‹ Beautés du christianismeChapitre 25 sur 42 · JEUNESSE, EPISCOPAT, TRAVAUX ET VEBTUS DE SAINT ÉLOI · texte numérisé non relu

JEUNESSE, EPISCOPAT, TRAVAUX ET VEBTUS DE SAINT ÉLOI

Suint Eloi reçut le jour vers la fin du sixième siècle, dans le village de Cadaillac, près de Limoges. Après l'avoir ins-

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truit des vérités de la religion, ses parens, remarquant en lui beaucoup d'adresse pour les ouvrages des mains , le placèrent chez un orfèvre, qui lui apprit son art en peu de temps. A l'âge de trente ans, s'étant rendu à la cour de Ciotairell, qui était alors à Paris, il y fit connaissance avec le trésorier du roi, qui le fit travailler à la monnaie et aux autres ouvrages de sa profession. Dans ce tempslà, Clotaire ayant résolu de se faire fabriquer un siège, orné d'or et de pierreries, ce trésorier lui indiqua son protégé; comme seul capable d'exécuter l'ouvrage dont il avait conçu l'idée.

Éioi, ayant reçu pour son travail la quantité d'or et de pierreries dont il avait besoin . en fabriqua deux sièges au lieu d'un seul. En voyant le premier, le roi ne peut s'empêcher d'admirer l'habileté de l'ouvrier; mais il ne revient pas de sa surprise quand il voit le second. Frappe de la probité d'Éloi, il lui adresse plusieurs questions, et ne l'est pas moins du bon sens qui brille dans ses réponses. l>e jugeant digne de toute sa confiance, il

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crut pouvoir l'employer à des fonctions plus importantes.

Après la mortdeClotaire, Éloi fut dans un grand crédit auprès du roi Dagobert, sans qu'il cessât de travailler à des ouvrages d'orfèvrerie^ En travaillant, il avait devant les yeux un livre ouvert, pour nourrir son âme des vérités du christianisme. On ne voyait dans son appartement d'autres tapisseries que des livres , rangés sur des planches, et parmi lesquels l'Écriture -Sainte tenait le premier rang. Quelques-uns de ses domestiques chantaient avec lui des psaumes, la nuit comme le jour. Au plafond de sa chambre étaient suspendues des reliques sous lesquelles il se prosternait pour prier, quelquefois pendant toute la nuit. Quand le roi le f^iisait appeler, il ne quittait point ses exercices de piété , qu'il ne les eut achevés. Jamais il ne sortait de sa chambre, sans prier Dieu et sans faire le signe de la croix; et en y rentrant, il ne manquait pas d'implorer le secours divin.

Dans les commencemens de sa faveur, il ne portait que de riches vétemens ,

souvent tous de soie, quoique la soie fût alors assez rare; il avait des ceintures et des bourses garnies d'or et de pierreries ; mais quand il eut fait de plus grands progrès dans la vertu, il distribua tous ces ornemens aux pauvres, et se vêtit avec une telle simplicité, que souvent une corde lui servait de ceinture. Le roi le voyant en cet état, lui donnait quelquefois son propre habit et sa ceinture.

Les aumônes d'Lloi étaient immenses; il donnait aux indigcns tout ce qu'il recevait de la libéralité du monarque, en nourrissait chaque jour un grand nombre, les servait de ses propres mains, et mangeait leurs restes; il s'abstenait de la viande, du vin et jeûnait souvent deux ou trois jours de suite. Animé d'une tendre compassion pour les captifs, il se renclait aux lieux où l'on vendait les esclaves, et il en achetait un grand nombre à la fois, surtout les Saxons qu'on vendoit par troupes; après leur avoir rendu la liberté, il leur laissait le choix de retourner chez eux , de demeurer ay-cc lui, ou d'entrer dans des monastères.

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Il employa son art à orner d'or, de pierreries, leschâsses de plusieurssainls, entre autres celles de Saint Germain de Paris, de Saint Martin de Tours, de Sainte Geneviève, de Saint Quentin, de Saint Lucien.

N'étant encore que laïc, il avait Tautorité et le zèle d'un évêque. Après la mort de Saint Acaire, évêque de Noyon, il fut élu pour lui succéder. Voyant qu'il ne pouvait éviter l'épiscopat . il voulut au moins observer les règles canoniques, en jie se laissant ordonner, qu'après avoir mené quelque temps la vie cléricale; alors parurent toutes ses vertus avec un nouvel éclat. Son zèle se signala surtout dans la conversion des infidèles. Il visitait avec soin les villes de son vaste diocèse, et les peuples qui n'avaient point encore reçu la lumière de l'Evaiigile: les Flamands, les habitans d'Anvers, les Frisons et les autres jusqu'à la mer; d'abord c'était comme des bêtes féroces qui voulaient le mettre en pièces ; mais il ne souhaitait rien tant que le martyre. Enfin, les Barbares considérant sa bonté, sa douceur, sa vie

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pauvre et frugale, commcncèrenl à ladmirer et à le prendre pour modèle. Plusieurs se convertirent. On abattait des temples; on renonçait aux cultes des idoles. Tous les ans le saint évéque baptisait un grand nombre de ces hommes grossiers; on voyait une foule d'enfants, des hommes et des femmes dans une extrême vieillesse, couverts de cheveux blancs , renaître dans les fonts sacrés et recevoir l'habit blanc des Néophytes ; pour consolider les effets de son zèle, il s'appliqua à déraciner les vices dans lesquels ils croupissaient depuis Fenfance.

