‹ Beethoven et ses trois stylesChapitre 86 sur 93 · TROISIEME SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

TROISIEME SUPPLÉMENT

Le Catalogue thématique de l'œuvre de Beethoven, publié par Breitkopf et Haertel.

(Leipzig, 1851)

Cet inventaire des textes de Beethoven a l'avantage de laisser facilement embrasser par la vue les motifs de son œuvre, reproduits dans leurs signes caractéristiques, réunis en un volume. On a lu dans la préface de notre catalogue que la disposition des productions de Beethoven en compositions portant des chiffres d'oeuvre et en compositions qui n'en portent pas, adoptée par le Catalogue thématique de Breitkopf, n'est pas rationnelle ; le parallélisme des compositions à chiffres d'oeuvres, des compositions numérotées seulement, des compositions sans chiffres d'oeuvres ni numéros, et des compositions sans chiffres d'œuvres posthumes, ne pouvant être nié. Ces quatre divisions remontent aux temps mêmes de Beethoven et caractérisent trop son œuvre pour pouvoir être abandonnées. Le catalogue thématique de Breitkopf n'est ni un travail chronologique, ni un travail critique ; il ne discute point l'authenticité des chiffres qui varient avec les éditions et que j'appellerais mobiles ; il en décerne à des ouvrages qui n'en portent point, qui ne

peuvent en avoir, et cela rien que pour combler les lacunes dans la série des chiffres d'œuvres de 1 à 138, qu'il faut maintenir puisqu'elles existent réellement et non point par erreur. De ce nombre est l'ottetto pour instruments à vent, qui ne peut et ne doit porter de chiffre d'oeuvre, en sa qualité d'œuvre posthume, et qui, dans le Catalogue thématique, remplit la lacune de l'opéra 103. L'ottetto étant identique avec le quintette, op. 4, date des premiers temps de la première manière de Beethoven et ne peut par conséquent être placé dans la partie du catalogue qui embrasse les dernières compositions du maître. On en dirait autant du chiffre d'œuvre 136, donné à la cantate V Instant glorieux. La faute en est au système dualiste du catalogue qui l'empêchait de ranger l'ottetto au nombre des œuvres posthumes ; la cantate au nombre des compositions sans chiffres d'œuvres ni numéros. La maison Breitkopf, qui ne paraît pas avoir ajouté à son catalogue l'importance qu'il a, puisqu'elle n'en a pas nommé l'auteur, a la première imprimé que l'ottetto est identique avec le quintette, op. 4, identité que j'avais consignée dans mon travail achevé un an avant que le catalogue thématique ne fût publié (1851). Au bout de trois jours que le catalogue se trouvait entre mes mains (il était depuis huit jours à Saint- Pétersbourg), j'envoyai douze pages de remarques à MM. Breitkopf et Hârtel pour garantir l'originalité de mon travail et prouver sa parfaite indépendance du leur. Ce sont ces remarques auxquelles je crois devoir donner une place ici. La maison Breitkopf me donna raison et me répondit qu'elle profiterait de mes remarques à la seconde édition de son catalogue qui allait suivre la première. Je reproduis sa lettre à la fin de cette notice.

Si peu que j'aie fait, je n'ai pu laisser planer sur le fruit de tant de peines le soupçon d'un emprunt fait à

autrui. Que de recherches, que de dépenses m'eussent été épargnées si j'avais pu me servir du Catalogue thématique. Le fait que ce travail ait été entrepris en double, en même temps, dans deux villes aussi distantes que Leipzig et Saint-Pétersbourg, avec un résultat aussi semblable que les moyens employés étaient différents, ce fait n'est pas sans intérêt et me semble prouver en faveur de mon travail autant qu'en faveur du Catalogue thématique.

Depuis, je me suis adressé à MM. Breitkopf et Hàrtel et à MM. Peters à Leipzig pour obtenir d'eux une copie des seules dates des lettres d'envoi de Beethoven, dont ils sont les éditeurs. J'offrais de payer ces copies le prix qu'ils y mettraient .C'était là un moyen de plus d'arriver, approximativement du moins, aux millésimes des compositions de Beethoven. Je n'ai point cette fois reçu de réponse. J'entends me garantir la priorité de l'idée si elle était exécutée par un autre. Il est difficile de trouver une idée nouvelle, si minime qu'elle soit, dans les sujets explorés, et quel sujet ne le serait pas aujourd'hui ? Je dois des remercîments à MM. Peters pour m'avoir éclairé sur la dédicace du septuor. Je m'étais arrêté indécis au grand nom de Marie-Thérèse, qui mourut en 1780 quand Beethoven avait dix ans et que le septuor n'avait point été composé par lui. Ce qui est si grand encore me semblait devoir s'être adressé à ce qui l'avait été.

Le Catalogue thématique de Breitkopf,

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