VI NOTICE
1/|00; Tun d'eux se trouvait au aiége d'Orléans avec Jeanne d'Arc.
M. Lenormant père était notaire à Paris. C'était un homme d'autrefois , un homme tout à la fois d'un esprit très-cultivé et de mœurs antiques, antiqua virtute ac fîde, catholique fervent, ardent royaliste, intime ami de M. Bellart. Il' avait été le premier instituteur de son fils, qui le perdit à quatorze ans, en 1816.
Des mains de son père et par son choix, Charles Lenormant passa dans celles d'un maître aimé, M. Lizarde, dont les lecteurs du Correspondant ont appris de lui à vénérer la mémoire *. Le jeune élève promit de bonne heure tout ce qu'il devait tenir un jour. Ce serait à M. Saint-Marc Girardin, dont il fut l'émule de collège, de nous dire ce qu'il était au lycée Napoléon (Henri IV) et ce qu'il fut plus tard à Charlemagne. Sa vocation éclatait dès lors : il suivit les cours de l'École de droit; mais jamais, comme on l'a dit spirituellement, jamais on ne put faire de lui un clerc de notaire de la moindre espérance*.
En 182i, il partait pour l'Italie. Comment l'eût-il visitée en vain? Comment aurait-il vu Rome, ses antiquaires, ses artistes, et n'eûMI pas bientôt senti qu'il était né juge compétent de tant de chefs-d'œuvre et de tant de trésors; qu'il était né pour la critique d'art et pour les sciences archéologiques?
A d'autres égards encore, ce voyage devait faire époque dans sa vie. N'est-ce pas en effet à Naples, à son retour de Sicile, qu'il fut présenté à M"« Récamier et à sa fiH'e d'adoption ? Il avait vingt-deux ans. Sei?e mois après, le 1®' février 1826, le curé de l'Abbaye-aux-Bois bénissait l'union de M. Lenormant avec la femme forte qui devait faire le charme de sa jeunesse et l'orgueil de son âge mûr. Il venait d'être attaché, comme inspecteur des Beaux -Arts, à la maison du Roi par le duc de La Rochefoucaulfl-Doudeauville.