‹ Beaux-arts et voyagesChapitre 34 sur 49 · LE MARTYRE DE SAINT SYMPIIORIEN · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE SAINT SYMPIIORIEN

ligence si profonde des plans, niême dans les parties les plus reculées, que la sculpture avec ses ressources d'imitation positive ne saurait produire rien de plus exact ni de plus complet!

J'ai dit avec une entière sincérité l'impression que

m'avait causée l'œuvre de M. Ingres. Je n'ai dissimulé

aucune des objections gue cette œuvre m'a suggérées;

je n'ai pas dû taire davantage l'adaûration que j'éprouve

pour l'ensemble et les principales parties du tableau.

Maintenant laissons faire au temps, qui n'abandonne

jamais les créations réellement puissantes, qui confond

les jugements injustes ou légers, qui donne raison au

génie contre l'esprit, et à l'originalité contre la routine.

Au reste, et quelles que soient les clameurs du jour,

M. Ingres n'a pas le droit de se plaindre. Avec un

tableau aussi provoquant que te sien, i\ n'en aurait en

aucun temps élé quitte à si bon marché. Aujourd'hui it

ne fait qu'essuyer tes éclaboussures de h. foule, il y a

vingt ans on aurait fait de son tableau une affaire d'État ;

les professeurs, les philanthropes et la poKce auraient fait

éclater leur intérêt pour le goût, la morale et Perdre

pubHc ; et qui sait si quelque décret impérial n'aurait pas

confiné dans la prison du Tasse l'auteur de cette œuvre,

incdlïipréhensible à tant de regards, qu'x)n appelle le

Martyre jie saint Symphorien ?

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