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sions, qui nous font supposer que cette partie de la communauté de Beire devait réunir un certain nombre de fidèles.
Ainsi qu'on pourra s'en rendre compte , en compulsant les actes de l'état civil , tenus par MM. Claude Gomard, Pasquier Clément, Claude Mon gin et Prudent Brocard, il y avait à Vesvrotte, outre la maison seigneuriale qui était importante : des laboureurs, des vignerons, de simples manouvriers, des couvreurs, des charrons, des charpentiers , des menuisiers , des maçons , des cordonniers. C'était un petit village, et nous n'exagérons pas en disant que, pendant le ministère des curés dont nous venons de citer les noms, Vesvrotte formait certainement, à partir de 1628, le cinquième environ de la population de Beire. Cette proposition est conlirmée , en outre , par les cinq listes des feux de la paroisse des années i315, 1B97, 1400, 1431 et 1469.
Aussi, dès l'an 1004, sous le règne du roi Robert et le pontificat de Jean XIX, y avait-il déjà une cliapelle au hameau de Vesvrotte : Milon — probablement ce chevalier de Beire, de villa quœ dicitur Beria, auquel les moines de Bèze concédèrent, 11 ans plus tard, et à titre de services militaires, la tierce partie des revenus de l'église Saint-Laurent de Beire, — ayant accaparé cette chapelle , les religieux de Saint-Etienne de Dijon auxquels elle appartenait en appelèrent à Brunon, alors évéque de Langres qui, dans une assemblée solennelle tenue à Dijon (1004), ordonna à l'accapareur , sous peine d'excommunication, d'avoir à se dessaisir de ladite cha-
pelle et de ses dépendances (1). — L'ordonnance épiscopale de Brunon fut rédigée par Eldulfe, prêtre, à la requête d'Airard, chancelier de Saint-Mammès. Elle porte la date des Ides de novembre, l'an X du règne du roi Robert (100(3). Le nom de Milon n*y figure pas, mais en revanche on y trouve cette note précieuse, que : les chanoines de Saint-Etienne possédaient légitimement cette chapelle depuis très longtemps, ex antiquitate canonica, du consentement des prédécesseurs de Brunon ; ce ({ui donne, on le voit, des origines bien respectables à la chapelle et au hameau de Vesvrotte. On trouvera la copie de cette pièce parmi les preuves de l'histoire de l'église Saint-Etienne de Dijon, preuve n''70 (abbé Fyot).
« Le deuœiesme » jour du mois d'octobre 1494, sous le règne de Charles VIII, Alexandre de Saulx étant seigneur de Beire, on voit Henri Bauldonnier, prêtre de Vavrotte, assister, comme témoin , à la location d'un meix, faite par ce seigneur à Antoine Mercier, ledit meix situé au lieu appelé la croix de la Charme et aboutissant sur Huguenin- Monnet. Ne pourrait-il pas se faire qu'Henri Bauldonnier eût été spécialement chargé du service de la chapelle de Vesvmtte? Assez volontiers les actes de ce temps désignent le curé d'une localité sous le nom de prêtre de cette même localité (2).
(1) Notice manuscrite sur Vesvrotte, par M. Alphonse de Vesvrotte.
(2) Archives du château, terrier de Jean Ciopin, fol. \.
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m — Chapelle de Beire-le-Chdtel.
Il est certain qu'il y avait une chapelle au château de Beire, dès Fan l'i.")?, alors que Robert était seigneur de ce lieu : Il résulte, en effet, d'un accord passé au mois d'octobre de ladite année, par devant Guy, évêque de Langres, entre les moines de Bèze et Barthélemi, curé de Beire, que ce dernier avait droit à la moitié des olîrandes qui se faisaient dans la chapelle du seigneur de Beire « in capella domini de Bera » (1).
