Vers de l'Œdipe à Colone, de Sophocle
| GRÈCE. sa7 sa présence dans notre patrie, quelques-uns des Grecs les plus distingués dans la politique et dans les lettres lui offrirent un banquet dont une coïncidence fixée par le destin plaça le lieu dans l'endroit même où nous sommes, « car une main divine et invisible nous poussait 1, » Là, dans le cours de cette fête joyeuse, ayant levé les yeux et aperçu la blanche stèle qui couvre les cendres de l’illustre archéologue Ottfried Müller, notre hôte cher et glorieux, se rappelant son ami et son émule dans la carrière de communes études, remplit son verre, et portant un toast à la mémoire du savant allemand, prononça ces paroles : « qu’il lui enviait sa tombe à Colone, à côté de l’Académie. » Mais voici que maintenant il n’a plus rien à lui envier. Nous déposons son cœur dans la tombe qu’il avait rêvée, « car .son destin était d’être enseveli dans cette terre ?. »
Si, comme le suppose une croyance populaire, il est donné aux esprits des défunts de fréquenter, invisibles aux yeux des mortels, les lieux qu’ils ont aimés; si les préoccupations de leur vie les suivent au delà du tombeau : ici, sur ce « piédestal naturel, » comme l'appelle le chantre d'OEdipe, les deux infatigables scrutateurs de l'antiquité , les deux chaleureux amis de la Grèce doivent s'asseoir souvent et contempler ensemble cette terre d’un regard que n’entrave plus le brouillard de la matière, en se communiquant la solution des mystères qu'ils ont