‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 79 sur 162 · LB CHANT DE LA CHEMISE · texte numérisé non relu

LB CHANT DE LA CHEMISE

"Travailler! travailler! travailler! travailler! Par le jour sombre de décembre, Travailler! travailler! puis encor travailler Quand on sent le temps chaud dans le froid d'une chambre ! Quand je vois sous les avant-toits Légèrement se glisser l'hirondelle, Me montrant le printemps avec un air narquois, Et devant moi faisant même la belle!

"Oh! Dieu! si je pouvais seulement respirer

Des jeunes fleurs la fraîche haleine, Sous les flots d'un ciel pur me laisser azurer Moi, foulant le gazon ... oh 1 Dieu la bonne aubaine! Ne fut-ce qu'une heure, une fois, Pour retrouver la souvenance chère De tous ces sentiments éprouvés autrefois

Quand j'ignorais le coût de la misère!

" Une heure, oh! rien qu'une heure, un répit, un moment . . . Hélas! c'est en vain que j'implore!

Pour l'amour ou l'espoir, pour un doux sentiment, Il n'est pas de loisir — ^pas de soir — pas d'aurore! Mais du temps seul pour les douleurs :

Pleurer un peu soulagerait mon âme, Mais dans leur lit saumâtre il faut laisser ses pleurs Pour ne mouiller l'aiguille ni la trame!"

Avec des doigts piqués, fatigués et usés,

De lourdes et rouges paupières.

Une femme en haillons, aux traits décomposés. Travaillait à l'aiguille en disant ses misères :

Des points! des points! toujours des points!

Et dans la faim, dans la crasse, et la bise .... Oyez ! ... et comprenez, gens aux riches pourpoints . . . Elle chantait : " Le Chant de la Chemise!"

À OYlîrTHIE— SIMKIN. 159

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