IL N*Y A DE PLACE POUB TROIS
Que Torgae alors gronde retentissant
Accompagnant un chœur éblouissant
Soit solennel, on soit d'antiennes pures
Qui s'évapore et meurt en doux murmures,
Faisant poser devant mes yeux le ciel,
Et m'arrachant à ce monde réel.
Et puisse enfin ma vieillesse épuisée
Trouver sur terre, en façon d'Elysée,
Un ermitage, un cilice, un auvent
Pour m'abriter, et méditer souvent,
Pour épeler, déchiffrer chaque étoile
Qui dans le ciel apparaît et se voile;
Pour demander à Therbe des forêts
De ses secrets les car, les si, les mais,
Jusqu' à ce que ma vieille expérience
D'un saint prophète ait acquis la science:
Douce Mélancholie, à moi tous ces plaisirs, Et je vis avec toi, sans plus amples désirs I
MOGRIDGE (GEORGE).
Né le 17 Février 1787 -Mort le 2 Novembre 1864.
Il n'y a de Place pour Trois.
C'ÉTAIT au milieu de l'année.
Les feuilles, du soleil brillaient de tous les feux. Quand Catherme et moi nous fûmes en tournée, Jamie étant entre nous deux.
Le pont jeté sur le torrent rustique Etant étroit, fus mise de côté !
Jamie alors me dit : ^* Jenny, c'est authentique. Point de place pour trois, ça, c'est la vérité!"
— "Pas de place pour trois!" ... me dis-je, "Mon Dieu! pas de place pour trois!" Sur mes yeux se fit un vertige, "Pas de place pour trois!" . . . mon cœur fut 'aux abois!
182 IL n'y a de place potjb tbois.
Oh ! mon cœur était bien malade !
Alors qu^à ses cèté» je me trouvais souvent^ Près de sa Catherine en une promenade,
Mais elle est sa femme à présent.
Il ne pouvait, Teut-il voulu Jamie Etre à nous deux, car le défend la loi, Dans un ménage hélas I de tiers il ne faut mie. Pour un troisième il n^est jamais place ma foi 1
Pas de place pour trois! . . . misère!
Mon Dieu! pas de place pour trois!
Ma vie aussi fut bien amère, Pas de place pour trois — ah! j^ai porté ma croix!
Lentes ont marché les journées, Et moi le cœur brisé, j^ai lutté sans espoir, Nombreuses maintenant ont passé les années ;
Et déjà j^apperçois le soir.
Car de mes jours, ah! la'^trame ei^t filée, Je dois partir, mMmietter bientôt, Redonner ma poussière aux champs, à la vallée. Rendre le corps enfin que j^a vais en dépôt!
Pas de place pour trois — sur terre!
Mon Dieu! pas de place pour trois!
Dans le lit froid du cimetière Pas de place pour trois! . . . oh! j^ai porté ma croix!
Sur ton front chère Catherine Brillera radieux le chaud soleil d'été, Tandis que sur le mien Fhiver et sa bruine
Incrusteront leur vétusté.
Au bon — ^bon Dieu je donnerai le reste Des jours que j'ai, chassant le souvenir Du bien-aimé Jamie — un penser bien funeste, Qui ne me quittera qu'au jour où dois mourir.
Pas de place pour trois sur terre!
Mon Dieu pas de place pour trois !
Au ciel m'élève en ma prière, Il y a place au ciel pour tous ... oh ! je le crois!