ET NOMS QU'JL A PORTÉS
viennent, convertis au catholicisme avant l'an 317(1), ce qui leur permet une assimilation plus prompte et une fusion plus commode avec les peuples chez lesquels on les voit s'installer. — Semblables à un essaim qui s'est mis à la recherche d'une ruche nouvelle, ils errent, pendant l'espace de 5ou6ans, allant et venant, du nord au midi, s'étendant et se fixant, enfin, dans leur nouvelle patrie, vers l'an 413 ou 414.
Leur royaume se forme peu à peu, et dès l'an 500 de Jésus-Christ, environ 86 ans après leur entrée dans les Gaules, sous le règne de leur roi Gondebaud, il tient : « du Septentrion aux provinces d'Alsace, de Lorraine et de Champagne ; du Midi à la Méditerranée ; de l'Orient au Rhin et aux Alpes; de l'Occident aux montagnes d'Auvergne, orné et arrosé par les rivières de Seine, d'Yonne et de Loire, de Sône et de Rhône (2). »
Nous pouvons encore raisonner ici comme nous l'avons fait pour les colons de Constance-Chlore, et nous disons, sans témérité aucune : qu'étant enfermés dans les frontières des anciens Burgondes, nous avons dû être occupés par eux dès leur entrée dans les Gaules. Il est peu probable, en effet, qu'ils n'aient pas remarqué, tout au début, la richesse et la fertilité du sol béréen, où ils durent retrouver au moins les vestiges de la colonie attuarienne, installée elle-même, il y a lieu de le croire, dans les anciens
(1) DoM Plancher, vol. I, p. IG el suiv.
(2) Id., vol.I, p. 27.
34 ORIGINES DU VIFXAGE DE BEIRE
établissements des Romains, qui s'étaient emparés des possessions celtiques.
On sait que la monarchie bourguignonne, qui ne dura que 120 ans, de l'an 414 à l'an 534, fut réunie à la couronne de France par le succès des armes des fils de Clovis sur Godomar, cinquième et dernier roi desBurgondes, qui disparut alors. — Les princes français, Glotaire et Childebert, qui l'avaient battu, s' associant leur frère Thierry, se partagèrent la Bourgogne, qui resta désormais française.
Après avoir démontré que. selon de très grandes probabiUtés du moins, Beire dut successivement être occupé par les Celtes, les Romains, les Attuariens et les Bourguignons; qu'en 534, il devint français avec la province de Bourgogne partagée entre les fils de Clovis, nous allons, ne nous appuyant plus sur de simples conjectures, mais sur la Chro7iiqiie de Vahhaye de Bèze, démontrer d'une façon tout à fait positive, que les origines écrites du village de Beire remontent certainement à l'an 630 de notre ère; qu'il y a même lieu de présumer qu'il existait bien avant cotte date.
Jusqu'ici des hachettes celtiques, des urnes funéraires, de vieux débris d'armes, une ancienne voie perdue au milieu de nos guérets, quelques pièces de monnaie romaine remontant aux premiers siècles de l'ère chrétienne, ont été les seuls lémoins qu'il nous ait été possible d'interroger sur les origines de Beire. Désormais, nous allons ouvrir les vieux carlulaires de l'antique monastère de Saint-Pierre de Bèze, que la plume d'un saint religieux a su préserver de l'oubli. Recueillons avec un
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pieux respect ce qu'ils vont nous apprendre : interroga majores et dicent tihi...
