LB CHANT DE LA CHEMTSB
'' Hommes qui vous targuez de les chérir vos sœars, £t vos ëpouses et vos mères, Vous n'usez pas du linge — oh! non, mais les sueurs Et puis la vie aussi des pauvres ouvrières !
Des points! des points! toujours des points!
Et dans la faim, dans la crasse, et la bise, Et cousant à la fois et d^un double fils joints Un noir linceuil, une blanche chemise!
" Mais pourquoi donc vraiment parlé-je de la mort, De la mort à la robe osseuse?
A peine si je crains le hideux de son port Tant il ressemble, hélas ! à ma taille anguleuse Par tous les jeûnes que je fais !
Dire, ô mon Dieu! qu^à la ville, au village Il soit si cher le paini et qu'on ofire au rabais La chair, le sang d'un être à ton image !
** Travailler I travailler! travailler! travailler! Et mon travail est sans relâche, Et quels sont ses produits? ... En guise d'oreiller Un lit de paille,>-un peu de pain après ma tâche, Et des haillons pour m'affubler!
Un toit à jour, une chaise, une table, Et puîs^ mn mur si nu que de me le peupler ^ Je te sais gré, mon ombre charitable!
"Travailler! travailler! travailler! travailler! Comme pour expier un crime ; Travailler! travailler! et toujours travailler ! Du matin jusqu'au soir, voilà notre régime !
Couture, gousset et collet.
Et pour changer, collet, gouHset, couture.
Jusqu'à ce que le cœur s'affaisse sur l'ourlet. Et que la main tombe de courbature!