II. — L'abbé Humbert (ii3k
De Tabbé André , dont nous avons perdu les traces dès l'an 1119, plus d'un siècle s'est écoulé pour en arriver au ministère de l'abbé Humbert. — Il y a ici une lacune regrettable que la Chronique de Bèze ne nous a malheureusement pas permis de combler. Mais on voudra bien ne pas oublier que nous ne sortons pas de notre rôle ingrat de simple glaneur, et qu'il reste très peu de documents se rapportant à l'époque dont nous nous occupons en ce moment.
L'abbé Humbert fut curé de Beire au commencement du rèfme de saint Louis : on voit, en effet,
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son nom figurer, l'an 1234, dans un traité d'accord passé par-devant maître Ferri de Pontailler, officiai et chanoine de Langres, entre ledit Humbert, prêtre de Beire, d'une part, et l'épouse relicte de Hugues lou Bon (sans' doute Hugues -le -Bon), d'autre part.
La copie de cet accord qu'on trouvera aux archives départementales , dans le recueil des
;i) Patrol., vol. CLXII, p. 97i.
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anciens titres de l'abbaye de Bèze, tome I, page 34, indique assez par les nombreux points de suspension qu'on y remarque , qu'elle fut extraite d'une minute dont quantité de mots avaient dû disparaître. Toutefois l'original, et cela nous suffit pour le sujet que nous traitons, commençait de la sorte : « Maître Ferri de Pontailler, officiai et chanoine de Langres, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en notre Seigneur. Nous portons à votre connaissance qu'un accord fut réglé par-devant nous, entre Humbert, prêtre de Beire, d'une part; et l'épouse relicte... » — Ce document, après avoir stipulé que les parties avaient juré d'observer les conditions du traité, était clos par ces mots : a En foi de quoi ils demandèrent que le sceau de la cour de l'évéché de Langres, ainsi que celui du doyen de Bèze fussent apposés au bas du contrat intervenu. — Fait l'an de Notre Seigneur 1234. ))
ni. — Uabhé Barthélemi (1237).
On peut supposer qu'il fat le successeur de l'abbé Humbert. Il vécut sur la lin du règne de saint Louis; et il fut certainement curé de la paroisse de Beire : cela découle pour nous des deux pièces que nous allons passer en revue :
i° L'an 1257 , au mois d'octobre , un traité fut passé par-devant Guy, évèque de Langres, entre les moines de Bèze, d'une part, et Barthélemi, curé de l'église Saint-Laurent de Beire, curalus sancti Laurentii de Bera, d'autre part, relativement à une maison située à Beire, près de l'église (peut-être
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le presbytère où était la grange des dîmes de Beirela-Ville) (1), et concernant aussi le partage des dîmes de ladite église. — On voit, dans cet accord, que le curé est maintenu dans la possession de la maison en litige , et qu'il a droit à la moitié des dîmes contestées, l'autre moitié revenant aux moines de Bèze. — Cela nous fait assez comprendre, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, que le chevalier Milon de Beire n'avait dûjouir, selon les termes de la charte de l'an 1015, que sa vie durant, du tiers^des revenus de l'église de ce heu, que l'abbé Guillaume lui avait cédé à titre de services militaires.
L'abbé Barthélemi s'engage à payer, chaque année, en deux termes, à Noël et à la Saint- Laurent, cinq sols estevenans, prix de quatre setiers de vin et de quatre cierges que tout curé de Beire, quel qu'il fût, devait offrir annuellement à l'église Saint- Pierre du monastère de Bèze. — C'était, comme on le voit, un droit de patronage que le curé de Beire reconnaissait, sur son église, aux religieux de l'abbaye de Bèze (2).
2° Au mois de mars 1271, le même abbé Barthélemi n'a pas encore cessé d'être curé de Beire : à cette date, en effet, il prend à location de Girard, abbé de Bèze, toutes les dîmes que son couvent prélevait sur le finage de Beire, moyennant vingt-huit émines , moitié blé et moitié avoine , sans autre
(1) Archives du château, informalioa de 15G8.
(2) Archives départementaleâ, anciens titres de l'abbaye de Bèze, vol. I. p. 123.
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mélange, mesure de Bèze. — Il loue, en même temps, moyennant six livres, monnaie de Langres, les droits de patronage de l'abbé sur son église. Le prix, de location est payable en trois termes égaux : à la Saint-Martin d'hiver, à la Pentecôte et à la Saint-Remi. — Ce bail lui est consenti pour sa vie; et le curé de Beire avait sans doute voulu prévenir ainsi toutes les difficultés qu'il pouvait avoir avec les religieux de Bèze (1).