V. — Fondation du monastère de Bèze. — Beire fait partie de sa dotation.
« Pendant la période du moyen-âge, nous dit Victor Dumay, ancien maire de Dijon, dans la notice qu'il consacre au bourg de Bèze, et qu'on trouvera à la fin du quatrième volume de la réédition de Courtépée, pendant la période du moyen âge, dit-il, où les moines savaient seuls écrire, et où, comme possesseurs presqu'exclusifs du sol (qu'ils avaient, d'ailleurs, en partie défriché), ils avaient seuls intérêt à conserver la mémoire des événements, on conçoit que l'histoire d'une localité ne saurait être autre que celle des monastères qui y étaient étabUs, Aussi est-ce dans la chronique et les riches archives de l'abbaye que l'on puisera les faits relatifs au bourg de Bèze; leur exposé aura l'avantage de présenter en même temps à peu près le tableau général des mœurs de l'époque. » — Ainsi feronsnous pour l'imporLant viUage dont nous nous occupons en ce moment, et c'est à la Chronique de Bèze que nous emprunterons une partie des faits que nous allons raconter.
Mis en ordre, depuis la fondation du monastère jusqu'au commencement du xif siècle, et rédigé par Jean, moine de Bèze, le manuscrit en fut déposé à la bibliothèque royale. Il parut ensuite dans le Spicilegium de dom Luc d'Achery que l'abbé Migne a reproduit, assez fidèlement, dans le 162^ volume de sa Patrologie. Nous l'avons confronté, au
36 OUIGINES DU VILLAGE DE BEIRE
reste, en ce qui concerne Beire, avec l'exemplaire gardé aux archives de la Côte-d'Or, et que l'abbé Bougaud, vicaire général d'Orléans, avait fait collationner, avec le plus grand soin, sur le manuscrit de la Bibliothèque royale. C'est à ce document précieux que nous emprunterons les principales citations que nous aurons à faire à l'appui de ce que nous avancerons.
Donc le moine Jean, qui était probablement originaire de Bèze, après nous avoir donné de ce lieu une description peut-être un peu flattée, — du moins selon nous ; mais nous aurions tort d'oublier que la jeunesse du saint et pieux religieux avait été en quelque sorte bercée dans le calme et la paix du monastère dont il écrivait la chronique, et qu'il lui avait voué toute âon affection, ainsi qu'il nous le dit lui-même : « Nos Besuenses sacrai monastcrii a paruulo liahitatores et amatores (1) », — le moine Jean, disons-nous, raconte dans sa chronique, comment se lit la fondation du monastère de Bèze. C'est l'analyse fidèle de son manuscrit, reproduit par l'abbé Migne, que nous allons donner ici :
Amalgaire ou Amalgar, duc amovible de Bourgogne, comte des Attuariens, époux d'Aquiline, eut trois enfants : Amalric, l'aîné, qui recueillit son duché ; Wualdalène ou Waldalène, pi:emier abbé de Bèze; et Adalsinde, abbesse du monastère de Battan, près de Besançon, canonisée depuis.
(1) MiONE, PalroL, vol. clxii, p. 801
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Le duc et son épouse confièrent leur second fils à la direction de saint Colomban, alors abbé du monastère de Luxeuil, le plus florissant par sa piété de tous ceux de la Bourgogne et des Gaules. Ensemble ces deux époux résolurent de fonder, au lieu appelé la Fontaine deBèze, fons Besua, un monastère d'hommes, l'offrant à Dieu sous le protectorat ou voftable des saints apôtres Pierre et Paul. Waldalène fut mis à la tête de la jeune abbaye, qui suivit d'abord la règle de saint Colomban. Mais, selon M. Victor Dumay, elle ne la conserva que jusque l'an 834, époque où elle embrassa, à la suite de la réforme prescrite par Albéric , évoque de Langres, celle de saint Benoît (1).
La dotation de l'abbaye de Bèze consista, avant tout et en premier lieu, dans le village de Bèze avec toutes ses dépendances. Que fallait-il de plus, dit le moine Jean? Amalgaire l'ayant ainsi dotée, lui avait donné son fils pour la diriger; il ne s'était absolument rien réservé du susdit village de Bèze « Quid plura'^ Waldalenum ahhatem ibi prœficit, etc. » Il semble donc qu'il ne devait rien faire au delà. Néanmoins, continue le moine chroniqueur, voulant de tous ses efforts, omni adnisu, enrichir et rendre indépendant le monastère où il avait placé son fils, il lui donna les nouvelles terres et dépendances dont les noms suivent, savoir : Vetiisvineas, Viévigne; Syluas Tilerias, les forêts voisines de la TiUe; Beriam, Beire ; Tregias, Treige;
(1) Victor Duuay, Notice sur Bèze.
