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XXVI NOTICE

des vases peints, longtemps désignés sous la dénomination de vases étrusques.

Trop usuels dans l'antiquité pour que les contemporains aient pris la peine d'en parler, trop pefu remarqués au temps de la Renaissance, en regard de tant do chefs-d'œuvre d'un ordre supérieur, il n'en fut pas question en France avant le comte de Caylus, au xviii® siècle. Recherchés dans le nôtre par un certain nombre d'amateurs entre lesquels il faut nommer surtout M. Durand, le compagnon de M. Lenormant dans son premier voyage en Italie, ils n'attirèrent fortement l'attention chez nous qu'à l'ouverture du musée Charles X.

Ami de M. Durand et inspecteur des musées royaux, M. Lenormant était mieux préparé que nul autre à initier le public français à une intelligente admiration de ces productions si fines et si légères de l'art. grec à son époque la plus brillante. jG'est ce qu'il fit dans la Revue française (livraison de mars 1828). Ce ne pouvait être qu'une esquisse ; mais, dans cette esquisse, on trouve déjà toutes les grandes lignes de l'histoire des vases peints : l'époque rudimentaire, celle des vases à figures violacées, improprement nommés égyptiens; l'époque des vases à figures noires, dont le style rappelle tout à la fois celui des métopes sculptées du temple de Sélinonte et celui des médailles de Lété en Macédoine, analogues aux types monétaires les plus anciens des parties les plus reculées de la Grèce et aux pierres gravées des mêmes âges ; l'époque des vases à figures jaunes, qui correspond à celle des statues d'Égihe et des médailles incuses de Posidonia; l'apogée de l'art qui se personnifie dans Phidias, et qui a son reflet dans les majestueuses peintures des vases d'Agrigente; l'époque de Praxitèle où l'amollissement graduel de la beauté sévère, l'envahissement progressif d'une grâce plus souple et pilus variée, se reproduisent parmi nous dans les vases de l'inépuisable Noia ; enfin les époques de décadence sur lesquelles je ne veux pas m'arrêter. Qu'il me suffise d'avoir donné iei une faible idée de ce don des rapprochements qui caractéri-

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sait à un si haut degré M. Lenormant et qui Fa aidé à éclairât tous les sujets qu'il a traités d'une si vive lumière : à ses yeux, les vases peints suppléaient, sous le rapport de la peinture, aux lacunes qui nous affligent dans l'histoire du développement des

arts du dessin chez les Grecs.

Mais l'art n'est pas tout dans ces fragiles chefs-d'œuvre du génie de l'antiquité ; là comme ailleurs, il y a deux choses, la forme et le fond. La plupart des motifs d'ornementation si prodigués dans les vases grecs présentent des symboles religieux et se rattachent à de mystérieuses croyances*. M. Lenormant n'était pas homme à s'en tenir à la forme. 11 voulut aller au fond de ces représentations si variées. Il y chercha, non-seulement la destination primitive des vases mêmes, dont chaque forme paraît avoir été attachée à un usage spécial, mais les rites particuliers à chacun des peuples qui les ont employés, et d'irrécusables témoignages de leurs traditions religieuses. C'est" ainsi qu'il devint un mythographe de premier ordre.

« Pour les esprits superficiels, observe M. Mérimée, la religion des anciens n'est qu'une image de leurs gouvernements. L'OlyUapè est un sénat délibérant des affaires divines et humaines, sous la présidence de Jupiter. Chaque dieu est un magistrat ayant son ressort et son gouvernement. Tel est, en effet, à peu près le résunié des notions que les gens du monde ont puisées dans la lecture des poètes. Mais, à côté de cette religion officielle et arrangée selon un certain esprit d'ordre politique, on aperçoit bientôt qu'il en a existé beaucoup d'autres, que chaque peuple, que chaque cité, que dis-je? presque chaque famille ont eu leui" culte particulier et leurs légendes divines. Ces légendes ou cesf mythes renferment presque toutes les notions que peuvent posséder des sociétés primitives. L'histoire et la fiction s'y mêlent si intimement, que le point de transition entre l'une et l'autre est impossible à fixer. Souvenirs des grands cataclysmes, àstro-

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