MARTYRE DE SAINT VICTOR DE MARSEILLE
Parmi les nombreux martyrs qui versèrent leur sang pour Jésus - Christ , pendant la persécution de l'empereur
Maximien, on distingue saint Victor de Marseille. C'était un officier si zélé pour la propagation de la religion chrétienne, que, pendant la nuit, il allait visiter les fidèles dans leur prison, et les encourager à mourir pour la foi. Il fut arrêté et présenté aux préfets de l'empereur, qui l'exhortèrent à ne pas perdre la faveur dont il jouissait auprès de ce prince , pour s'attacher au culte d'un homme mort, nom qu'ils donnaient à Jésus- Christ. La liberté avec laquelle il leur répondit , lui attira les injures de tous les payens qui l'entouraient. Comme il était d'un rang distingué, les préfets crurent devoir le renvoyer au tribunal même de l'empereur. Il n'y montra pas moins de constance dans sa foi. Maximien, irrité de sa fermeté , ordonna qu'il fût trainé par toute la ville, lié par les bras et les pieds. Après avoir été exposé aux insultes et aux coups de la populace, il fut reconduit tout couvert de sang au tribunal des préfets qui , le croyant abattu par ce supplice, le pressèrent de nouveau de renoncer à Jé^is-Christ. Encou-
ragé par sa première victoire, il leur répondit, en protestant tout à la fois de sa fidélité pour l'empereur et de son mépris pour les faux dieux. Après qu'il eut parié, «Victor, lui disent ces préfets, ne cesseras- lu pas de philosopher? Choisis donc enfin ou d'appaiser les Dieux, ou de mourir. — Puisque vous nie proposez ce que je dois faire, répond ce généreux officier, je méprise vos dieux, je crois en Jésus-Chrsit. Faites-moi souffrir la mort qu'il vous plaira. » Aces paroles, les préfets le soumettent à une cruelle torture.
Pendant qu'il souffrait, il levait les yeux au ciel, demandant la patience à celui qui peut seul la donner. Dans ce moment, Jésus-Chrit lui apparaît, tenant sa croix entre les mains. « La paix soit avec toi, Victor, lui dit-il; je suis Jésus qui souffre dans mes saints; prends courage ; je t'assiste dans le combat. » A ces paroles , la douleur des tourmens s'évanouit, et le martyr commence à louer Dieu avec un visage qui montre la joie dont son cœur est transporté. Enfin ^ ua
préfet voyant les bourreaux se fatiguer inutilement, le fit détacher du chevalet, et enfermer dans un cachot. Au milieu de la nuit, Jésus-Christ lui envoya des anges, et la prison fut remplie d'une lumière plus \ive que celle du jour. Trois soldats qui gardaient le saint martyr , frappés de cet éclat , se jetèrent à ses pieds, et lui demandèrent le baptême. Il les instruisit autant que le temps le lui permettait. Comme sa prison avait été ouverte, il les conduisit à la mer avec des prêtres qu'il avait appelés. Lorsqu'ils eurent été baptisés par immersion , il les tira lui-même de l'eau. Ces trois soldats se nommaient Alexandre, Longin et Félicien. Le lenden:iain, quand le bruit de leur conversion se fut répandu, le préfet les fit arrêter avec Victor, et conduire à la place publique. Ces trois généreux défenseurs de la foi, ne cessant de confesser Jésus-Christ , en présence de tout le peuple, IMaximien ordonna qu'on leur tranchât la tête.
Pour ce qui est de Victor, il fut encore U"Q€ fois suspendu au chevalet, et frappé
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cruellement â coups de bâtons et de nerfs de bœuf. Après ce supplice, on le reconduisit en prison. Au bout de trois jours, pendant lesquels il n'avait cessé de prier Dieu de lui accorder îc don de persévérance , l'empereur se le fit amener. Après l'avoir menacé , il donne ordre qu'on place devant lui un autel de Jupiter, auprès duquel était un sacrificateur. «Victor, brûle de l'encens, lui dit-il ; appaise Jupiter, et sois notre ami. « Le martyr s'approche comme pour sacrifier, repousse le sacrificateur, et d'un coup de pied il renverse l'autel. Maxiiîîien, transporté de fureur, lui fait aussitôt couper le pied, coupable de ce prétendu sacrilège, et ordonne ensuite qu'il soit étendu sous la meule d'un moulin à bras, que les bourreaux se mettent en devoir de tourner pour Téci'aser et lui briser les os. La machine s'étant rompue par leurs efforts avant qu'il eût cessé de vivre, ils lui tranchèrent la tête.
L'empereur ayant fait jeter dans la mer les corps des martyrs , le flot les repoussa sur le rivage. Recueillis par les chrétiens,
ils furent ensevelis dans une groUc taillée tîans le roc, où il s'opéra p;)r la suite un grand nombre de miracles.