I. Op ex, CXI
thèjnes auxquels il s'applique, soit le lent eavahisseîTient de l'ànie par nue pensée d'abord isolée qui peu à peu vient occuper tout le champ de la conscience, soit la conquête méthodique et irrésistible de l'esprit par une volonté que sa force impose. Les passages des sonates, trios, quatuors, symphonies, où Beethoven a fait usage de la fugue plus ou moins libre admettiaient, je crois, sans effort, l'une de ces deux interprétations et peuvent se ramener à l'un de ces deux types. On remarquera |que le second seul se présente dans les sonates : on n'y trouve pas de ces fugues lentes comme au début du quatuor en ut dièze mineur, où la nature des instruments permet les tenues prolongées ; on n'y rencontre que des fugues d'un mouvement plutôt rapide, telles que pouvait les permettre la sécheresse du piano, surtout à l'époque de Beethoven, partant des fugues « volontaires » plutôt que des fugues « mélancoliques. » Il est remarquable d'ailleurs que, dans ses sonates, Beethoven, le grand maître des contrastes, emploie toujours ces fugues après un morceau ou un passage, où il a semblé succomber au poids de la tristesse' comme si, après une crise de lassitude et d'abattement, il ramassait toutes ses forces et concentrait toute son énergie pour triompher