I. — L'abbc André (W
Le nom de ce prêtre, que nous croyons avoir été curé de Beire, et que nous placerons en tête de notre liste, figure i)our la première fois, vers l'an 1100, selon l'ordre chronologique observé par le moine Jean dans sa Chronique de Bèze, au bas d'un acte de donation, où on voit le chevalier Hugues de Chimissins, venu à ses derniers moments, léguer à Dieu, à saint Pierre et à l'église de Bèze quatre manoirs, dont l'un était situé à Chimissins et comprenait quatre arpents de terre avec une faux de pré. Le chevalier Hugues avait également pris pour témoins de sa donation : Avin de Beire, le chevaher Nerduin, Gaultier de Beire, etc. (1).
Vers l'an 1114, on le voit de nouveau signer, en qualité de témoin, avec Hugues de Chimissins qui n'était pas encore mort, avec Lélérius et ses fils, etc.. et beaucoup d'autres de Beire « et aliorum multorum de Beria », un second acte de donation par lequel Humbert, surnommé le Solitaire, fils d'Arlebald, lègue au monastère de Bèze, à titre de fondation pieuse pour lui et pour ses ancêtres, cer-
(1) Patrol.,\o\. LGXU, p. 953.
tains immeubles situés sur le fmage de Beire et comprenant un manoir avec toutes ses dépendances en prés et en terres cultivées, ledit manoir exempt de toute servitude. Il y avait ajouté deux serfs, le frère et la sœur, Humbert et Rotrude, perpétuellement attachés à cette terre (1).
Le servage dont il est ici question n'était pas l'esclavage proprement dit, que l'Evangile fit peu à peu disparaître. Le colonat attaché à la glèbe, que nous léguèrent les derniers temps de l'empire romain, fut un état intermédiaire entre l'esclavage et la liberté, nécessité par les conditions delà société du IV* siècle où l'on ne trouvait plus que des cultivateurs et des propriétaires fugitifs, et où il fallait imposer de force, à cause des invasions barbares, des maîtres et des possesseurs aux biens de la terre. Les colons furent alors attachés à la glèbe comme les curiales l'étaient au municipe. Ils étaient serfs de la terre, inservientes terrœ, comme disaient les lois romaines. En cas de vente du domaine, le colon y restait attaché et dépendait du nouveau possesseur (2).
Cet état disparut peu à peu devant les chartes d'affranchissement accordées par les seigneurs, et à mesure que la société s'éloigna des temps de trouble et d'agitation.
Mais revenons à l'abbé André : vers l'an 1H9, nous le voyons, une troisième fois, assister en qua-
(1) Patrol., vol. CLXll, p. 967.
(2) Dictionnaire de Cliéruel.
188 CURÉS QUI ONT DÉSSEKVI l'ÉGMSE DE BEIHE
lité de témoin le chevalier NerJuin et Hermengarde son épouse, fille de Hugues de Beire, faisant ensemble au monastère de Bèze, sous forme de fondation, un legs de plusieurs immeubles qu'ils possédaient sur le finage dudit Beire. — Cette fondation était faite pour l'àme de leur fils Walon, ainsi que pour celles de Hugues, leur père, et de tous leurs ancêtres, vivants et morts. Elle consistait dans un manoir dit le manoir Gunter, avec ses dépendances en prés et en terres, auquel étaient attachés un serf du nom d'Etienne et une serve appelée Osana, avec sa sœur.
Pour donner une force plus grande aux dispositions qu'ils venaient de prendre, le chevalier Nerduin et sa femme déposèrent, selon l'usage du temps , un morceau de pierre sur l'autel de l'abbaye, en signe de la tradition et de l'investiture des objets par eux légués. — Cet acte où l'abbé André ne figure toujours qu'avec son simple titre de prêtre « Signum Andreœ preshyteri, » est revêtu des signatures du chevalier Nerduin, de Milon de Beaumont, d'Hilbert, chevalier de Saulx, de ^Yalon et de Hugues de Chimissins (1).
Disons er»fin, pour en rester là de ces citations que nous avons toutes puisées à la même source, et qui ont l'inconvénient de trop se ressembler, que vers la même époque l'abbé André, qui ne nous a été désigné jusqu'ici que sous son nom de baptême, finit par nous apparaître avec sa dénomination de
(1) Pairo!., vol. CLXII, p. 972.
CURÉS QUI ONT DESSERVI l'ÉGLISE DE BEIRE i 29
curé de Beire « signum Andrece, preshyteri de Beria, » dans un quatrième acte de fondation instituée, toujours dans l'église de Saint-Pierre du monastère des bénédictins de Bèze, par le chevalier Gaultier de Chortoson. — Cet acte porte avec la signature d'André, curé de Beire, celles des frères Walon, Hilbert et Payen, chevaliers du même lieu (1).