UN CONTE DE FIÉES
Le vent tourbillonnant mgit, se bat les flancs, Et puis poussant la porte avec un grand vacarme :
" Allons/' dit-il, " vite aux fleurs, aux étangs !"
Alors tous ils s^en vont en jetant de longs cris, Les lustres sont éteints, et du haut des lambris
Le pauvre Edwin décroché, tombe.
Il ne savait que faire en cet endroit obscur, Où r^nait un silence aussi froid que la tombe. Lorsque des cieux il apperçut Tazur.
n se lève aussitôt inondé de bonheur.
Tout dispos, tout léger, éloquent, beau diseur,
C'est qu'il sent qu'il n'a plus de bosse; Sa langue véridique et son esprit sensé Ont ùÀt un simple dos d'un dos de carabosse.
Et maintenant il se rit du passé.
Il parle avec aisance, et semble en galopant Danser, — tant à la fois il est leste et pimpant.
On sut bientôt son aventure; Tant que la belle Edith vit le jeune héros.
Admira son courage, admira sa tournure
Il n'avait plus de bosse sur le dos!
Cependant Sir Topaz informé de ce fait, Voyant l'amour d'Edith pour cet ex -contre fait.
Prit à deux mains tout son courage, Et vers la fin du jour, quitta son pavillon.
Pour aller au castel, malgré la nuit, l'orage En tapinois, — ^guetter le réveillon.
Epuisé de £Eitigue et suant sang et eau, Il arrive haletant à l'antique château;
Soudain le vent de la vallée S'engouffre, tourbillonne, et renversant le mur Ouvre la même porte à la même assemblée
Que cent flambeaux illuminent d'azur.