CHAPITRE XYL
NAUFRAGE DU VAISSEAU LE S.-GÉRAN ; Sur les attérages de l'Ile-de-France, en 1748.
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Les jeunes auditeurs étant réunis comme de coutume pour entendre les récits du capitaine Durfort , il leur parla ainsi:
Il n'est guère de peuples civilisés dans le monde qui ne connaissent la pastorale de Paul et Virginie, par Bernardin de Saint- Pierre : ce sujet romantique a un fond de vérité, en ce que le Saint-Géran, vaisseau sur lequel l'auteur a placé la mort sublime et touchante de Virginie , est un bâtiment de la Compagnie des Indes qui a réellement fait naufrage sur les récifs qui sont au large de l'ile d'Ambre, près l’île de France. M. Lémontey , de l'académie fran-
çaise, a publié une notice intéressante sur la partie historique du roman de Paul et Virginie; et il y a relaté les déclarations authentiques des neuf hommes qui échappérent au naufrage, relation qui a servi de base au romancier français pour son tableau plein de ve et de vérité. Voici le résultat des procès-verbaux, tel que nous l'a retracé M. Lémontey :
Le Saint-Géran , de 7 à 800 tonneaux, partit de Lorient le 24 mars 1744, sous le commandement du capitaine Delamare, ayant pour lieutenans MM. Malles et de Péramont, et pour enseignes MM. Longchamps de Montendre , Lair, et le chevalier Boette ; le maître d'équipage , homme expérimenté, se nommait Ambroise. Le bâtiment arriva le vingt-deuxième jour à :Gorée, et y embarqua vingt nègres et dix négresses. Un jeune chirurgien, appelé Belleval, déserta la colonie, et s’introduisit furtivement à bord. On s’avisa de faire travailler au cabestan un des nègres; mais ce
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“pauvre enfant de la nature se laissa étrangler par le tournevire, et sans doute en mourant, prit la mécanique pour une divinité malfaisante.
La navigation fut longue et peu intelligente. Dix hommes étaient morts, et il y avait une centaine de malades, lorsque le bâtiment se trouva, le 17 août, à six lieues de l'Ile-de-France , êt reconnut les petites îles qui en signalent l'approche. Le jour était sur son déclin; les officiers délibérèrent sur ce qu'il convenait de faire.
Le capitaine fut d'avis de profiter du beau clair de lune pour dépasser les îles, et mouiller à la grande terre, au lieu appelé le Tombeau; M. Malles présenta des difiicultés que combattit Ambroise qui avait été onze mois patron de chaloupe à lIlede-France. — Je connais la côte mieux que vous, répliqua de lieutenant impatienté de la contradiction ; et.en disant ces paroles, il se livrait à Ia colère au point de frapper son subordonné. — Vous avez plus prati-
té.
qué que moi, dit le capitaine à ses offciers; il ÿ a vingt ans que je ne suis venu ici, mes idées se sont effacées ; prenez la conduite du vaisseau.
M, Longchamps de Montendre fit jusqu'à minuit le service de quart, et gouverna assez bien par les conseils d’Ambroise ; mais M. Lair, qui lui succéda, averti deux fois qu’il approchait trop de la terre, ne ünt aucun compte de l'avis salutaire que lui donnait Pierre Tassel, second maître d'équipage. Le capitaine et le licutenant Malles vinrent sur le pont à deux heures et demie, et ces trois officiers se félicitant mutuellement sur la beauté du ciel, croyaient pouvoir arriver , lorsque tout-àcoup le vaisseau toucha sur une roche ; en vain on voulut changer la manœuvre, la lame qui était très grosse prit le bâtiment en travers et le jeta sur les récifs et dans les brisans. Vous sommes perdus ! s’écria Pierre Tassel. Eneffet , le vaisseau se trouva couché sur le flanc avec un tel fracas et
DÜ S.-GÉRAN. 209 un craquement si épouvantable, que sa perte fut à l'instant jugée sans ressource.
À ce terrible choc, le pont se couvrit d’une foule effrayée; officiers et matelots, hommes et femmes , passagers et marins, libres et nègres esclaves, tous égaux par la communauté du péril ; toute cette foule implora l'assistance divine: d’après l’ordre du capitaine, l’'aumônier chanta l’Ave Maris Stella et le Salve Regina ; puis il donna la bénédiction générale à l'équipage, en priant Dicu de pardonner à chacun ses péchés.
Le plus profondément ému de ces pieux et derniers devoirs, était le lieutenant Malles, qui avait si fortement outragé Ambroise; les torts que lui donnait son violent caractère se retracèrent à ses yeux, et il pria ceux qu'il avait pu offenser de lui pardonner en ce fatal moment. Cette scène religieuse et imposante produisit un calme momentané qui ne fut troublé que par Les + lamentations extraordinaires du jeune Bel:
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leval, de ce transfuge de Gorée qui se re—
DO. TE NAUFRAGE prochait amérement d’avoir pris tant de peine à courir au-devant du trépas.
