugissant il entendait la note . . .

Son vif dépit, et sa mauvaise humeiu* A ce signal joyeux en passant je les note.

Le convié entend la musique de la noce, mais le vieux loup de mer n'en continue pas moins son narré.

La mariée, une rose en bouton, Brillante, s'avançait fraîche comme l'aurore;

Les ménestrels balançant leur menton, Devant elle marchaient pinçant de la mandore.

Du convié plus fort battait le cœur, L'infortuné garçon n'était guère à la noce . . .

Le loup de mer, nargue de sa douleur!

Ainsi continua . . . son œil luisait féroce.

Le navire est pooBsë ^'Yoilà soudain qu'arrive un coup de vent

d^i^^**'' ''^" ^^ ^^^ Impitoyable et fort; puis mugit la tempête

Qui vers le sud, sans cesse s'aggravant Nous chasse en nous jetant l'eflâ-oi la trouble-fête!

Les mâts ployant, la proue aussi plongeant, (Gomme dans un combat, dans une ardente lutte

Le champion, s'il est intelligent Pousse tête en avant l'ennemi qu'il culbute).

Notre navire au gré du vent changeant Nous roulait vprs le sud de minute en minute.

Vinrent bientôt la neige et les brouillards.

Et puis le froid piqua d'une façon étrange.

Cependant que tout blancs nos deux gaillards De glaçons miroitants se couvraient d'une frange.

Le pays de la glace Parmi la brume au loin les rochers nus

on tnT.;*S Reflétaient à l'entour une lueur horrible; aucune créature Ti- Rien de vivant, mais un chaos confus

De glace et de glaçons dans l'espace visible.

La glace ici, — la glace aussi là bas, La glace tout partout qui s'écroule affidssée,

Formant ces bruits, cette espèce de glas Que l'oreille perçoit quand s'éteint la pensée.

▼ante.

Enfin passa soudain un Albatros De sa large envergure il reploya les plumes;

Au nom de Dieu qui donne le repos Nous Taccueillîmes bien ce fier géant des' brumes.

n put manger des mets ponr Ini nouveaux, Selon son bon plaisir. Puis voici qu*il voltige

Autour de nous ce vivace Albatros, Et crac se fend la glace, et nous marchons . . . Prodige!

Jfmqa'keeqa'ktnmrê le bfoiifllard de neife ▼inft an graad otaeMi d* mer, mi Albetroa, qui lot reça eree fnade joie ei grande hoepi' Uhté.

Un vent du sud et propice à nos vœux Qui nous fait bien filer s^ëlève à notre arrière,

Cet Albatros toujours nous suit joyeux, Et de nos marins vient à Tappel débonnaire.

Soit dans les mâts, les vergues, les brouillards, Pendant neuf soirs durant ce digne Albatros plane,

Quand de la nuit brillaient les ciels blafiu'ds, Sous ce vêtement bleu qui de la lune émane.^'

£tmerTeaie!l'Alb«.

troe te troare être an oûeen de bon magure, ilsoirit le neTire comme fl retoamnit Ter* le nord à tnrers le broail* Urd et le gbrceflottante.

— "Que Dieu te garde! ô vilain loup de mer Des démons, et du sort que sur toi Satan jette! . . .

Mais d'où te vient cet œil suant Tenfer?" . . — "Je tuai FAlbatros de ma bonne arbalète!"

Le loap de mer en dépit de« droite Mcrén de l'hospitalité tue cet oieeea de bon aagare.

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