MODESTE ODE À LA EOBTVNE
MONCRIEFF (WILLIAM).
Mort en 1857.
Modeste Ode â la Fortune.
Exauce ma prière ô Fortune, ô Déesse
D^un poëte en passant écoute ici Fadressel
Je ne demande pas un troupeau de laquais
Pour me servir moi seul dans des maisons-palais,
Je ne demande pas des près, des bois, des terres,
Ni des vassaux nombreux, ni canaux, ni rivières;
Je ne demande pas épouse d^apparat
Bien que j'aime fort peu par goût le célibat;
Je ne demande pas renommée ou puissance,
Amis, rang à la cour, paresseuse indolence;
Je ne demande pas de me frôler aux Grands,
Argenterie ou vins, livres ou mets friands;
Je ne demande pas bals, concerts ou liesse,
Pas non plus les trésors d'Europe ou de la Grèce,
La beauté, ni l'esprit, ni même le comfort
Ni d'autres qualités qui rendent doux le sort,
Ni l'érudition, ni l'art, ni le génie,
Ni d'un brillant héros la valeur infinie,
Ces choses, ô Fortune, ont de l'attrait pour moi,
Mais point ne les demande — Et sur ce, me tiens coi:
Je ne demande que ... de l'argent— je l'atteste,
Car avec de l'argent on a tout — et le reste!