On ne négligea aucun moyen pour tenter de soustraire le bâtiment à une destruction totale, afin d'échapper soi-même, s'il était possible, à une mort qui paraissait mévitable. Le premier soin fut de couper les mâts pour les jeter à la mer, et de préparer les embarcations. Mais cette opé-
ration si prudente amena un phénomène
inattendu; car aussitôt la mer :s’'empara de ces énormes débris, et la lame les reporta avec fureur sur le pont du vaisseau.
C'est là que ces mâts, devenus plus funestes , promenés comme une faux, ou frappant comme le bélier, fracassent tout ce qui se trouve sur leur passage, et brisent la chaloupeet les canotsentreles mains de ceux qui alors les dégageaient de leurs liens : cette circonstance , la :plus atroce
+ du naufrage, arracha aux marins un cri
de désespoir.
Le premier rayon du jour apprit à ces
malheureux.ce qu'il leur restait de:moyens de salut. Ils avaient la vue de deux terres à l’égale distance d’une forte lieue. L'une était la côte même de l'Ile-de-France , et l'autre l’île d'Ambre. Cette dernière offrait l'abord le plus facile; mais pour atteindre cette plage déserte , il fallait franchir la chaîne des brisans où le navire demeurait suspendu , et dont une mer houleuse et des courans rapides défendaient.le passage.
La stupeur, la confusion des gens de l’équipage ,.et le bouleversement du vaisseau fracassé, rendirent très imparfaites les embarcations qu'on essaya de fabriquer. Un radeau construit à la hâte s’engloutit. surle-champ avec soixante personnes qui s'y étaient précipitées. Le moment. devenait pressant; tous ceux qui avaient quelque expérience de la mer voyaient se former à l'horizon un grain qui allait consommer la perte du bâtiment. À six heures et demie, la faculté fut laissée à chacun de se sauver comme il aviserait. Les plus résolus se
jetérent dans les flots en s’ ‘attachant à à quelques débris; les autres v'attendirent pas long-tems la mort sur le vaisseau, qui disparut à tous les yeux, sans qu'aucun témoin ait pu en raconter la dernière catastrophe. | De tous ceux qui avaient tenté leur dé- | livrance, neuf seulement arrivèrent successivement à l’île d’Ambre, par un bon- | heur presque miraculeux, et après environ cinq heures d’incroyables fatigues ; ils avaient eu à lutter contre trois ennemis formidables : les courans qui les entrainaient sur les récifs ; les lames qui les y écrasaient ou qui les rejetaient en pleine | mer ; enfin, une foule de débris que les flots roulaient , et dont le choc était mortel. Quelle disproportion entre la faiblesse | de l’homme et ces puissances de la nature | dont il était le jouet! Ces neuf individus !
favorisés du ciel, étaient les deux maîtres d'équipage ; Ambroise et Pierre Tassel, le | patron de chaloupe Edme Caret, le pilo-
DU S.-GÉRAN. 207 tin Janvrin, le charpentier Leguain, l’adjudant-canonier Pierre Verger, les matelots Lepage et Chardron , et un passager nommé Jean Dromat. Ce dernier se rendait à l'ile Bourbon, en qualité de commandeur de nègres; ne sachant pas nager, il s’était cramponné sur des avirons qu’un matelot avait réunis. Un choc épouvantable fit culbuter le matelot, qui crut se sauver en saisissant Dromat par les cheveux : celui-ci se tint si ferme sur les avirons , que la poignée de cheveux lui fut arrachée du crâne, et Je matelot roula au fond des abîimes... Jean Dromat se trouva à terre sain et sauf, sans pouvoir dire comment il y était arrivé, et de même que s’il finissait un rêve.
Dans sa déclaration au conseil supérieur de l'Ile-de-France, Janvrin dit qu'il y avait à bord une demoiselle Caillou, et que M. Longchamps de Montendre, descendu pour se jeter à la mer, remontasur le pont au moment terrible où le vaisseau échoué
allait s’engloutir , pour déterminer cette de-
moiselle à se confier à lui pour Ja sauver.
Ce jeune officier, dit M. Lémontey, qui.
descend sur les flots pour montrer à une femme le seul moyen de salut qui leur.
reste, qui remonte pour vaincre sa timi- |
dité, et qui, ne pouvant y réussir, abjure sa propre vie, et vient mourir près d'elle, |
offre un tableau si touchant, que nulle
imagination ne peut rester froide ou sté-
rile à la vue d’un dévoûment aussi sublime.
