‹ Beautés du christianismeChapitre 31 sur 42 · JEU>'ESSE , AUSTERITES , ET RÉPUTATION DE SAINT FRANÇOIS DE PAULE · texte numérisé non relu

JEU>'ESSE , AUSTERITES , ET RÉPUTATION DE SAINT FRANÇOIS DE PAULE

Saint François de Paule était un de ces Jiommes exlraodinaires, que Dieu donne de temps en temps en spectacle aux Chrétiens pour les réveiller^ et les porter à la pénitence. Dès sa jeunesse, il étonna tous ceux qui entendirent parler de la vie angélique qu'il menait. Ses incroyables austérités firent l'admiration de l'Italie et de la France, Dès sa plus tendre jeunesse,

il s'interdit l'usage de la viande, du poisson, des œufs et du lait. La réputation de sa vertu et la trop grande proximité où était de la ville de Paide, une maison de campagne, lui attirèrent bientôt des visites qui lui firent chercher une autre retraite. Une de ses parentes lui en ayant procuré une plus écartée, sur le bord de Ja mer, il s'y creusa une grotte où il demeura quatre ans, uniquement occupé de Dieu.

II était à peine âgé de dix-neuf ans.

lorsque plusieurs personnes le prièrent de leur appr1:Ddre à ser\ir Dieu, se mirent sous sa conduite et se bâtirent quelques petites cellules auprès de la sienne, ainsi qu'un petit oratoire pour y chanter les louanges de Dieu. Quelques années après, François voyant le nombre de ses disciples s'augmenter journellement, résolut de bâtir un monastère et une église. Quand ces bâtimens furent achevés, il fit observer a tous ses disciples la même discipline et les mêmes austérités qu'il avait d'abord introduites dans son ermitage. Pour leur apprendre que la péniten-

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ce ne servait de rien sans l'humilité et la charité, il voulut qu'on les appelât Minimes, c'est-à-dire, les moindres de tous les religieux. La réputation de ce nouvel ordre y attira un si grand nombre de sujets, que François se vit obligé de former plusieurs établissemens dans le royaume de Naples et de Sicile.

Les austérités de ce saint homme excitaient l'étonnement des gens du monde.

11 couchait sur le plancher nu de sa cellule, et ne reposait sa tête que sut* une pierre ou un morceau de bois. Tout ce qu'on put obtenir de lui dans sa vieillesse, fut qu'il ét^nd^ttine natte pour s'y coucher. Il ne donnait que quelques heures au sommeil, et passait en prières la plus grande partie de la nuit. Il ne prenait qu'un repas par jour, après le coucher du soleil, et ce repas ne consistait, pour l'ordinaire, que dans un morceau de pain et de l'eau. II marchait nu-pieds, et fuyait tout entretien avec les femmes, même avec les religieuses.

Le roi Louis XI , sur sa réputation de sainteté^ voulut l'avoir auprès de lui.

« Entre les hommes renommés de devo- »tion, dit Philippe de Comincs, le roi «envoya quérir un homme de Calahre.

»» On l'appelait le saint homme pour sa «sainte \ie. Jamais n'avait mangé ne

• chair, ne poisson , n'œuf, ne laitage, ne

• nulle graisse, et ne pense jamais a\oir » vu un homme de si s.iinte vie, ne où il «semblât mieux que le Saint Esprit par- >» lât par sa bouche; car il n'était ne clerc, »ne lettré, et n'apprit jamais rien. Ledit ïhcrriïile passa par Naples, honoré et vî- «site autant qu'un grand légat apostoli- «que, tant du roi que de ses enfans, et

• parlait avec eux xiomme un homme «nourri en cour. De là il passa par Ro- » me et fut visité de tous les cardinaux , »et eut audience avec le pape, par trois

• fois, seul à seul; et fut assis auprès de »lui en belle chaire, l'espace de trois ou «quatre heures à chacune fois; qui était » un grand honneur à si petit homme, •• répondant si sagement, que chacun s'en

• ébahissait. De là vint devers le roi, ho- » noré comme s'il eût été le pape, se met- «tant à genoux devant lui , afin qu'il lui

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» plût faire allonger sa vie. 11 répondit ce j que sage homme devait répondre. Je l'ai * maintes fois ouï parler devant Char- » les VIIl, où étaient tous les grands du «royaume, et encore puis deux mois; »mais il semblait qu'il fut inspiré de » Dieu es choses qu'il disait et rencon- •) trait, car autrement n'eût su parler des «choses dont il parlait. »

La vénération que le roi et la plupart desseigneursdelacouravaient pour François, n'empêchait pas qu'il ne fût le sujet des railleries de quelques courtisans qui, a cause de sa grande simplicité et de son extérieur négligé , l'appelaient le bon homme. Le roi, même, à la sollicitation de son médecin, parut se méfier de la solidité de sa vertu. Comme il avait été trompé par plusieurs hypocrites, il voulut éprouver si la piété de François ne se démentirait pas. Dans ce dessein, il lui envoya une nombreuse vaisselle d'or et d'argent; mais le saint homme la lui renvoya, en lui faisant dire qu'il ferait beaucoup mieux de restituer les biens qu'il avait acquis injustement, et que, pour

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lui, il n'avait besoin que de vaisselle do bois. Quelque temps après, Louis lui ayant envoyé une petite statue rie la Vierge, d'or massif, estimée sept mille ducats, il répondit, en la lui renvoyant, que sa dévotion n'était point pour l'or, et qu'il avait une image de la Vierge, en papier, laquelle lui suffisait. Elle lui fut renvoyée jusqu'à trois fois, et trois fois il la refusa. Le roi lui ayant fait dire qu'il en pouvait faire des aumônes, il répondit : 0 Le roi a des aumôniers pour la distjribution de ses aumônes. » Louis XI, non content de toutes ces épreuves^ lui envoya une grande quantité d'or, en lui faisant dire que personne n'en saurait rien, et qu'elle lui servirait à faire bâtir un monastère dans la ville de Rome. « Que le roi restitue plutôt cet or à ceux qu'il en a dépouillés injustement,» répondit-il avec indignation. Le roi fut si touché du désintéressement de ce saint homme, qu'il écouta jusqu'à sa mort, avec docilité, les avis salutaires qu'il lui donna.

Charles YIII n'eut pas moins de véné-

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ration pour François de Paule. Il allait souvent le voir, ou le faisait venir dans son cabinet ; il le choisit même pour parrain du Dauphin.

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