‹ Beautés étrangèresChapitre 19 sur 28 · DEUX HOMMAGES A VICTOR HUGO III · texte numérisé non relu

DEUX HOMMAGES A VICTOR HUGO III

Faut-il nombrer tes ans? Mais pour toi qu'est la vie?

La Gaule a fait la France; et leur âme infinie,

Les siècles, tour à tour, l'ont mise en ton grand cœur.

Oui, je retrouve en toi les pics des Pyrénées, Et la Bretagne, écueil des houles déchaînées, Et le verger normand avec sa fraîche odeur.

En toi rit au soleil la vigne bourguignonne; Le charme provençal en ton rythme résonne; La verve de Lutèce égaya ton berceau.

Sous Ilion, tu vis les chars des Tectosages; Le cor de Roland vibre en tes fiers paysages; Et tu connus Bavard, et tu suivis Marceau.

Ton OEuvre immense est un grand chêne druidique, Où la Muse, drapée en sa blanche tunique, Tient la faucille d'or;

Le glaive celte y pend, et la harpe du barde; Mais un oiseau d'amour vers le soir s'y hasarde, Chante et prend son essor.

Aux souffles du printemps, les fillettes ensemble Dansent; et les enfants, sous la feuille qui tremble, Lèvent un front songeur,

Car elle est haute, au loin, la cime occidentale; Et parfois, dans l'éclair, à travers la rafale, ' Y passe un Dieu vengeur.

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