‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 56 sur 174 · V. — F.e clici'ulier Hugues de Beire · texte numérisé non relu

V. — F.e clici'ulier Hugues de Beire

Au temps d'Aviu, dont nous venons de parler, vivait Hugues de Beire, domnus Hugo de Beria. Il avait un fils qui mourut jeune et qui se nommait Garnier. Vers l'an 1105, probablement même un peu avant cette date, si nous tenons état de l'ordre chronologique gardé parle moine Jean, ce seigneur fit, pour le repos de l'àme de son fils, une fondation pieuse au monastère de Bèze. — Cette libéralité consistait en un alleu que ledit Hugues de Beire possédait, dans un lieu appelé le Val-Victoire, au milieu des terres de l'abbaye, 11 le tenait d'un certain Henri, qui le lui avait donné à charge de rente viagère (3).

Le dimanche des Rameaux 1114, ce môme Hugues, chevalier et seigneur de Beire, « domnuë

{{) Palrol., vol. CLXII, p. 989.

(2) Abbé Froï, note 133.

h) Palrol., vol. CI.Xll, p. 957.

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Hugo, miles et dominiis de Beria, >■> so disposant à faire un pèlerinage en Terre-Sainte, se rend au chapitre du monastère de Bèze, avec sa besace et son bâton. Se mettanl à genoux devant les religieux, il les prie de le bénir et de se souvenir de lui dans • leurs prières. Le dit jour, en la salle capitulaire de l'abbaye, et en présence de nombreux témoins, il fait don « à Dieu, à saint Pierre et à Téglise de Bèze, » de deux manoirs, à titre de fondation pieuse pour lui et pour ses ancêtres : l'un situé à Beire, savoir, le manoir Ogier, dont jouissait alors son fils Gaultier, déjà un peir vieux, vetulus, frère du prévôt Etienne, surnommé le Blanc; l'autre, en un lieu appelé « Luccuvtus, » avec toutes ses dépendances, et appelé le manoir d'Otbert de l'Arbre. — L'acte de cette donation portait, avec la signature du chevalier Hugues, celles deNerduin, son gendre; de Hugues àe la Colombe de Beaumont; de Milon du même lieu; et de tous les moines présents au chapitre (1).

Peu de temps après, vers 1119, le chevalier Hugues de Beire, qui avait eu certainement quatre enfants, savoir : Gaulthier le Viellot, Etienne le Blanc, Garnier et Hermengarde, femme du chevalier Nerduin, était mort. — En effet, une charte de cette époque nous montre le chevalier Nerduin, seigneur de Pins, gendre de Hugues et époux d'IIermengarde, donnant conjointement avec celle-ci : « à Dieu, à saint Pierre et à l'église de Bèze, » un

(I) l'alro/., vol. CLXU, p. !>74.

manoir sis à Beire et appelé le manoir Gaulthier, avec toutes ses dépendances, en terres et en prés, ainsi qu'nn serf nommé Etienne, et une serve appelée Osana, avec la sœur de cette dernière Hugues de Beire avait déjcà donné auparavant le serf Etienne au monastère de Bèze. — Cette donation était faite par le chevalier Nerduin et son épouse, pour le repos des âmes de leur fils Walon et du chevalier Hugues, ainsi que pour le profit spirituel de tous leurs ascendants, vivants et morts. — Au bas de cette charte furent apposées les signatures : de Nerduin; de Milon de Beaumont; de Richard; d'Hilbert, chevalier de Saulx; de Walon; de Hugues, chevaUer de Chimissins ; d'André, prêtre ; et d'un grand nombre de moines (1).

Selon l'usage du temps, le chevalier Nerduin et son épouse firent la tradition des objets et des immeubles légués en déposant un fragment de pierre sur l'autel des apôtres saint Pierre et saint Paul, patrons du monastère de Bèze; cette cérémonie était alors le signe de finvestiture accordée au nouveau propriétaire, et elle rendait le contrat irrévocable.

Il advint, néanmoins, que cette donation fut, vers 1147, contestée par Hugues de Magny- sur- Tille et Aldon, fils d'Hermengarde, en ce qui concernait le serl Etienne. Mais les religieux ayant établi'' leurs droits sur ce dernier, ainsi que sur ses fils, les petits-fils de Hugues de Beire se désistèrent

'1) Prt^'o/.,vol. Ci.XIl, p. 072-7:i.

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de leurs prétentions, et eu signe de l'accord intervenu entre eux et les susdits religieux, ils déposèrent le livre des évangiles sur l'autel du monastère. Ils s'engagèrent, en outre, à faire ratifier cet accord par leur mère, ainsi que par leurs épouses, et la cérémonie de la ratification eut lieu à Magny-sur- Tille, où le moine Ponce s'était transporté à cet effet (1).

On a pu remarquer que plusieurs des chartes que nous venons de citer, sont revêtues des signatures des sires de Beaumont. — Il est évident pour nous qu'une fille de Walon, d'Avin ou de Hugues de Beire avait épousé un des seigneurs de Beaumont. Il n'est guère possible d'en douter, lorsque nous voyons, dès l'an 1114, Milon de Beaumont et Adeline, son épouse, donner ensemble, à l'église Saint- Pierre de Bèze, un manoir qu'ils possédaient en toute franchise sur la paroisse de Beire, le jour où leur fils JeolTroy, religieux du monastère, célébra sa première messe (2).

Il nous paraît aussi assez difficile de ne pas admettre l'alhance de famille qui dut exister entre les seigneurs de Beire et Hugues de Chimissins. — Enfin, nous savons qu'Hermengarde, fille du chevalier Hugues de Beire, avait épousé le chevalier Nerduin, seigneur de Pins, dont les fils devinrent seigneurs de ]\Iagny-sur-Til!e. Et il est à remarquer que, i50 ans plus tard, ainsi qu'on le verra lorsque nous parlerons de Bobert de Beire, les seigneurs

(1) P(ilrol.,\'o\. CI.XII, p. 991..

(2) Id., p. 9C7.

ET SES ANCIENS SEIGNEURS 18o

de Magny-sur-Tille possédaient encore un fief sur la paroisse de Beire.

Walon, Avin et Hugues de Beire étaient contemporain?,, à ne pas en douter, et seigneurs de ce lieu, d'après tout ce que nous avons dit précédemment. Il est assez vraisemblable, c'est notre avis du moins, que la seigneurie de Beire, qui devait primitivement comprendre toute l'étendue de la paroisse, fut démembrée de leur temps, c'est-à-dire vers la lin du XI« siècle^ ou au commencement du XIP.

La maison de Beire eut de nombreux descendants ({ue nous allons passer en revue, regrettant que les documents qui nous les font connaître ne nous permettent pas, à cause de leur trop grand laconisme, de les classer comme nous l'aurions désiré. En tout cas, nous suivrons rigoureusement l'ordre chronologique gardé par le moine Jean, le seul guide, avec Pérard, que nous puissions suivre à une époque déjà si éloignée de nous et où le tout petit nombre seulement savait écrire.

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