‹ Beaux-arts et voyagesChapitre 16 sur 49 · XXII NOTICE · texte numérisé non relu

XXII NOTICE

Certes, il avait virilement payé sa dette aux temps orageux où Dieu nous a feit vivre : d'homme d'étude, il s'était fait homme d'action ; il s'était vivement porté sur la brèche pour défendre ces choses sans lesquelles il n'y a rien, l'autel, le pouvoir social, le foyer domestique. Mais il avait religieusement gardé au dedans de lui, au plus intime de son être, le feu sacré, les deux nobles passions de sa jeunesse, la passion de l'art et celle de l'antiquité. Jamais il n'avait renié la muse, jamais il n'avait cessé de s'entretenir avec elle. •

On s'étonne de trouver autant d'unité dans cette vie emportée sur tant de rivages divers par une activité presque universelle. M. Lenormant était redevenu professeur. « En 1849, quand tous ses protecteurs étaient en exil et ses amis hors du pouvoir, une libre élection, vœu spontané de ses émules et de ses pairs, le mit en possession de la chaire d'archéologie que Letronne laissait vacante au Collège de France*. )>

Son enseignement, cette fois, remarque M. Vitet, prit un tout autre caractère. Rien n'était plus facile, à propos de l'archéologie chrétienne, que de retrouver les questions, les succès, le public de son premier cours. Son choix fut plus austère. En 1849, la lutte religieuse semblait fort apaisée^ et la découverte de Champollion paraissait en péril : pour M. Lenormant, le plus urgent devoir, c'était de la sauver. Son prédécesseur avait abandonné l'Egypte des Pharaons pour celle des Ptolémées. H appartenait, dit à bon droit M. Mérhnée, il appartenait au premier des disciples de Champollion de continuer l'enseignement que celui-ci avait créé. M. Lenormant ramena le cours au programme de sa fondation , et c'est à lui qu'on doit d'avoir rendu à la première de nos écoles l'enseignement d'une science née pour ainsi dire dans notre patrie , d'une science dont il avait reçu la première confidence et dont il n'avait cessé de signaler la portée.

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