;»S ORIGINES DU VIIXAGE DE BEinE
Cipetum,S^OY\ Buxatellum,B\iitevLU, lieu actuellement détruit, mais dont il est souvent fait mention dans quantité de chartes de l'abbaye jusqu'au XI" siècle; c'est là que sont situés les bois communaux de Beire ; Vendovcram, Véronnes ; Blaniacum, Blagny; Marcenniacumcum vineis XII, Marsannay avec douze pièces de vignes ; aimd Cocheiacam vineas non minimœ qiiantilatis, à Gouchey autant de vignes qu'il en avait été donné sur le territoire de Marsannay... (1).
Enfin, pour abréger cette longue série de citations, et laisser de côté quantité de noms propres que nous n'avons pas osé traduire dans la crainte de nous tromper, disons qu'à la liste de ceux que nous venons d'enregistrer nous pouvons ajouter, d'une façon à peu près certaine, ceux de Vosne, de Beaume, de Saint-Pierre-de-Dijon, de Longvic, de Chenôve, de Gevrey, où s'était complétée, par les largesses du duc Amalgaire, la riche dotation de l'abbaye de Bèze. C'est peut-être aussi à cette époque qu'il faudrait faire remonter l'origine du clos de Bèze, situé, nous dit-on, au milieu des fins et renommés vignobles de Gevrey. — Observons que tous les villages que nous venons de citer doivent bénéficier des conséquences que nous allons tirer en faveur de celui qui nous occupe plus spécialement.
Ainsi donc, Beire-le-Chàtelfit, au début, très positivement partie delà dotation de l'abbaye de Bèze.
(1) MiGNE, VnlroL, vol. CLXII, p. 8G3.
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Or, selon le savant Mabillon, l'époque de la fondation de ce monastère doit être fixée à l'an 630, sous le pontiticat d'Honorius T' et le règne de Dagobert I", Berlhoald ou Berthold étant évoque de LangTes(l). — Mais pour que, dès l'an 630, Beire fût donné par le duc Amalgaire à l'abbaye de Bèze, il fallait bien qu'il existât déjà avant ce temps, car, si humble que nous puissions supposer qu'était alors ce village, il ne s'était pas formé la veille de la fondation du monastère pour faire partie de sa dotation le lendemain.
Il résulte de ce que nous venons de dire que la commune de Beire, qui fut probablement tour à tour habitée par les Celtes, les Bomains, les Altuariens et les Bourguignons, fit, à ne pas en douter, partie, dès l'origine de la fondation du monastère de Bèze, de sa princière dotation, et qu'elle y figura, l'an 630, sous son nom latin de Beria, qui fut la première des nombreuses dénominations qui lui furent données dans la suite.
La narration du moine Jean suffirait à elle seule pour établir que notre beau village a des origines très anciennes, et au besoin nous pourrions en rester là sur ce premier point. Mais les monuments écrits, qui remontent aux âges dont nous nous occupons, sont tellement rares et précieux, que nous ne saurions passer sous silence une autre pièce, moins vieille de vingt ans seulement, que nous avons trouvée dans la Chronique de Bèze, et où le
(1) DOM Pla>-cher, vol. I, 102.
