‹ BeethovenChapitre 40 sur 61 · I. Cf. Sonate appasionnata · texte numérisé non relu

I. Cf. Sonate appasionnata

LES QUATUORS iSg

semblent interrompus par des souvenirs et des regrets. U adagio molto e mesto dépasse de beaucoup ceux que nous avons rencontrés jusqu'ici dans les quatuors : le thème, dont la beauté ne saurait s'analyser en quelques mots, amène en se développant une de ces puissantes effusions lyriques, que l'on retrouve dans le trio à l'Archiduc (op. XGVIl) ou la sonate de violoncelle op. GII (n" 2). Enfin, dans la polyphonie mélodique de cette page émouvante, chaque voix a conquis son indépendance et chante son propre chant. Tout à coup le développement semble se perdre dans un long trait de violon, pareil au vol d'un oiseau égaré, mais qui se fixe bientôt par un long trille sur la dominante, tandis que le violoncelle, qui avait déjà attaqué le premier morceau, atta([ue le finale par un « thème russe » fortement rythmé, dont les quatre premières notes sont celles du premier mouvement. Rencontre inconsciente ou procédé réfléchi, cette parenté mélodique relie fortement l'une à l'autre les deux parties extrêmes du quatuor, tandis que Beethoven dépense dans ce finale une verve rythmique, inépuisable en figures et combinaisons originales.

Le premier mouvement du huitième quatuor (op. LIX, n° 2, en mi mineur) se rapproche bien davantage de la forme classique. En revanche,

Vadagio con molto di sentimento chante, après une introduction de huit mesures en manière de choral, une des plus sublimes rêveries que Beethoven ait jamais exprimées. Elle lui fut inspirée, disait-il, par l'aspect d'une nuit étoilée : si douloureuse qu'elle soit, elle a bien le calme d'une contemplation où elle finit par s'anéantir. 'Vallegretto en mineur, qui la suit, repose sur un rythme den plus curieusement ouvragés :

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Son trio, en majeur, a pour motif un « thème russe » où semble sonner un écho de chasse et que chacun des quatre instruments fait entendre à son tour, tandis que les autres l'ornent de broderies. Pour les reprises, voici l'indication donnée par Beethoven : Da Capo il minore ma senza replica ed allora ancora una volta il trio e dopa di nuovo da capo il minore senza replica^ ce qui donne la forme S {bis), T (bis). S, T, S^,

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