‹ Beautés du christianismeChapitre 11 sur 42 · MARTYRE DE SAINT MAURICE ET DE LA LEGION THÉBÉENNE · texte numérisé non relu

MARTYRE DE SAINT MAURICE ET DE LA LEGION THÉBÉENNE

Nous venons de voir un enfant braver les flammes d'un bûcher, maiutenant ce sont de braves guerriers, au nombre de plus desix mille, qui se laissentégorger plus tôt que d'obéir à des ordres contraires à la loi de Jésus-Christ.

La légion Thcbéenne était commandée par un chef, nommé Maurice, dont la piété égalait la valeur dans les combats. Il avait sous ses ordres plusieurs officiers rccommandables par leur foi et par leur

courage. Les principaux d'entre eux se nommaient Exupère et Candide. Les soldats marchaient sur les traces de leurs chefs; ils savaitMit tous allier les devoirs de leur profession avec la pratique des préceptes évangéliqiîcs. Cette légion avait reçu Tordre de se joindre aux autres légions romaines , pour marcher dans les Gaules contre des rebelles, nommés Bagaudes. Lorsqu'elle eut passé les Alpes, l'empereur iMaximien-Hercule fît entendre à son chef qu'il voulait l'employer contre les cliréticns des Gaules. Cette proposition fait horreur à Maurice et à ses soldats. Irrité de leur désobéissance, Masimien ordonne nue la léizion soit dé-

cimée, afin que la crainte oblige les autres à se soumettre. Cet ordre cruel est exécuté, sans qu'aucun des officiers et des soldats qui, tous avaient les armes à la main , fasse la moindre résistance. Ceux que le sort épargnait, loin de se plaindre | de l'injuste trai. .nient qu'on faisait aux !; autres , enviaient leur gloire et leur bon- ' heur. Quand l'exécution fut achevée , tous ceux qui restaient, protestèrent qu'ils i

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souffriraient tous les tourmcns plutôt que de rien faire contre leur religion. Maximicn , informé de leur résolution , entra en fureur et ordonna qu'ils fussent décimés une seconde fois. On en fil donc mourir encore la dixième partie, ainsi que le sort l'avait décidé.

Cependant les autres s'exhortaient niutueliement à persévérer, encouragés par Maurice, Exupère et Candide. Cçux-ci couraient de rang en rang pour animer leurs soldats à suivre l'exemple de ceux qui venaient d'élre immolés. Ils résolurent pourtant d'envoyer une remontrance à l'empereur, pour justifier leur désobéissance. « Nous sommes vos soldats, lui disaient-ils, seigneur ; mais nous sommes aussi les serviteurs de Dieu ; nous nous nous en faisons gloire , et nous en faisons volontiers l'aveu. Nous vous devons le service militaire, mais nous devons à Dieu Tinnocence ; vous nous donnez la solde; il nous a donné la vie : nous ne pouvons vous obéir en renonçant à Dieu, notre créateur, notre maître et le vôtre. Si vous ne nous demandez rien

qui rofFcnsc, nous vous obéirons, comme nous avonsfaitjusqu'à présent; autrement, nous lui obéirons pluîôt qu'à vous. Nous vousofFronsnosmainsrontrequelque ennemi que ce soit, mais nous ne croyons pas qu'il nous soit permis de les tremper dans le sang des innocens. Nous avons fait serment à Dieu avant de vous le faire; vous devriez vous méfier de nous et de notre fidélité, si nous nous décidions à violer la promesse que nous avons faite d'être soumis à Dieu. Vous nous commandez de chercher des chrétiens pour les punir ; nous voici : nous croyons en Dieu, auteur de tout, et en Jésus-Christ, son fils. Nous avons vu égorger nos camarades, sans les plaindre; nous nous sommes réjouis de l'honneur qu'ils ont eu de souffrir pour leur Dieu et le nôtre. Ni les injustes Iraitemens exercés envers eux , ni les menaces qu'on nous a faites, n'ont pu nous exciter à la révolte. Nous avons encore les armes à la main; mais nous ne résisterons pas, et nous aimons nueux mourir innocens, que vivre coupables. •»

Celte remontrance ne fit qu'irriter Maximien. Désespérant donc d'abattre le courage de ces généreux défenseurs de la foi chrétienne, il lit marcher des troupes pour les environner et les tailler en pièces. Dès qu'ils virent leurs bourreaux arrivés , au lieu de se défendre, ils déposèrent leurs armes et se laissèrent égorger seajs proférer aucune plainte.

Quel spectacle sublime qu'une légion entière de soldats dans une disposition si sainte 1 Quels caractères de divinité ne porte point une religion qui forme des hommes si parfaits ! La requête de ces soldats à l'empereur doit faire sur tous les esprits raisonnables plus d'impression que tous les discours.

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