‹ BeethovenChapitre 19 sur 61 · OEUVRE · texte numérisé non relu

OEUVRE

L'apprenti fait l'ouvrier, l'élève ïe maître. Jusqu'à quel point fut poussée l'éducation musicale de Beethoven, à Bonn? Il faut distinguer ici entre la pratique et la théorie. Beethoven eut de bonne heure la pratique de Fart musical : il n'était pas seulement un pianiste précoce ; il jouait aussi du violon, tint longtemps un pupitre d'altisie au théâtre de Bonn et nous le trouvons, dès l'âge de onze ans, appointé comme second organiste à la cathédrale : cette dernière fonction suppose une certaine connaissance de l'harmonie, mais Beethoven paraît prétendre n'en avoir eu, à cet âge, que l'instinct. Toutefois, il reçut de Neefe un enseignement méthodique, fondé sur les ouvrages de Kirnberger, un disciple de Rameau, Die wahren Grundsàtze zum Gebrauch der Harmonie et Die Kunst des reinen Satzes. On peut douter que Neefe ait joint à cet enseignement celui

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du contrepoint, dont il ne se rencontre pas de traces dans les premières oeuvres de Beethoven, telles que les Variations sur une Marche de Dressler (1783) et les trois Sonatines (1784) ; sans doute le quatuor pour piano, de 1785, manifeste déjà un peu plus d'indépendance dans les parties, et on peut citer comme appartenant à la même année une fugue d'orgue à deux voix : mais, de tout cela, la familiarité de Beethoven adolescent avec le Clavecin bien tempéré suffit à rendre compte. En revanche, il reste, dans ces essais d'extrême jeunesse, des fautes contre les règles, qui semblent exclure l'hypothèse d'une étude approfondie de ces matières. Au demeurant, nous savons que Neefe n'attachait pas grande importance à l'enseignement littéral ; il recherchait les ouvrages « où l'art repose sur un fondement psychologique », Lui-même a écrit : « Le génie ne doit pas être étouffé par la règle ; il doit en être seulement guidé, surtout si elle est tirée de la nature de l'âme humaine et du cours naturel de nos impressions (comme doit l'être proprement toute règle) afin qu'il ne s'écarte pas entièrement du droit chemin. » * Si donc Neefe n'enseigna pas à Beethoven toutes les subtilités de la scolastique musicale, il fit

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