On ne sait, il est vrai, de mademoiselle Caillou que son nom; l’on ignore sa patrie, sa famille, ses mœurs, ses projets ; étaitelle jeune, belle, intéressante ou vulgaire?
questions oiseuses |! Est-ce que la femme pour qui le jeune lieutenant a voulu mourir peut Jamais être indifférente ? Tout ce que les témoins en auraient dit n’aurait pu qu'affaiblir cette action inspirée par un tendre sentiment, ou par la seule générosité naturelle aux belles âmes. Contentonsnous aujourd’hui de savoir que ce fait a
DU S.-GÉRAN. 209 été le type historique.de cette jeune Virpinie , debout sur la poupe fracassée du navire, réjetant lesecours du matelot pros- ‘terné à ses pieds, et préférant périr plutôt que de-se voir étreinte dans les bras d’un homme. Cette image, dont le cœur se refuse à discuter ila vraissemblance , porte à -Jâme ce qu'il y a de plus exquis dans la sensibilité, la douleur mêlée d’admiration.
L'instinct de la pudeur, ce mouvement involontaire de la dignité humaine, si vague, -si élevé , si impénétrable aux définitions , entoure la victime d’une sorte de pureté céleste iqui convertit sa mort en apothéose.
Glorifions-nous que ce fait ne soit point -idéal !!
Glorifions-nous surtout que l'exemple d’un tel sacrifice aux bienséances n'ait pas été donné seulement par un sexe naturellement timide. Écoutons le témoignage d'Edme Caret, le patron de chaloupe, relativement à ce pauyre capitaire, qui fut
si faible pour commander, et si courageux pour mourir. Après avoir disposé le débris | sur lequel devait se placer M. Delamare, et y avoir ajusté les appendices nécessaires : pour traîner cela à la nage, Edme Caret lui dit : « Capitaine, quittez vos vêtemens, vous vous sauverez plus aisément. » M, Delamare ne voulut jamais y consentir, disant qu’il ne conviendrait pas à la décence de son état d'arriver à terre tout nu, et qu'ilavait dans ses poches des papiers qu'il ne devait pas quitter. On ne saurait afirmer jusqu’à quel point cette résolution, dans laquelle il persista, lui devint funeste ; car il se noya dans le trajet, malgré l’admirable dévoûment de son patron de chaloupe. Assez d’autres jugeront peu raisonnable cette délicatesse d’un marin. Pour moi, je n'ai pas la force de blâmer une opinion qui appartient à un sentiment noble, et qui fut consacrée par la mort d'un vieillard estimable et bon , tel qu’on
doit se figurer le capitaine du Saint-Géran, sur le rapport des gens de son équipage.
Le salut d'Edme Carct frappe d’admiration en nous révélant ce que peuvent dans un être débile la volonté et le sangfroid. Les courans triomphent de son habileté à nager en le rejetant dans les brisans qu'il avait déjà dépassés ; la lame chargée des débris flottans s’avance sur lui comme un monstre armé de massues ; ce matelot, haletant de fatigue, mais non découragé, s'enfonce sous les eaux, cherche de ses mains errantes le fond de leur lit, et s’y retient aux aspérités du rocher, tandis que la montagne humide s'écroule vainement bien au-dessus de sa tête. Plusieurs fois il est contraint à recommencer ce téméraire stratagême ; et, quand son front reparaît au jour , il cherche en vain les compagnons qu'il a laissés nageant sur l’abime : c’est dans ce fatal moment que périt le capitaine. À la place de ce pauvre matelot per-
#12 NAUFRAGE | du sous les vagues, dit M. Lémontey , sup-| posez un héros antique, Ulysse ou Ajax; peignez-vous le ciel attentif à la lutte du.
guerrier contre Neptune ; voyez enfin] l’homme triompher du Dieu, en s'attachant à la pierre sous-marine comme le vil crustacée ; et dites si la constance humaine a jamais été peinte de traits plus hardis, et si la vérité sortie d'un greffe n’a | pas laissé en arrière les fictions homéri- | ques !
Ge n'est pas aux images de la poésie, | mais aux méditations de la science, ajoute l'académicien , qu'appartient une autre circonstance du naufrage du Saint-Géran.
