‹ Beautés du christianismeChapitre 34 sur 42 · ETABLISSEMENT DES ERERES DE LA CHARITE, PAR SAIXT JEAN DE DIEU · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DES ERERES DE LA CHARITE, PAR SAIXT JEAN DE DIEU

Saint Jean de Dieu, natif du diocèse d'Evora, en Portue^al . vers la fin du quinzième siècle, était âgé d'environ qua-

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rantc ans, lorsqu'il résolut de se dévouer au service des pauvres malades , pour accomplir un vœu qu'il avait fait pendant une maladie dans un hôpital, où il avait été traité comme atteint de folie. Il commença cette œuvre charitable à Grenade, en nourrissant quelques pauvres du travail de ses mains. Ayant ensuite loué une maison pour les loger, il les assista avec une économie, une charité, une prévoyance et un succès dont toute la \ iile fut étonnée. De tous côtés, on le voyait aller chercher des malades pour les conduire ou les faire transporter à son hôpital. Plusieurs personnes riches, touchées d'un zèle si charitable , lui donnèrent de l'argent et des meubles. Tels furent les commencemens du célèbre hôpital de Grenade, et de la congrégation des Frères de (a Charité.

Jean s'occupait pendant le jour à servir ses pauvres, et le soir il partait pour aller faire la quête. Il ne se bornait pas à leur fournir les secours qu'exigeaient leurs infirmités et leurs besoins corporels : il travaillait principalement au sa-

lut de leur âme. Eu cela, son zèle fut parfaitement secondé par plusieurs ecclésiastiques qui, en même temps, lui apportaient de l'argent ou d'autres objets nécessaires à son hôpital. Les pauvres honteux n'étaient'point oubliés ; il les visitait et leur procurait du travail, autant comme le uîoyen d'éviter l'oisiveté , que comme celui de pourvoir à leur subsistance. Si des filles se trouvaient sans appui et exposées par la pauvreté à perdre leur innocence, il veillait, avec un soin particulier, à ce qu'elles ne fussent pas tentées , par le besoin , de s'abandonner au vice.

L'archevêque de Grenade, don Guerrero. qui favorisait tous ses pieux projets, lui donna des sommes considérables pour agrandir son hôpital. L'évêque de Thui, président de la chambre royale de Grenade, lui donna le nom de Jean-de- Dieu, et lui prescrivit une forme d'habit pour lui-même et pour ses confrères. Lorsqu'il mourut, l'archevêque de Grenade se chargea de payer toutes ses dettes , de maintenir ses établissemens cha-

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ritables dans la ville et le diocèse de Grenade, ainsi que de pourvoir aux besoins des pauvres honteux qu'il entretenait secrètement, et à ceux des femmes qu'il avait retirées du désordre, ou qu'il avait empêchées d'y tomber. Douze ans après la mort de ce saint homme, le pape Pie V confirma sa congrégation et en fit un ordre religieux qu'il soumit à la règle de Saint Augustin.

Les frères de la charité ne tardèrent pas à se répandre hors de l'Espagne. Ils obtinrent des établissemens dans plusieurs autres pays , principalement en France , d'où la révolution les a fait disparaître, ainsi que tous les autres qui honoraient ce royaume , comme ils faisaient la gloire de la religion.

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