nom de Beire va figurer pour la seconde fois. Cette pièce est une ordonnance royale, munie de ses sceaux, de l'an 058, qui authentiquera, d'ailleurs, et confirmera de point en point la relation que nous venons de faire. Elle lui donnera, si la chose est possible, un caractère de véracité plus positif encore. Mais avant d'en donner l'analyse ou le résumé fidèle et succinct, quelques préliminaires nous ont paru nécessaires, et nous les donnons ici :
Le monastère de Bèze avait été fondé par le duc de Bourgogne, Amalgaire lui-même, et Aquiline son épouse, qui l'avaient ensemble magnifiquement doté. Waldalène, leur fils, l'ancien disciple de saint Golomban et le frère de sainte Adalsinde, en avait été institué l'abbé. Il semble donc que cette abbaye ne pouvait prendre naissance dans des conditions plus favorables sous tous rapports, et que chaque chose devait admirablement y prospérer, spirituellement et temporellement. Mais l'abbé "Waldalène devait, quelques années plus tard, assister à la ruine complète de son monastère; car, à la mort d' Amalgaire, des troubles suivis d'une guerre plus que civile (nous empruntons ici les propres expressions du moine Jean) ayant éclaté en France, il advint que le monastère de Bèze, né d'hier, fut envahi et tellement ruiné, qu'il perdit et les titres et les diverses chartes qui lui garantissaient la paisible possession des largesses que le duc et autres personnes pieuses lui avaient faites (1).
(1) MlGNE, Putrol., vol. CLXn, p. 8CC.
ET NOiMS QU'lI< A PORTÉS 41
Toutefois, si l'abbé Waldalène avait eu l'extrême douleur de voir son monastère entièrement détruit, une joie des plus consolantes lui était réservée, et il devait bientôt assister à sa complète résurrection : en effet, les troubles qui désolaient la France ayant cessé, et des jours plus calmes s'étant levés, il se mit en rapport avec Sichelm, alors duc de Bourgogne, « tmn in Burgundia ducatum agente ». Il lui fit une relation exacte de l'état dans lequel se trouvait son abbaye, relation confirmée, d'ailleurs, par le témoignage écrit et l'autorité des hommes importants de cette époque. Puis, assuré du haut patronage de ce puissant seigneur, il se rendit à la cour du roi Clotaire, troisième du nom, alors mineur et sous tutelle, racontant à ses ministres tout ce qui lui était advenu. C'est à la suite de cette audience qu'il obtint l'ordonnance royale qui fait l'objet de notre dissertation.
L'abbé s'était mis en route, probablement porteur ou s'étant fait au moins précéder d'une lettre que le duc Sichelm avait écrite aux maires du palais Pveidebert, Ghrodebert et Emérulfe, afin de leur exposer l'état de la question. Par cette lettre, datée du jour des calendes d'octobre, Clotaire régnant, « régnante domno nostro Clotario rege, anno Vil » laquelle est revêtue des signatures des principaux personnages de la cour du duc de Bourgogne, ainsi qu'on pourra s'en assurer en lisant le recueil du moine Jean, ce prince priait les maires du palais de présenter au roi, alors sous la tutelle deBathilde sa mère, la supplique de l'abbé de Bèze, afin que justice lui fût rendue. Elle contenait tous les détails
42 OUIGINES DU VILLAGE DE BEIRE
que nous venons de donner sur la manière dont le monastère avait été doté et sur la façon dont il avait été récemment pillé. C'est à la siute de cette démarche collective de Waldalène et de Sichelm que fut rendue l'ordonnance royale qu'il nous faut maintenant analyser, et où Beire va figurer pour la seconde fois, avec son ancien et premier nom de Beria. En voici la teneur dans son résumé le plus exact.
« Clotaire,roi des Francs, à illustre homme Sichelm, duc. Nous savons que le roi des cieux de qui relèvent tous les souverains, qui n'est soumis à aucun empire et qui règne sur les trônes de tous les anges, protégera le royaume que nous tenons de lui, si nous honorons les sanctuaires des saints par nos pieuses largesses, ou si nous confirmons par notre autorité royale celles qui déjà leur ont été faites.
