I. Ce suraoïn poétique lui a été donué tardivement par
LES SOWATES loi
premier mouvement est une mélodie lente, presque immobile, reposant sur de larges harmonies, soutenue par de calmes arpèges et où l'on ne trouve pas trace de la forme-sonate. De même, on passe sans interruption à l'allégretto, qui n'est pas un menuet, qu'on pourrait appeler un scherzo triste, si les deux termes ne juraient. La forme-sonate se retrouve, avec ses articulations et ses conventions tonales, mais allongée d'une coda, dans le dernier mouvement, dont la passion précipitée contraste d'une manière si dramatique avec la méditative rêverie du début.
Ecrite en 1801, publiée en 1802, la quinzième sonate, op. XXVIII, en ré majeur, a reçu le titre de pastorale justifié seulement par la danse paysanne qui constitue le rondo final : que des sentiments agrestes ou des images champêtres aient inspiré Beethoven dès 1801, sept ans avant la terminaison de la symphonie pastorale, il n'y a rien là d'impossible, puisqu'une esquisse de 1799, conservée à Berlin, porte le thème varié du cinquième quatuor * avec la mention : pastorale.
Les trois sonates, op. XXXI, en sol majeur
Ludwig Rellstab : souvent Beethoven improvisait le soir, sans lumière ; peut-être y a-t-il dans ce symbole un souvenir.
I. Sous une forme un peu difF<'rente de la forme définitive. Ce thème est en ré majeur (ton de la quinzième sonate), dans l'esquisse et dans le quatuor.
loa BEETHOVEN
ré mineur et mi ])émol majeur sontîes premières que Beethoven ait publiées après avoir dit, vers la fin de 1802, à son amiKrumpholz : « Désormais, je veux marcher dans une nouvelle voie*. » A vrai dire la sonate en sol avec l'humour capricieux de son premier mouvement, les surabondantes fioritures de son adagio, et les grâces aimables de son rondo, ne justifierait guère une telle promesse : ni par l'inspiration, ni par le style, ni par la technique, elle ne dépasse les sonates op. X ou XIV par exemple. Peut-être, esquissée complètement depuis un certain temps, ne futelle alors que mise au net. Il en va tout autrement de la sonate en ré mineur : accent, forme, style, tout y est en progrès, tout y est nouveau, tout parle le langage de l'émotion la plus directe. Avant de se développer, le thème initial hésite entre le calme d'un lent arpège et un trait agité, saccadé, qui se déroule entin et aboutit à un dramatique dialogue entre le grave et le médium de l'instrument, dont le premier interprète 1 arpège du début. Le second motif de la forme-sonate n'apparaît que très tard, d'une façon épisodique, après un développement déjà étendu : la seconde section, comme la première, débute par des arpèges hésitants, puis, après quarante-