‹ Beautés du christianismeChapitre 10 sur 42 · ORIGENE. SON APOLOGIE POUR LA RELIGIO]^ CHRÉTIEINNE · texte numérisé non relu

ORIGENE. SON APOLOGIE POUR LA RELIGIO]^ CHRÉTIEINNE

Origène était natif de la ville d'Alexandrie en Lgypte , il florissait au comnu nccment du troisième siècle; dès sa phis tendre enfance, son père Léon ide lui inspira le goût de l'Ecriture -Sainte, eu lui

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faisant réciter chaque jour quelques passages , el mettait tous ses soins à i'empêciier de tomber dans les moindres défauts. Plein d'admiration pour l'excellence du naturel do ce cher fds , sans cesse il bénissait Dieu des précieuses faveurs dont il l'avait comblé. Souvent, pendant Fon sommeil, il lui découvrait li poitrine, il la lui baisait par respect, comme le temple du Saint-Esprit. Il n'avait que dix-iiuit ans , lorsqu'il fut niis à la tète de l'école d Alexandrie, emploi qui n'était conHé ordinairement qu'aux personnages les plus consommés dans la science de l'église. Ses grands taîens lui attirèrent de nombreux disciples, parmi lesquels on comptait des savans et des philosophes, et les payensmém^s vinrent assister à ses leçons. Chacun admirait la vaste étendue de son génie. Quoiqu'il possédât touies les sciences, il avait le rare tilenl d'ensegner, avec une clarté, un or(h e , une précision , qui faisaient comprendre aisément les choses les plus difficiles cà ceux qui l'écoutaient. Il parlait avec une grâce et une douceur qui

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inspirait l'amour des véiilés qu'il enseignait.

De SCS nombreux écrits, le plus célèbre est celui qu'il composa contre le philosophe Celse qui, sous l'empire d'Adrien , avait publié contre la religion chrétienne un livre sous le titre de Discours de f^ érilé. On le regarde comme l'apologie du christianisme, la plus complète et la mieux écrite cpie nous ait laiâsée l'antiquité chrétienne. Non content de détruire les objections du philoso|)he et de répondre cà ses calomnies , il établit la divinité de la religion, non p.ir des raisonnemens , mais par des faits qui ne peuvent être révoqués en doute; savoir, par les prophéties qui conccrncrit Jésus-Christ, par ses miracles et par les moeurs de ses disciples.

Lorsqvi'il est arrivé à celte dernière preuve, « Le i,>rand effet. de la prédication de l'hvangile, dît ce grand docteur, est le changement des mœurs. Si quelqu'un avait guéri cent personnes <lc l'impureté, de l'i^rjustico, de Timpiété, on croirait difiici'cïïîcnt qu'il ft'yiûî ricu en cela /ie

surnaturel. Que faut-il donc penser de celle grande multitude de chrétiens entièrement convertis depuis qu'ils ont reçu celle doctrine, que les payens prétendent n'être fondée que sur le mensonge.^... Celte doctrine est si éloignée de la séduction, que son auteur a défendu à ses disciples d'employer d'autres armes que la patience, même à l'égard de leurs plus cruels ennemis. Il a voulu qu ils se laissassent égorger comme des brebis , plutôt que d'opposer la moindre résistance à leurs perséculeurs.... Maintenant que dans la multitude de ceux qui se convertissent, il se trouve des riches, des personnes constituées en dignité , des femmes nobles, on dira peut-être qu'il y a quelque gloire à annoncer notre doctrine, mais ce soupçon ne pouvait avoir lieu au commencement, lorsque le danger était extrême, surtout pour ceux qui la prêchaient. A présent mènie, l'honneur que nous recevons des nôtres, est bien au-dessous des outrages que nous recevons des payens.... Qui ne reconnait que les fidèles les plus imparfrjts , dont

le nombre est petit en comparaison de ceux qui sont parfalls, valent beaucoup mieux que ceux qui composent les assemblées des villes? L'église d'Athènes , par exemple, se fait remarquer par la paix et la charité qui y régnent. Au contraire, que voit-on dans les assemblées des payens de celte même ville , si ce n'est des troubles et des factions.^ Quiconque voudra examiner la chose sans prévention, s'étonnera qu'on ait entrepris et qu'on soit parvenu à former partout de ces divines assemblées. De même, si l'on compare le sénat de l'église avec celui de chaque ville, on trouvera que les sénateurs de l'église , sont dignes de gouverner la cité de Dieu, au lieu que les autres n'offre nt rien dans leurs mœurs qui les place au-dessus du commun des citoyens. Que l'on compare encore celui qui gouverne une ville avec celui qui préside à l'asseniblée des chrétiens, eX l'on verra une différence infinie entre les évoques les plus imparfaits et les magistrats qui exercent la principale autorité dans les villes.

