CHAPITRE VII
Curés qui ont desservi l'église de Beire.
Tout nous fait présumer que l 'église de Beire, ainsi que nous avons déjà eu occasion de le faire remarquer, fut constamment desservie par des prêtres séculiers, et non par les religieux de l'abbaye de Bèze, bien qu'elle fût sous la dépendance de ces derniers, depuis la concession qu'en 830 l'évêque Albéric leur en avait faite. — Remarquons bien que l'évêque de Langres ne leur donna ce sanctuaire qu'à cette date, mais alors avec toutes ses dépendances, ce qui nous fait conjecturer, à bon droit, qu'il existait longtemps avant cette époque, et que jusque-là, au moins, ces religieux n'avaient point eu à s'en occuper. — D'autre part, les dix kilomètres qui séparent Beire du bourg de Bèze s'opposaient à cette desserte, lors même que la règle monastique s'y serait prêtée. — Puis, vers l'an 1015, nous le trouvons certainement sous la direction d'un prêtre ordinaire : s'il eût été religieux, en effet, il est probable que la charte (1015) en vertu de laquelle l'abbé Guillaume consentit à se dessai-
CURÉS QUI ONT DESSERVI L EGLISE DE BEinE 1-25
sir, en faveur du chevalier Milon de Beire, d'une partie des revenus de l'église Saint-Laurent, en ferait mention ; or, elle le désigne sous la simple dénomination de prêtre « nam terliam partem presbyter pro servitio tenebat. » — Qu'eût fait , d'ailleurs, un moine de revenus qui lui auraient été personnels?
Nous serions heureux de dresser ici la liste complète de nos prédécesseurs, à partir du jour au moins où un document écrit nous parle pour la première fois de l'église Saint-Laurent de Beire. Mais la chose nous sera matériellement impossible pour les raisons suivantes : 1° bien que la commune de Beire, mieux partagée que celles du voisinage, possède des registres de l'état religieux assez anciens, ils ne remontent pats néanmoins au-delà de l'année 1628, époque où commença le ministère de l'abbé Claude Gomard ; 2" la Chronique de Bèze elle-même ne saurait nous renseigner avant le XII* siècle : on sait, en effet, qu'avant cette date, les actes des membres du clergé sont simplement signés de leurs noms de baptême. Ils sont assez généralement clos de la sorte : Fait en présence de Jean, prêtre; d'André, moine; de Pierre, chevalier; etc., etc.
Mais à partir du XIP siècle, nous glanerons avec le plus grand soin les noms de nos vénérés prédécesseurs, d'abord dans la Chronique de Bèze, puis dans les anciens terriers du château de Beire. Et dès que nous arriverons à l'année 1628, nous n'en omettrons plus aucun , attendu que nous avons sous la main les registres de l'étal religieux et civil
ii6 CUMÉS gui ONT DESSERVI l/ÉGLlSE UE BEIRE
en même temps, qu'ils ont rédigés pendant qu'ils administraient la paroisse. — Si quelque nouvelle découverte avait lieu plus tard, il serait toujours temps de joindre à notre liste les noms recueillis en dehors de notre glanage,