USAGES ANCIENS
damnez en trois solz au pmlTict des sieur et Dame de Bère. » — C'était une mesure de police excellente : en même temps (ju'ello sauvegardait les droits du seigneur, elle donnait à l'habitant, qui en avait besoin alors, l'esprit d'ordre et de travail. — André de Baissey et Anne de Saulx étaient à cette époque, 1568, seigneurs de la Chaume et de Beire.
4° Il y avait encore, chaque année, une visite de la prairie avant la fauchaison. Et personne n'avait le droit de mettre la faux dans son pré, avant l'ouverture de ce qu'on appelait le ban de fauchaison ; la mesure était sage, attendu qu'en ces temps la prairie était très vaste et excessivement parcellée; de la sorte on fermait la porte à quantité d'abus et de contestations qui pouvaient surgir au moment de la fauchaison.
S" 11 était d'usage, dès l'an 1568, que les habitants allumassent des feux de joie sur la place publique de la Charme, près du Pontot. — Ils se livraient à ces réjouissances deux fois l'an : àla saint Jean-Baptiste et àla saint Barnabe. Nous devons de connaître cet ancien usage au maréchal Army Clopin, dont la déposition est ainsi relatée , dans l'information de 1568 : « Uict aussy ont coustume les habitans dud. Bère de faire des feugs chacun an en ladicte Charme, près le Pontot, es joursdefeste sainct Jean- Baptiste et sainct Barnabe, comme place commune. Le scait pour ce qu'il a ouy dire plusieurs foyes aux susdicts valetz faisant la feste et bachelerye. »
6" Chaque section du village, bien que Beire-le- Chàtel et Beire-la-Ville ne formassent qu'une seule communauté et qu'ils n'eussent qu'un seul et même
PARTICULIERS AU VJLLAGE DE BEIRE 4J5
Jînage, avait, aux dimanches des Bordes ou des Brandons, sa foulière particulière : celle de Beirele-Chàtel s'allumait ru. pâquier Ragot, ei ceWe de Beire-la-Ville au pâquier Saint-Laurent.
7° Enfin, pendant les fêtes de Noël, le village de Beire avait coutume de se livrer à un autre genre de réjouissances appelées la hachelerye, sur laquelle il ne nous est resté aucun détail. Ces réjouissances se passaient dans les lieux indiqués par les valets de la fête, et la permission ou licence de s'y livrer était accordée par le seigneur, en retour de quoi on apportait solennellement la bûche à son foyer.
Voici, en etïet, ce que nous avons trouvé dans une déclaration d'Anne de Saulx, sans date et conservée dans les vieux papiers du château, à l'appui sans doute du procès qu'elle eut à soutenir, dès l'an 1568;, contre André de EJaissey, seigneur de la Chaume. — On verra, dans ce qui va suivre, que les choses se passaient bien alors comme nous venons de le dire : « Et pour la bachelerye es festes de Noël, en recognoissance de quoy ceux qui la font de quelque seigneurie qu'ilz soient doibvent, au son du tabourin ou des instrumens, appourter la souche au feug qui se faict au chastel de ladicte dame, quant elle y est, et en la maison de son procureur (1). »
(1) Archives du ( hàleau.