Mes, 146 et suivantes
2. Cf. ce quatuor avec la quatuor de Mozart dans le même ion (Kôchel, n° 4ô4).
(op. XYIIl, n° 6), avec son thème insouciant et allègre, ses reprises traditionnelles de l'exposition, puis du développement, avec sa récapitulation presque pareille à l'exposition nous attarde dans le domaine bien ordonné du bon Haydn. Le calme adagio n'éveille pas non plus de bien sombres pensées et l'ingéniosité de Beethoven ne va guère qu'à taquiner les instruments par quelques contre- temps dans les figures ornementales. Il semble en revanche qu'après tant de sagesse Beethoven ait voulu laisseï libre cours à son caprice, dans le scherzo accentué à contre-temps, et le trio où le premier violon exécute une série de cabrioles. Nous savons qu'après ses accès de gaîté et ses plaisanteries plus ou moins légères, Beethoven tombait en de tristes rêveries : le finale du quatuor en si bémol débute par un adagio, intitulé par Beethoven lui-même la Malinconia, et dont les quarante-trois mesures se poursuivent comme une pensée solitaire, sans but apparent ; puis ia gaîté reprend tout à coup, et entame une sorte de lœndler, interrompu encore par un nuu\.;e passager de mélancolie, mais qui reprend sa course et se termine dans le tourbillon d'un prestissimo.
Six années séparent des quatuors op. XVIII les trois quatuors, op. LIX, commandés par io
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comte Rasumowsky, et à lui dédiés; six années pendant lesquelles Beethoven a aimé et perdu Guilietta Guicciardi, où il a senti la surdité le gagner et écrit le «testament d'Heiligenstadt », six années après lesquelles un amour nouveau, pour Thérèse de Brunswick, lui a rendu la force avec l'espoir, six années qui ont produit la seconde et la troisième symphonies, Léonore, la sonate à Y^Te\iX.zeveX.Vappassionnata, etc. Désormais il n'y plus rien en lui de Haydn ou de Mozart : il est lui-même et va le montrer. A négliger les intermédiaires que nous venons de rappeler, le contraste entre le sixième et le septième quatuors serait inexplicable.
Si, comme les autres, le septième quatuor (op.LIX, n° I, en /<2) est écrit en forme de sonate, pour la première fois dans l'histoire de ce genre l'exposition n'est pas répétée*. Mais, après une feinte reprise de quatre mesures, le développement commence, et la troisième partie, elle aussi, ne reproduit la première que d'une façon fort approximative. Beethoven, rejetant tout souci des formules traditionnelles s'abandonne tout entier au fil de la rêverie. Seconde hardiesse : le quatuor n'a pas de menuet, mais un allegretto scherzando à 3/8, où les rythmes d'une danse