Mai iSaS ; ibid, U
parole dure... Si vous ne viendrez pas, vous me tuerez sûrement.,. Venez de m' embrasser votre père vous vraiment adonné^. » C'est une suite de compressions et d'explosions : « J'ai le don, écrit Beethoven, de pouvoir cacher et de retenir ma susceptibilité sur une foule de choses ; mais si une fois l'on m'irrite à un moment où je suis plus sensible à la colère, j'éclate plus fort que personne^. » Quoique ayant beaucoup vécu dans l'aristocratie, et tutoyé beaucoup de grands seigneurs, Beethoven reste très populaire de sentiments et de langage.
Sa morale et sa politique sont faites également d'idées assez contradictoires : détaché de toute religion positive, il veut bien croire à une sorte de Providence, mais il lai arrive de « maudire le Créateur » ; il y a dans ses idées sur l'au-delà, un reste de catholicisme, avec du panthéisme, de l'agnosticisme, du fatalisme, du scepticisme. Allemand du Rhin, il méprise le « pays de Phéa ciens » où il a échoué, d'où il n'a jamais pu se tirer, cette Autriche, si platement docile au joug de la bureaucratie, de la police et du clergé : mais vienne la guerre, il sentira le patriotisme d'un vieil Autrichien et s'enfuira de chez
I. Correspondance, a6i; les mots en italiques sont en français dans le texte.
a. Ib'd.y'ii
Lobkowitz, plutôt que de jouer devant des officiers français; son idéal politique hésite entre la République française et la monarchie anglaise. Beethoven est l'homme de toutes les impulsions, même les plus inattendues, des contrastes les plus soudains. Ce caractère, qui rend son portrait si difficile à tracer^ est celui qui donne à son œuvre tout son accent et toute sa force. Et c'est dans cette œuvre qu'il faut chercher la vraie vie de Beethoven et sa vraie image.