« Donc vénérahle homme Waldalène, ahbé, s'étant présenté devant nous, et ayant rappelé, à la gloire de notre règne, que son père Amalgaire et Aquiline, sa mère, élevèrent jadis par amour pour Dieu, de leurs propres biens, un monastère appelé la Fontaine de Bèze « nuncupaium fontem Be~ suam », au canton desAttuariens, en l'honneur des saints apôtres Pierre et Paul ; qu'ils y établirent des moines sous la règle de saint Colomban ; mais qu'en ces derniers temps , des hommes impies, ayant envahi ce saint lieu, si soigneusement doté, le dépouillèrent entièrement, et en firent disparaître les titres mêmes qui servaient à lui assurer les biens (ju'il avait reçus à l'époque de sa fonda-
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tien et depuis, d'où il advint que le susdit abbé demanda, par votre intermédiaire, que notre souverain pouvoir confirmât, par une ordonnance royale, le monastère de Bèze dans la possession paisible de tout ce dont il jouissait précédemment;
« Sachez donc qu'ayant à cœur notre salut, nous lui avons accordé la faveur qu'il nous demandait. Nous ordonnons, en conséquence, que tout ce qui lui avait été conféré par Amalgaire et Aquiline, ses père et mère, et autres personnes pieuses et craignant Dieu, rentre en sa puissance , qu'il l'ait, le possède et le tienne, maintenant et dans les temps à venir « habeat, tencat et possideat, et nostris et futuriSyDeo auxiliante, temporihus », savoir : Bèze avec toutes ses dépendances en terres, maisons, bois, etc. ; Viévigne avec ses dépendances et ses forêts; les forêts des bords de la Tille; Beriam, Beire; Treige ; Spoy ; Butteau ; Véronnes ; Oisilly ; Blaguy; Marsannay avec douze pièces de vignes ; autant de vignes à Couchey; huit pièces de vignes àBeaune ; des terres et des vignes àVosne; des terres sur les fmages de Dijon, de St-Pierre du même lieu et de Longvic ; une grande quantité de vignes sur Gevrey « in Gibriaco »; Autrey; Talmay; Jancigny. »
Ces trois derniers villages ne figuraient pas dans l'acte de donation de l'an 630. En retour, nous avions oubhé d'y faire paraître Auxiliacum, Oisilly, qui y est désigné après Véronnes. — Nous avons aussi écarté, comme dans la traduction que nous avons donnée de la relation du moine Jean, relative à la fondation du monastère de Bèze, tous les noms qui nous étaient inconnus et qu'il nous eût été difficile
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de traduire sûrement. Mais nous avouons que c'est bien à regret qu'il nous a fallu garder le silence sur un groupe assez important de localités qui ont, d'après l'ordonnance de Clotaire, des origines aussi anciennes que les nôtres. Espérons qu'un jour la Chro7iiqiie de Bèze^ si intéressante pour nos contrées, trouvera enfm un érudit de bonne volonté, qui sera mieux renseigné que nous sur tous ces noms propres, et qu'il nous en donnera une traduction que nous attendons.
L'ordonnance royale dont nous venons de donner le résumé analytique est, comme on a pu le remarquer, la collation exacte du terrier primitif de l'abbaye de Bèze, sous la réserve des nouvelles donations qui lui avaient été faites depuis l'époque de sa fondation.
Cette pièce si précieuse pour établir nos origines écrites, et que le moine cbroniqueur avait eue entre les mains, fut revêtue de la signature et du sceau de Clotaire. Il avait ordonné, selon le style employé alors par la chancellerie de son palais, — n'oublions pas qu'il était sous la tutelle de sa mère, — que l'une et l'autre fussent apposés au bas de son ordonnance, afm qu'à tout jamais elle sortit son plein effet. La copie, gardée dans la Chronique de Bèze, termine par ces mots : « donné au 'mois d'août, l'an de l'Incarnation de Notre-Seigneur 058, indiction première, l'an VHP du règne de Clotaire. Fait à Nîmes. Actum Nemanso féliciter » (1).
(1) Mif.Ni', Patrol., yo\. VA AU. p. 8r,7 et suiv.