IV. — Epoque bourguignonne
Dom Plancher, que nous avons déjà cité plus haut, s'appuyant sur le témoignage de Pline l'ancien, qui écrivait l'an 77 de Jésus-Christ (1), fait descendre les Bourguignons des Vandales et des Germains. 11 les place d'abord sur les rives de la Vistule (Poméranie actuelle), où fut le siège de leur première grande station, et d'où ils furent chassés par Fastida, roi des Gépides, vers l'an 245. — Il nous les montre ensuite cantonnés, à la même époque, entre l'Elbe et le Rhin, séparés de ce dernier fleuve par les Allemands, avec lesquels ils ont de continuelles difficultés à cause de leurs frontières, de leurs fontaines et de leurs salines. — L'empe-
(1) Vol. I, p. 12 et suiv.
reur Valentinien, profitant de ce désaccord, les appelle à son secours contre ces derniers. Et, vers l'an 370, on les voit, à la suite de cette requête, se mettre en marche et se diriger sur les bords du Rhin avec une armée forte de 80,000 hommes, preuve irrécusable de leur importance à cette époque. Mais cet empereur, pour des raisons de politique sans doute, leur ayant manqué de parole et ne s'étant pas trouvé au rendez-vous convenu, ils se retirent et rentrent mécontents dans leur pays, d'où ils ne sortent plus que pour venir se fixerdans les Gaules, ne redoutant, d'ailleurs, ni les Romains qu'ils boudent, ni les Allemands dont ils continuent à se faire respecter, ayant, en cas d'attaque, des forces suffisantes à leur opposer.
Vers la fin de l'an 406 ou au commencement de 407, excités par Stilicon, général des troupes romaines, qui soulevait secrètement les barbares contre l'empire, on les voit s'ébranler enfin, et traverser le Rhin, entraînés qu'ils sont par l'exemple des Alains, des Suèves et des Vandales ; non poussés, comme on l'a généralement cru, par les flots débordés d'autres barbares : ils avaient des forces très considérables, ainsi que nous venons d'en faire la remarque, et ils étaient en état de se défendre. Mais ils voulaient avant tout s'agrandir et devenir maîtres de pays phis vastes et plus fertiles (1).
Ils arrivent dans les Gaules en véiitable corps de nation, et avec leur organisation complète. Ils y
(t) DOM PLANCHliF», vol. l,p. 24.