XXXV. -— FiVMçuis Bailli/ (16G
Par acte reçu Prieur, notaire à Dijon, le 4 avril iOOO, il acheta, moyennant la somme de 52,000 livrer, de Jean-Jérôme Tisserand, abbé d'Auberive, la seigneurie de Beire-la-Ville avec partie de celle de Beire-le-Châtel. — Sa reprise de fief est du 17 du môme mois. Dans son dénombrement, il prend le titre de conseiller au Parlement do Bourgogne, et il y déclare qu'il a droit à cinq parties sur neuf des amendes prononcées contre les liabitants de Beire-le-Chàtel : cela nous indique assez clairement que la seigneurie de Beire, qui comprenait déjà Beire-la-Ville pour le tout, l'emportait de beaucoup sur celle de la Chaume (2).
Les actes religieux de la paroisse de Beire, alors rédigés par inessire Pasquier Clément, nous apprennent que le conseiller Bailly avait au moins un fils et une fille : Nicolas et Anne, qui tinrent plusieurs enfants sur les fonts baptismaux. — Il
(1) D'Aubaumont, La noUcs^e aux Ktcits de liourr/of/ne. (9) PEiNCEDii, vol. Vil, p. 46'.. (Arcli. dcp., B. 10787.)
:24ri LK CIIAIEAU DE DEIHE
avait \)0[xv secrétaire Jacques Joly, probablement le père de Bénigne Joly, le vénérable chanoine de Dijon que Rome va bientôt canoniser. — Son régisseur était Jean Colon, dont nous avons souvent rencontré le nom sur les registres de catholicité de la paroisse de Beire.
L'armoriai de la Chambre des comptes de Bourgogne est muet sur les armes de François Bailly, qui ne fut seigneur de Beire que pendant l'espace de dix-huit ans.
XXXVI, — Michel Bidoux (1678).
Le successeur du conseiller Bailly fut Michel Badoux. — I^e i\ août 1678, il reprit de fief les terre et seigneurie de Beire-la- Ville avec partie de Beirele-Chàtel, que la veille, par acte reçu Houdaillc, notaire à Dijon, il avait acquises du conseiller Bailly, moyennant la somme de 50,000 livres. Il donna son dénombrement le 13 août de l'année suivante. Ces divers actes le qualifient du titre de trésorier général de France en Bourgogne (1).
Il ne posséda cette seigneurie que pendant une vingtaine d'années. 11 dut néanmoins restaurer le château durant le séjour qu'il y fit : cela nous semble ressortir d'un écusson que nous avons découvert à droite de la porte principale , celle du vestibule, sur lequel on lit ces mots : Catherine, fille de M^ Badoux, président. — Il est certain, d'ailleurs, qu'en 1082, il a fait de nombreuses réparations
(1) PEhNCEDK; vol. vu, p. S3a. (Arch. déj»., I>. 108 li.
à la chapelle dudit château, qui fat de nouveau bénite par l'abbé Garteron, vicaire général de Langres, le 6 septembre de la même année. — Il est probable encore que c'est vers cette date que les grands tilleuls, aimés du Passant de la Gazette, auront été plantés par Le Nostre.
D'après l'armoriai de la Chambre des comptes de Bourgogne (1), « il portait de gueules, au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles de même, et en pointe d'une roue aussi d'or. L'armoriai des Etats de Bourgogne met les étoiles et la roue d'argent, ce qui ne serait point conforme à un petit armoriai qui est en la Chambre des comptes.
« Messire Michel Badoux, chevalier, seigneur de la Rue et de Beyre, conseiller du Roi en tous ses conseils, président en la Chambre des comptes, succéda à Etienne Marloud; sur la nomination des héritiers de ce dernier, il obtint de Louis XIV des lettres de provisions données à Chaville, en date du 17 juillet 1G80, fut reçu par arrêt du 26 du même mois. Il exerçait l'office de trésorier de France au bureau de Dijon, lorsqu'il fut promu à celui de président en la Cour des comptes. Il mourut au mois de décembre 1697, et eut pour successeur son fils François Badoux. Sa famille était originaire de la Bresse; établie à Dijon en 1631, elle s'est éteinte au commencement de ce siècle.
« De son mariage avec Claude de la Mare, il eut cinq enfants : FrançoiS;, qui lui succéda ; Claude,
(1; Page 94 bis.
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écuycr; Aune ; Michelle (l'une et l'aulre religieuses à \i\ Visitation de Dijon); enlin Gathenne. » — Dès le 18 avril 168i, on voit Claude Badoux, écuyei-, tenir Anne Hugueny sur les fonts baptismaux de l'église Saint-Laurent de Beire (1).
Pendant que Michel Badoux était seigneur de ce lieu, il y eut un grand procès entre les habitants de Beire et ceuxde Viévigne, relativement à des droits d'usage que ces derniers prétendaient posséder sur les bois de Butteau. Mais par arrêt du 6 mai 1095, les habitants de Beire furent maintenus dans la paisible possession de ces bois (2).
