‹ Beaux-arts et voyages (volume 2)Chapitre 20 sur 22 · Id. il. td · texte numérisé non relu

Id. il. td

cherché à éclaircir dans leur vie. De ce lieu, sous ces ombrages de l'Académie, « où le rossignol fait résonner plus « souvent que partout ailleurs ses plaintes harmonieuses « parmi les buissons verdoyants!, »ils entendent au milieu du gazouillement des oiseaux retentir la voix divine de Platon avec lequel leur intelligence les a fait vivre autrefois si souvent. Ici les ombres des martyrs de la liberté grecque les entourent en les saluant comme des coinpagnons d'armes, car la lutte hellénique fut l’œuvre nonseulement du glaive, mais de la raison, non-seulement de la valeur des Grecs modernes, mais de la science et de la civilisation des Grecs antiques dont Charles Lenormant et Ottfried Müller étaient les savants hiérophantes.

OEdipe descendant au tombeau « vers lequel le pous- « sait la main d’'Hermès, le conducteur des âmes et de « la déesse des enfers ?, » se retourna vers le roi de ce pays et vers la cité d'Athènes en leur adressant ce dernier vœu : « Soyez heureux! et que dans votre fortune « mon souvenir vous pousse toujours au bien ÿ. »

La muse divine de Sophocle prévoyait-elle par un coup d'œil prophétique ce qui devait se présenter à nos regards après vingt-trois siècles écoulés, ou le hasard a-t-il amené seul cette coïncidence extraordinaire? Il y a un an à peine, sur le même lieu où le vieillard thébain prononçait ce dernier vœu, Charles Lenormant, debout comme lui sur le bord de sa tombe, au milieu du banquet dont

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