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FRONTON DE LA MADELEINE

U a^rii 1S30.

Toutes .les fois qu'il s'agit d'uM grande entreprise pour îles »arts, le public réclame un concours, et pourtant la ^question de J\utilité des concours est loin d'être résolue. JD' abord il est rare que les artistes d'une .haute réputation ^eonsentent à se compromettre dans une lutte où de ,plus jeunes -et de moins connus peuvent les supplanter ; puia, .<je .qui arrive presque toujours, c'est que l'administration a d'avance fait^son choix, et alors le concours n'est qu'une vaine formalité, où .le talent véritable est immolé à des considérations de coteries et de bureaux.

Les six projets actuellement exposés ont été ^admis sur .esquisse à la suite d'un premier concours très-nombreux •quia eu lieu l'année dernière. L'artiste à qui le travail

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sera défiiiitivement adjugé sera choisi d'après Tun des projets actuels, rendus, à ce que je crois, au dixième de

Texécution. On s'était plaint, à l'époque du concours originaire, d'avoir vu éliminer de la dernière liste des concurrents qui auraient pu paraître redoutables. En considérant l'énorme disproportion de mérite qui existe entre les différents projets exposés, on ne peut s'empêcher de penser qu'on a voulu ménager à certains morceaux préférés la ressource des contrastes.

Ce qui frappe aussi tout d'abord, c'est l'incertitude où tous les concurrents ont paru être sur le genre de sculpture propre au monument qu'ils sont appelés à décorer. Jl eu est môme sur lesquels cette préoccupation ne parait pas avoir influé, et l'on croirait, à voir certains projets, que leurs auteurs ont perdu tout espoir d'élever jamais leurs ouvrages à soixante pieds de hauteur. Ce sont des bas-reliefs ordinaires, comme on peut en faire pour sa satisfaction personnelle, sauf la forme incommode que donne le fronton. Ainsi, M. Jacquot, auteur du projet représentant le Christ mort sur les genoux de la Vierge, et qui a cru pouvoii* remplir l'énorme tympan de la Madeleine avec six ou sept figures, (le paraît pas avoir songé à l'effet si peu monumental.'qtte produiraient des corps de î25 pieds, traités avec le relief doux et la multiplication de plans qui caractérisent la manière de Jean Goujon. Un reproche du même' genre s'applique aux draperies chiffonnées de M. Desbœufs, auteur du quatrième projet, à partir de celui qu'on rencontre dans la salle d'entrée. Rien de moins senti comme effet que cet ouvrage, où Ton

EXÉCUTION DU FRONTON DE LA MADELKINK. 40o

remarque d'ailleurs des détails d'une bonne exécution et une composition assez heureuse, quoique entachée d'une fausse naïveté.

Les deux projets sur lesquels l'attention publique se concentre appartiennent à MM. Pradier et Lemaire. Le premier est placé dans la salle d'entrée; le second vient l'avant-dernier, dans l'ordre de l'exposition. M. Pradier est un des maîtres de notre école dont la réputation a grandi dans le courant des dernières années. Le Niobide, ' remarquable par un sentiment de simplicité, qu'on ne retrouve plus dans les productions plus récentes du même artiste , la Vénus exposée au Luxembourg , le buste de Louis XVIII, placé au Musée royal , le Prométhée qu'on a vu à la dernière exposition , ont fait reconnaître dans M. Pradier un talent d'exécution, un sentiment de vérité et de vie auxquels ne répondent pas assez peut-être le mérite et la nouveauté des conceptions. M. Lemaire a envoyé de Rome, il y a trois ou quatre ans, une figure de Psyché dont le succès a été populaire.

M. Pradier a cru devoir prévenir le public qu'un mois et demi de maladie l'avait empêché de terminer son ouvrage : aussi ne doit-on pas le juger sur le fini qu'il aurait pu donner à ses figures; et pourtant il y a, dans la manière dont elles sont exprimées, quelque chose de si ferme et de si franc, qu'on est encore tenté de donner aux détails la préférence sur l'ensemble. C'est là une disposition dont M. Pradier ne se contentera peut-être pas; il fera valoir le serré de sa composition, la tournure ample de ses figures, le jet facile des draperies, enfin la puis-

sance incoiitestable de l^ensembfe. Tout en lui cofieéda»^ ce mérite, il est difficile de croire cpie ce soit là préciser ment ce que la convenance monumentale exigeait. U y a tant et de si épaisses draperies dans le bas-relief, que l'œil est comme accablé de leur poids, t^'on juge de combien cette impression s'accroîtra quand la diraensioa totale du morceau aura été décuplée. Je n'y vois rleo, d'ailleurs, de chrétien : ni le Christ coiffé comme un Jupiter, ni la Madeleine, trop préoccupée encore de sa parure pour avoir délié les nattes de ses cheveux ; ni ce philosophe assis- qu'on prendrait pour Phocion prêt à boire la ciguë ; ni ce mendi&nt qui ressemblée à Di(^ène et à rilyssus. On ne comprend pas, d'ailleurs^ te dispro portion qui existe entre la stature de la Madeleine et celle du Christ. Cette partie du projet de M. P papier est composée comme un tabkau), et n'a rien du caractère propre au bas-relief.

Si la corapositroB de M. Pradier pèche par excès d'e»h bonpoint, celle de M. Lemaire n'est peut-être pas sans maigreur. Du moins ne vQutkaitKm pas , au premier abord, qu'il eût laissé tant de vide autour de- ses figures; En y réfléchisBant néanmoins, on- sent que- Fàrtiste^ préoccupé de l'effet raofiumental> a dà éprouver un étran^ embarras» I^es fronion» sculptés antique», au nsoins ceux que xifms eomMiiaBenœr, étaient décorés de figures dercmdebosse : c'était une conséquence de la k)i, en quelque sarti naturelle, qiû oblige à augmenter ie reli^ à mesure qui le point de vue »'él(Hguft et devient pkft hoiriBEMital. L'architecte est b IMMekyWy ft'ttjitmfepiifepvéviice bfiWMt iâ%^

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