I. A Amenda. Correspondance,!^. i
a. A Wegeler, ibid., p. aS.
LA VIE a5
consolé : l'amour parut l'arracher à ses tristesses, mais c'était pour l'y rejeter bientôt plus profondément. Parmi ses élèves se trouvait une jeune fille de seize ans, la comtesse Giulietta Guicciardi : elle avait des cheveux d'ébène, de grands yeux noirs, une âme ardente avec la naïveté de la première jeunesse. Beethoven l'aima, comme il aimait, avec une extraordinaire violence de passion. Il se crut aimé, et vit poindre l'aurore d'une vie nouvelle ; le i6 novembre i8oo,ilécrit à Wegeler: «. Je vis à présent d'une façon un peu plus agréable... Ce changement est l'œuvre d'une magique enfantqui m'aime et que j'aime*.» La dédicace de la sonate au « Clair de lune » était comme un cadeau de fiançailles lorsque Giulietta, dans des circonstances restées assez obscures, rompit avec Beethoven pour épouser un jeune homme de dix-sept ans, le comte Venceslas von Gallenberg2. C'était en 1802 : désespéré, Beethoven se réfugia d'abord à ledlersee, chez son amie la comtesse Erdôdy. La solitude d'Heiligenstadt, près Vienne, où il passa ensuite l'été loin du monde et du bruit, pour calmer son cœur et