Un jour de Saint Pierre, qu'il prêchait dans une paroisse du voisinage deXoyon, contre les danses et autres divertissemens criminels ou dangereux , les habitans se mutinèrent et résolurent de le faire périr plutôt que de se voir troublés dans leurs plaisirs : Saint Eloi , informé de leurs dessein, loin d'en être effrayé retourna dans leur village et se mit cà prêcher contre leurs désordres avec une nouvelle force; on paya son zèle par des

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injures et des outrages; on ne parlait que de le massacrer et de le mettre en pièces; mais les plus échauffés étaient les domestiques du seigneur du lieu; le saint évéque voyant ses prédications sans succès, suivit l'exemple de saint Paul et les livra à Satan. Il yen eut cinquante dans lesquels on vit des marques sensibles de la vengeance divine, jusqu'à ce que devenus plus sages par ce châtiment, ils prièrent le saint pasteur de demander à Dieu la délivrance de leurs maux.

Saint Éloi mourut le I". décembre 659, âgé de soixante-dix ans.

TRAVAUX D ALFREDE, ROI D ANGLETERRE, roun FAIRE FLEURIR LA RELIGION CHRÉTIENNE DANS CE ROYAUME.

Alfrède le grand régnait en Angleterre vers l'an 878 de l'ère chrétienne. Après avoir établi par des lois sages la tranquillité publique, il mit ses soins à relever les études, dans la persuasion où il

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était que c'était un des principaux moyens de faire fleurir partout la religion et la piété. A cet effet il fit venir de France deux prêtres célèbres par leur science et leur vertu, qui amenèrent avec eux quelques autres savans. Il profita beaucoup de leurs instructions, leur donna des biens considérables et leur rendit de grands honneurs ; ce fut avec leur secours qu'il rétablit les études, qui étaient tombées en Angleterre dans une telle décadence, qu'à peine y trouvait-on quelques personnes qui entendissent le latin. Comme on ne voyait plus, dans le même temps, aucune trace de la discipline monaslique dans ce royaume, et que les Anglais n'avaient que du mépris pour cette vie pauvre et laborieuse, Alfrède appela de jeunes étrangers, surtout des Français pour repeupler les monastères.

Alfrède ne se contenta pas de favoriser les études, il composa lui-même des cantiques, pleins d'une solide instruction; en faveur de ceux qui n'entendaient pas la langue latine, et dont le nombre était

considorable, il traduisit avec le secours clés savans qui étaient auprès de lui, les livres qu'il croyait leur être les plus utiles, tels que le Pastoral de saint Grégoire, l'Histoire de Paul Orose et celle du vénérable Bède.

Ce prince si zélé pour l'instruction de ses sujets, envoyait à Rome de temps en temps d'abondantes aumônes, il faisait deux portions de son revenu et en consacrait la moitié à des œuvres de religion; cette portion se subdivisait en quatre autres : la première était pour toutes sortes de pauvres, la seconde pour des monastères, non seulement d'Angleterre, mais encore des autres pays. 11 faisait aussi deux divisions de son temps; la moitié de la journée était consacrée aux pratiques religieuses, et l'autre aux affaires et aux besoins corporels; il entendait tous les jours la messe , célébrait l'office divin à toutes les heures, et se rendait même la nuit dans son oratoire pour prier; il faisait chaque jour de saintes lectures, et méditait ensuite les vérités qu'il y avait apprises; il avait toujours

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sur lui un psautier, un livre d'heures et un cahier de papier blanc où il écrivait les sentences de l'Ecriture qui l'avaient le plus touché; il en fit un manuel qu'il relisait sans cesse, avec un plaisir singulier.

Comme il n'avait point encore d'horloge, il fit fabriquer six cierges d'un certain poids, dont chacun durait quatre heures; ses chapelains l'avertissaient tourà-tour quand il y en avait un de brûlé; pour les garantir de l'agitation de l'air, il les fit mettre dans des lanternes de corne de son invention. La piété dont il avait fait profession, dès son enfance, ne fit qu'augmenter pendant toute sa vie, et les guerres mêmes qu'il eut à soutenir pendant sa jeunesse, ne purent l'aflaiblir; il profitait de tous les momens où les affaires lui permettaient de respirer, pour méditer sur ce qui pouvait le faire avancer dans la vertu, ainsi que ceux qui approchaient de sa personne.

Ce grand prince laissa un grand nombre d'écrits, dix entre autres de sa composition, dont les principaux sont un re-

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cut'il des lois des difFéreiis peuples^ les lois des Saxons occidentaux , un traité conlre les mauvais juges, des sentences des sages , des paraboles , les diverses fortunes des rois. Jamais l'Angleterre ne fut mieux gouvernée; jamais elle n'eut à aucun de ses princes de plus grandes obligations , et ce sage gouvernement elle le devait à la religion du monarque, et celui-ci devait toute sa sagesse au christianisme qui l'avait guidé au milieu des dangers de son enfance et de sa jeunesse.

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