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LE MARTYRE DE SAINT SYMPHORIEN. 3M

J'aurais plus de peine à justifier le type de nature que M. Ingres a choisi pour son saint, type qu'on retrouve dans presque tous les personnages de la composition : on ne sait vraiment à quelle prédilection attribuer ce choix de grosses têtes sur de petits corps, auquel M. Ingres s'abandonne dans ce tableau. Les bras du Symphorien sont d'une nature musculeuse que n'admet pas la jeunesse du modèle. A gauche du saint, vous voyez une femme dont l'expression est admirable, mais dont les bras sont aussi d'une disproportion choquante avec le reste du corps. 31 est une tête que M. Ingres affectionne depuis quelques années, et qu'il applique aux femmes et aux jeunes gens : cette tête est celle de la Victoire qui couronne Homère dans le plafond du Louvre. On ne peut nier le maniérisrifie de ces bouches tordues, de ces nez aplatis, de ces yçux relevés par le coin comme ceux des Chinoises : M. Ingres abuse de l'emploi de cette tête, qu'il répète jusqu'à cinq fois dans son nouvel ouvrage, et dont on retrouve quelques linéaments sur le visage d'ailleurs profondément expressif du Symphorien. Ces observations n'empêchent pas que la variété des têtes et surtout des passions ne soit un des mérites distinctifs de ce tableau. Ainsi que tous les hommes puissants par la forme, M. Ingres a le don d'exprimer la structure d'un visage et le sentiment qui l'anime, sans en montrer plus qu'une faible partie. Voyez la jeune fille qui croise les mains avec douleur, derrière la femme à l'enfant que j'ai tout à l'heure citée ; voyez Tautre jeune fille, probablement la Bceur du martyr, dont on n'aperçoit que le front et

^t . BEAUX-ARTS.

1^ yej^ derrière la figurç de la inère. A la gauche du 5^t et à Ia ^oite du spectateur, vous remarquerez un<ç çjaite 4ç tete^, un vrai chapelet, remarquable au plus ba.ut deçrç parla diversité des expressions.

J[ç çlois Iç d^re, aucun ouyragç moderne ne n(i.'a plus Çfappé par la simplicité et la certitude du geste^ çlçp,ui3 h passion exaltée du martyr et dç §a mère, jysqu'à la $tupeg^ ^\i p;:âtrç, pétrifié de tant d'audace, jusqu'à la froideur ^M proconsMU que n'anime ni pitié ni colère, çt qui nç f^, d>an^ ^ conscience dç soldat, qu'e^çécuter Tordou- Çajicç ifljpéria.lç. Cette seule figure du p.rocoxisul, avec §oji bras en avapt, vaudrait à un peintre ordinaire up.e réjP,i^tatijon distinguée. Que dis -je? combien çoiuptezyojos. <^e pejn^tres capables d'arriver par des rnoyens si

^ples à, Vifi tel résultat? Dans le temps où une açad.én;iia bien^ ren.ç^ue plaçait un homme au preniier rang de la, Çjeiç^ljtgre, [q,ue u'aurait-on pas dît de cet çnfant qui sa b^issg poyj' l^jAççr dçs pierres à la mèrç du m,artyr?- A)49WÇl'*?Mi> on se contente de çonjtester à M. Ingres le ^rpi.t d'ayo^^r placé ççtte figure dans un interstice de sa çpjipppsitipp. Sait-pp sçulement cç qu'il faut de sciencç etj ^e ççni.ç pour créer quelque chose d'égal au pâtre. gaulçJ^S dp rangl.e gauche du tabjieau ; ce pâti:e d'u/ie n^turç çjt d'une âiiji.e jusqye-là grossièi-es, et que l'action subite dç la foi^ développée à la vue du saint martyr, iUiiiiiine d'un, rayon d'i^itelligence et d'enthousiasmiB ?• ÇuÂ? une telle observation des âges et des caractères, des ^???'^ra^®s si i^abijjement ména|^ dp force e.t de grâ^ce, ^Çfip W^R^i ^m IçlJç Puîssanpe de mQdel.é, we intel-

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