M. Wallon
SUR M. LENORMANT. xiii
sâ parole , que , sur les matières dont il faisait l'objet principal de ses études, il semblait que son approbation ou son opposition donnassent une sanction ou un ébranlement à la doctrine à l'occasion de laquelle elle se manifestait ^.
Qui ne se souvient qu'il fut, dix années durant, le rapporteur attitré de la Commission des antiquités de la France, comme aussi le représentant le plus habituel de TAcadémie dans les séances solennelles, désigné qu'il était d'avance au choix de ses collègues par un double don , le talent d'écrire et celui de lire en public?
11 avait été l'un des fondateurs de la Société de l'Histoire de France. Depuis l'origine (1834), il faisait partie du Conseil administratif et du Comité de publication. Bien peu de membres y apportèrent plus de zèle. C'est à lui surtout qu'est due la publication d'un grand nombre de documents mis au jour par cette société, entre lesquels je rappellerai les papiers d'État de Mathieu Mole, qui ont éclairé d'un jour si pur la figure la plus noble assurément de l'ancienne magistrature française ^.
Dans le mouvement intellectuel qui a honoré la Restauration, le réveil du goût pour les anciens monuments historiques de notre pays avait tenu une grande place ^. M. Guizot fit plus qu'on ne saurait le dire pour féconder ce réveil en instituant le Comité des monuments historiques , en lui créant des correspondants sur tous les points de la France. Personne plus que M. Lenormant ne prit à cœur cette restauration des vieux souvenii's de notre histoire ; . personne n'eut plus vite étudié les besoins de chaque province et de chaque édifice. Nous autres admirateurs passionnés des arts du moyen âge, il nous trouvait,