Correspondant, t. VIU, p
2, M. yiièi, Journal des Débats du 18 décembre.
SUR M. LENOBMANT. vu
De ce moment, le neveu de M"" Récamier prit sa part entière de cette existence enchantée qui achevait de s'écouler entre le duc Mathieu de Montmorency, Ballanche, Chateaubriand, M. Ampère et M. le duc de Noailles. M. Lenormant eut plus que sa place de famille dans ce salon qu'un livre charmant nous a presque rendu, dans'ce salon privilégié au sein duquel se rencontrent ou se succèdent le duc de Laval, MM. de Saint«- Aulaire, Pasquier, de Barante, de Salvandy, de Lamartine, Augustin Thierry, Villemain, Cousin, Mérimée, Saint-Marc Girardin, Sainte-Beuve, Eugène Delacroix, David d'Angers, de Montalembert , Ozanam, Alexis de Tocqueville, M"" Swetchine, M"" de Boigne et la -vicomtesse de Noailles. Mais ne craignez pas que la science soit sacrifiée. Deux ans k peine ont passé, et M. Lenormant s'arrache à toutes ces délices de société et à sa jeune femme pour suivre Champollion en Egypte.
C'était un événement européen que ce voyage. H s'agissait de vérilier et d'appliquer une des plus belles découvertes de ce siècle et de tous les siècles, celle de la langue des Pharaons, de leur écriture et de leur histoire. C'était à la Rn de 1838, au plus beau moment de cette sève universelle, de cette floraison de toutes les choses de l'intelligence qui restera l'élemel honneur de la Restauration. Avec quelle nvidité nous suivions du regard cette seconde prise de possession de l'Egypte par la science française I Avec quelle curiosité patriotique nous cherchions en tête du journal le Globe ces quelques mots : EGYPTE. — ExHËDmoN sciËKTiFiQDB. - — Lettres de M. Charles Lenormant ! C'était la correspondance du voyageur avec sa jeune épouse. Avec quelle émotion nous passions en revue, dans ces lettres si peu oHicielles, si pleines d'entrain et d'esprit, Alexandrie, Méhémet-Ali, la basse Egypte, les ruines de Sms, le Caire, Memphis, le Sphinx, les Pyramides; puis l'Égypte-intermédiaire, les tombeaux d'Hermopolis , les grottes de Beni-Hassan, le temple souterrain de Bubastis, Psinaula, ce Pompéi égyptien, cette" ville pharaonique retrouvée tout entière avec ses rues, ses