‹ Beautés de la poësie anglaise [tr.] par le chevalier de ChatelainChapitre 95 sur 162 · UTT CONTE DE FÉES · texte numérisé non relu

UTT CONTE DE FÉES

Ce dos touffu, bombé, s'ëlevant comme un mont Semblait vouloir tenter Tescalade du front

Et se hisser jnsqu^à la tête ; Cependant en dépit de ce hideux atour Edwin osa rêver une illustre conquête,

Et qui plus est rêver tendre retour.

n avait ressenti le charme séducteur De la beauté d^Edith. — Si dans Tintérieur

Elles pouvaient ces damoiselles Regarder, — il eut eu chance d*être vainqueur: Mais certain Sir Topaz, étoumeau de ruelles Eblouissait; — rhabit gagna le cœur,

Edwin le noir dans Tâme, et le chagrin au front. Cheminait donc la nuit, et gravissait im mont

Eclairé par le clair de lune ; C*était près de la tour d^im antique castel Où folâtres lutins venaient tous à la brune

Se trémousser en dansant sous Formel.

Son cœur était navré, — son âme en désarroi. Il se faisait bien tard; — il savait à part soi

Ne pouvoir retrouver sa route, N^ayant d^autre ressource, il a franchi Penclos Du castel redoutable, et sous sa sombre voûte, S^étend par terre, afiamé de repos.

Mais à peine affiiissé sur ce dur oreiller Espérait-il enfin quelque peu sommeiller.

Que soudain le vent qui s'engoufire Fait vaciller le sol par ses bruits effirayants, En même temps il sent certaine odeur de soufre

Et puis il voit,— cent lustres flamboyants.

Cent lustres flamboyants,— brillants comme un soleil Qui donnaient à la salle un éclat sans pareil,

Puis il entend des voix charmantes

Page 1