I. Dans l'adagio, les reprises autorisaient et invitaient
même le virtuose à ajouter au texte diverses orru'mentatioH? de sa façon.
iatérêt. Il y restait peu de place pour l'imprévu, et entre les motifs de l'exposition, entre les phrases du développement, entre les périodes de la récapitulation, les a conduits » destinés à relier ces divers fragments ou sections, n'offraient généralement ni beauté, ni expression. Les prémisses une fois posées avec les deux motifs de l'exposition, on connaissait d'avance la conclusion et la façon même dont elle serait amenée, en sorte que la belle ordonnance de la sonate gardait la ponctuelle et artificielle convention d'une discussion académique.
Beethoven a accepté la forme de la sonate, mais il l'a profondément modifiée, dans sa structure et dans son esprit : il l'a dépouillée de tout son dogmatisme et lui a donné en revanche toute l'éloquence dont elle était susceptible. Il n'est aucune loi du genre qu'il ait rejetée une fois pour toutes, aucune non plus qui soit restée intacte entre ses mains. Sur trente-deux sonates de piano ', treize ont quatre mouvements' parmi lesquels il arrive cependant que l'adagio manque^ ou constitue seulement une sorte d'introduction
1. Non compris les sonatines de 1784, la sonatine inachevée à Eléonore de Breuning, et la sonatine à quatre mains (op. VI).
2. Op. II, no I, 2, 3; VII; X, n» 3 ; XXII; XXVI; XXVII, n» I ; XXVIII : XXXI, n» 3 ; CI ; CVI ; CX.