Quoique j'aie dit que neuf personnes seu- | lement se sauvérent à l’île d'Ambre,'ilen | aborda réellement douze ; mais les trois :
dont je n’ai point parlé, et-qui étaient deux | matelots et une négresse, moururent pres- | qu'en touchant la terre. Quoi! cette terre | qui était pour ces malheureux le prix de fatigues inouies, et le terme d’une affreuse |
anxiété; quoi! ce rivage qui devait inonder leur âme de joie, de calme et de force, brise au contraire leur existence ? Qui donc les animait quand la nature entière:les accablait?: et qui les tue quand le combata fini, et quand: la terreur cesse! Qui nous expliquera cette aberration de la force vitale? L'homme serait-il doué d’une double vie, l'une spirituelle et invisible, l'autre physique et palpable? Peut-on dire que la première, semblable à lélectricité galvanique qui fait encore se mouvoir des corps expirés, soutenait le nageur luttant contre les flots , tandis que la seconde avait déjà succombé? Peut-on ajouter que l'énergie morale s'étant soudainement relâchée par là fin du.péril, la mort musculaire a saisi aussitôt le reste de sa proie? Je livre de tels phénomènes à la hardiesse des philosophes, et j'attends qu'ils m'apprennent si, quand le poète de Férrare nous montra des paladins qui continuaient de se battre sans s'apercevoir qu'ils étaient morts, son génie
fantasque ne s'était pas approché, sans le savoir, d'une vraisemblance physiologique.
Je vais, dit à ses jeunes auditeurs le capitaine Durfort, vous raconter un fait personnel qui semble la solution du problème que M. Lémontey donne à résoudre.
J’ai été bon nageur, et il m'est arrivé une
fois de me trop confier sur mes forces.
Habitant alors le quartier de Paris qu’on nomme l'ile Saint-Louis, je m'avisai un beau soir d'été de descendre sur la rive de la Seine , d'y déposer mes habits, et de traverser la rivière à la nage au-dessus du pont de la Cité pour gagner la pointe de l’île Notre-Dame. J’exécutai cela à merveille en allant; mais en revenant, lorsque je fus au milieu de la rivière, il me prit une crampe dans les jambes qui m'en ôta le libre exercice. Je ne courais point risque de me noyer, parce qu’un nageur se soutent facilement sur l’eau sans manœuvrer de tous ses membres; seulement, au lieu
de continuer à fendre l'onde pour traverser, je fus obligé de me laisser aller au courant, ce qui me fit redescendre bien au- | dessous de la rive, où J'avais déposé mes vêtemens. Ainsi entraîné, j'allais donc me trouver dans la nécessité de gagner le rivage du Port-au-blé. Comment revenir de là à d’île Saint-Louis dans mon état de nudité ? Heureusement, la crampe me quitta ‘au bout de quelques instans; mais il fallut me donner bien de la peine pour remonter contre le courant ; je me sentis épuisé
de fatigue au point de désespérer de pouvoir atteindre la rive d’où j'étais parti. Cependant, j'en reconnaissais tellement l'urgence, que je ne discontmuai point mes, efforts, et qu’enfin, j'y parvins à force de courage. Je ne fus pas plus tôt assis sur le sable, que j’éprouvai une sueur froide de la tête aux pieds , et que je fus quelques instans dans une défaillance complète, parce que le risque queje venais de courir frappa |
mon imagination plus fortement encore
ae. - NAUFRAGE qu’au moment même où je mé voyais entraîné par le courant. Nul doute quele rude travail au milieu du danger , agit assez efficacement pour électriser tout le mécanisme de notre organisation ; cette électrisation | une fois interrompue par la cessation du mouvement laborieux, le corps cède alors à la trop forte impulsion qu’il a ressentie, et le mécanisme vital se détraque , ‘à l’instar du grand ressort de montre qu’on a voulu tendre au - delà de l’action qui lui convient; ce qui le fait se débander soudain, au moment où s'arrête tardivement la main qui a fait rompre la chaîne.
Après cette petite digression , M. Durfort termina l'histoire des neufindividus échappés au naufrage du Saint-Géran. Pendant deux jours, ils errérent sur la plage déserte de l’île d’Ambre, abandonnés de la natureentière. Enfin, trois d’entr’eux, s’étant remis à flot sur une pièce de bois, abordèrent à la côte de l'Ile-de-France et avertirent un poste militaire. Aussitôt une cha=
loupe portant quelques soldats, avec des alimens, vint recueillir leurs six compagnons mourans. Ces neuf hommes se rendirent au chef-lieu de l’île, annonceérent le naufrage ignoré du Saint-Géran, et firent leurs dépositions devant M. Herbault, conseiller du Roi au conseil supérieur de l’Ile-
de-France , commissaire nommé à cet
effet ; dépositions transcrites sur les regis-
tres, par M. Molere, greflier dudit conseil, et qui ont été rendues publiques par le baron Milius. ee
Jamais la nature ne fut plus innocente d’un naufrage, dit M. Lemontey , qui appelle la catastrophe du Saint-Géran un naufrage de main d'homme, parce que cette catastrophe fut le résultat de la négligence du capitaine, de la brutalité du lieutenant, et de l’inexpérience de tous les officiers , qui ,. dans cette. circonstance, semblèrent se conduire comme s'ils s’étaient concertés pour venir échouer au port. rs
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