‹ BeethovenChapitre 29 sur 61 · I. Op. XXXI, n" 2, ex · texte numérisé non relu

I. Op. XXXI, n" 2, ex

qui paraissent écrites pour la voix et auxquelles manque à peine la parole ^ De là enfin des œuvres entières comme les deux sonates op. XXVII, où la fantaisie se donne libre cours sans plus se soucier des cadres traditionnels, et dont le titre même : quasi una fantasia, nous dit qu'il s'agit bien d'une improvisation, puisqu'en allemand fantasiren signifie improviser.

Ainsi, Beethoven ne voit pas dans la formesonate une sorte d'immuable armature, bonne à soutenir n'importe quelle construction sonore : il y cherche comme un appareil de dialectique musicale, permettant, selon une formule chère aux philosophes de son pays et de son temps, de poser la thèse, puis l'antithèse, et de conclure soit par l'affirmation de l'une ou de l'autre, soit par une synthèse. Nous rencontrons sans doute ici la raison pourquoi Beethoven, surtout vers la fin de sa carrière, a introduit dans les développements de la sonate une forme musicale qui, jusqu'alors, lui restait étrangère •. la fugue. Par ses trois ou quatre entrées successives de même motif sur des deerés divers de la gamme, par la rigueur plus ou moins absolue de ses réponses et de ses imitations, par le caractère pressant de ses déductions, le style fugué exprime admirablement, selon les

Page 1