« Lrs maximes des chrélicns , conliniic le savant Origcnc, les meltent au-dessus des autres nations. Les paycns adorent des créatures ; les chrétiens s'élèvent audessus de toutes les choses visibles et créées, et resiontent jusqu'à celui de qui tout dépend. Ils sont disposés à tout souffrir plutôt que de manquer à ce qu'ils doivent à Dieu. Ils conservent très- exactement le lien de la société civile, qui est la justice; ils sont pleins de bonté et de douceur. Ils domptent les plus violentes inclinations aux plaisirs des sens, dans la vue de plaire à Dieu, tandis que les payens se plongent dans les plus honteuses voluptés, et au lieu d'en rougir, prétendent conserver rhonnètelé. Les chrétiens les m.olns instruits sont infiniment plus éclairés sur l'excellence et l'étendue de la chasteté, que les philosophes, les vestales et les pontifes piyens les plus réi;lés. Aucun chrétien n'est souillé de ces vices, et s'il s'en trouve quelqu'un qui les ail, il n'est pas du nombre de ceux qui viennent aux assemblées et ])artieipent aux prières, à moins qu'il ne se

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cache dans la foule; ce qui n'arrive que rarement. «

MARTYRE D UN EIsFANT NOMME CYRILLE.

Durant les persécutions, on ne voyait pas seulement des honiiues faits, mais encore des enfans, niarclier gainient au supplice, pour rendre témoignage de leur foi en Jésus-Christ. Pendant celle qui eut lieu sous l'empire de Valérien, l'enfant, que nous venons de nommer, montra, dans la ville de Gésarée en Cappadoce, une constance extraordinaire. Il prononçait sans cesse le saint nom de Jésus-Christ, et ni les menaces, ni les coups ne pouvaient lui fermer la bouche. Son père le chassa de sa maison, l'abandonnant à toutes sortes de besoins. Le juge, informé de son obstination, se le fit amener, et voulut d abord l'effrayer en le menaçant de la i igucur des châli-* mens; mais le trouvant intrépide et disposé à braver les supplices dont il le me-

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naçait, il crut qu'il réussirait mieux par la douceur. « IMon enfant, lui dit-il, je te pardonne ta faute; ton père te rendra ses bonnes grâces, et te fera héritier de ses biens, si lu veux être sage et renoncer à la superstition. — Je suis ravi de souffrir pour mon Dieu , répondit le courageux enfant , et d'être chassé de la maison de mon père. J'en habiterai bientôt une plus grande et plus agréable. Je ne crains point la mort qui me procurera une vie meilleure. » Comme il parlait ainsi, le juge le fit lier comme pour le conduire au supplice, mais seulement avec l'intention de l'épouvauter. Quand on lui rapporta qu'il n'avait versé aucune larme, ni fait paraître aucune crainte à la vue du bûcher où on le menaçait de le jeter, il le fit revenir et lui dit : « IMon enfant, tu as vu le feu ; sois sage pour rentrer dans la maison de ton père, et jouir de ses biens. — Vous m'avez fait grand tort de me rappeler, répondit Cyrille. Votre feu ne m'effraie point. J'irai dans une maison infiniment plus grande que celle de mon père , et j'y posséderai

un bien plus riche héritage. » Les habitans versaient des larmes en l'entendant parler ainsi ; mais ce généreux enfant leur disait : « Vous devriez vous réjouir et me féliciter du bonheur dont je vais jouir. Sans doute vous ignorez l'étendue de mon espérance. » Ce fut dans ces beaux sentimens qu'il marcha au supplice, en excitant l'admiration de toute la ville de Césarée.

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