On peut nous objecter que la chapelle dont il est ici question était peut-être celle qu'occupait le seigneur de Beire dans l'église paroissiale. Mais nous n'en maintenons pas moins ce que nous venons d'avancer ; et à l'appui de notre affirmation, nous allons citer un procès-verbal de la bénédiction de la chapelle du château de Beire, qui eut lieu le dimanche, 20 septembre 1682, par le ministère d'Etienne Buisson, prêtre et chanoine de la chapelle cm Riche de Dijon, délégué à cet effet par ^'abbé Carteron, vicaire général de Langres. Cette bénédiction qui se lit à la requête de Michel Badoux , chevalier, conseiller du roi en ses conseils, président de la Cour des comptes de Bourgogne et de Bresse, seigneur de Beire-la- Ville, de Beire-le- Châtel en partie, de la Rue, etc., fut donnée à 10 heures du matin, en présence : de M. Girardot, curé
{\) Archives d*» \\ riùiu-J'Or, copies des titres de la Chronique de lièze.
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de Broignon: du R. P. Antoine de Badoux, de la Compagnie de Jésus; de M. Etienne Sayve, écuyer, seigneur de Vesvrotte et de Combertaut, eL de plusieurs ecclésiastiques. — Ladite chapelle « con-
struitte et restahlie sur les miciens fondements
à main droite en entrant audit château, bien blanchie, pavée et ornée de beaux tableaux de dévotion, sur laquelle il y a une grande galerie, etc. », fut mise sous la protection particulière de saint Michel-Archange (1).
En 1842, elle fut réparée avec un goût exquis par M. le baron Louis-Edouard de Salvaing de Boissieu. Il y repose maintenant à côté de la digne épouse qu'il n'avait cessé de pleurer toute sa vie. Hélas! c'est là aussi qu'est allé le rejoindre si prématurément le Passant de la Gazett-e, si tôt enlevé à l'affection de ses amis et à la tendresse des siens ! . . .
Nous inclinons à croire que la section de Beirele-Chàtel, à cause de sa grande distance de l'église paroissiale, et parce que la chapelle du château n'était qu'un oratoire privé, devait aussi avoir sa chapelle de secours. Il n'en reste absolument rien et nous ne saurions, même au moyen des traditions locales, en indiquer l'emplacement. — Les anciens du village veulent qu'elle ait été bâtie sur la rue qui aboutit à la petite place de la Croix de la Charme, près du puits communal et non loin de l'ancien four
(1) Archives du chûteau, voir le procès-verbal à la fm du terrier de 1379.
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banal. Mais il n'en reste, nous le répétons, qu'un souvenir gardé à la fois et par la tradition et par le nom même de cette rue qui s'appelait jadis la rue de la Chapelle.
Quoiqu'il en soit, il est certain que la paroisse de Beire possédait autrefois, sur un emplacement que nous croyons être celui du meix Barhe actuel, désigné, au seizième siècle, sous le nom do meix de la confrérie, une maison appelée la maison de la confrérie. Elle devait être située dans la direction du petit bras de rivière appelé la Froidière, près de l'ancienne rue des Tanneries. Elle est fréquemment mentionnée dans l'information relative au grand procès entre les seigneurs de Beire et de la Chaume, commencé en 1568 ut dont nous avons parlé dans le chapitre précédent.
Cette maison pouvait bien être la chapelle qui nous occupe, et dont nous avons perdu les traces aujourd'hui. Peut-être aussi que l'ancienne rue de la Chapelle y aboutissait autrefois, car il y a eu de nombreux déplacements dans les constructions établies entre le meix Barbe et la rue en question. — A. la fin du seizième siècle, cette maison de la confrérie possédait un petit domaine d'une importance relative : une note insérée au terrier de Jean Clopin, fol. 238, nous dit que les habitants de Beire avaient vendu les terres de ce domaine à Humbert Grancomin, le pénultième de septembre 1575, lequel ac(]uéreur les rétrocéda à Guillaume de Drée, seigneur de ce lieu, le pénultième jour du mois de novembre 1581'.
L'information de 15G8 nous révèle aussi qu'à cette
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date, il y avait simultanément deux vicaires à Beire : messires Biaise Ruseau et Odot Salbrouhot. Leur présence simultanée dans la paroisse milite évidemment en faveur de tout ce que nous venons de rapporter sur les diverses chapelles de Beire-la-Ville, de Beire-le-Ghàtel et de Vesvrotte.