Les registres de catholicité de la paroisse de Beire, où il est fait mention de trois des enfants de ce seigneur, savoir : François, Claude-Elisée et Catherine, le qualifient d'abord du titre de trésorier général de France, puis on le voit devenir « messire Michel Badoux, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, président en sa Chambre des comptes en Bourgogne et Bresse, seigneur de Beire-la- Ville, Beire-le-Chàtel en partie, de la Rue, etc. (3). » Ce qui concorde parfaitement avec l'armorial de la Chambre des comptes de Bourgogne.
XXXVU. — François BaJoux (1008).
Fils de Michel Badoux et de Claude de la Mare, dont nous venons de parler, on le voit, en 1098, ayant le titre d'écuyer, succéder à son père dans
0) Uegiilres de calliulicilc.
(2) AriîUivcâ du ch.'ilcan.
(3) Registres de calliolicUc-.
l'office de président en In Cour des comptes. — Il épousa Bernarde Filzjean, dont il n'eut qu'un fils, Jean-Bapliste, aussi écuyer, et qui mourut sans postérité (1). François Badoux était déjà écuyer dès l'an 1680, car, le 13 avril de cette année, tenant sur les fonts baptismaux un enfant de François Béné^ meunier à Beire, l'abbé Pasquier Clément lui donne ce titre sur les registres de catholicité.
En même temps qu'il succédait à son père dans l'office de président en la Cour des comptes, il héritait de la seigneurie de Beire, et, dès le 30 juillet 1698, il présenta le dénombrement de cette terre. Dans l'acte rédigé à cette occasion, c'est ainsi qu'il est qualifié : « François Badoux, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, président en la chambre des comptes de Dijon, héritier de Î^Iichel Badoux, aussi président en ladite chambre (2). » — Mais c'est à peine s'il fut seigneur de Beire pendant quelques mois : le 24 novembre de la même année, il vendit cette terre à Denis Priouset, dont nous allons parler.
XXXVllI.— 7)e?2/.î Priouset (1098).
Par contrat du 24 novembre 1698, reçu M« Guindey, notaire à Lux, François Badoux et Bernarde Filzjean, son épouse, vendent à « Denis Priouset, ancien conseiller du roi, greffier, vérificateur et
'i) Armoria/, p. 9'» his.
'X PF.ixr.F.nf.^ vol. vu, p. C13. (Arch. dép.. B. 1090S)
contrôleur des rôles et impositions des communautés de Lux, Beire et autres lieux, demeurant à Pichange, et à Edmée Gruardet, son épouse, la seigneurie de Beire-l' Eglise, et tous les droits et portions qui lui appartiennent en la terre et seigneurie de Beire-le-Chàtel, moyennant le prix de 50,000 livres, cent louis d'or neufs pour la chaîne de ladite dame Filzjean, venderesse, et douze louis d'or neufs po\ir les receveurs et domestiques desdits seigneur et dame vendeurs (1). »
Le nouveau seigneur de Beire, en reprenant de lief et en faisant son dénombrement, déclare, le 19 décembre 1698 « qu'il a toutes justices sur les héritages du finage de Beire-la-Ville, situés deçà les Tilles (côté de Dijon); et aussi toutes justices avec M. Dumay, alors seigneur de la Chaume, sur les héritages du fmage de Beire-le-Chàtel, assis de deçà ladite rivière ('2) . a
Mais Denis Priouset et Edmée Gruardet, accablés de dettes, ne possédèrent pas longtemps leur seigneurie, cinq ans à peine. Et, dès le 20 août 1704, ils la revendirent à François Gueneau, avocat au Parlement, demeurant à Auxonne, et à Marie Borthon, son épouse, qui leur payèrent, pour complète et entière libération, la somme de 910 livres, se chargeant d'ailleurs du remboursement de leurs créanciers (3). — Dans ce nouvel acte de vente, Denis Priouset est qualifié du titre à'officier chez le
(1) Arcli. (lu clià'., grosse de la veute.
(2j PeincedÉ, vol. vu, p. 615. (Aivh. dép., B. 109C4.)
(;i) Arih. du cliàl., grosse du contrat.
roi : plusieurs pièces gardées aux archives du château de Beire nous ont fait comprendre qu'il était courrier de cabinet.
C'est pendant qu'il était seigneur de Beire que, le 14 janvier 1700, eut lieu, entre les habitants et les deux seigneurs de cette localité, une transaction en vertu de laquelle leurs bois furent déUmités(l).
— Les procureurs de la communauté étaient alors Nicolas Nicolardot et Prudent Bollotte. — L'assemblée, selon les usages locaux, fut convoquée au son de la grosse cloche^, et elle se lint, à cause du mauvais temps sans doute, dans la maison du greffier Prudent Lamouzard. — La délibération porte, entre plusieurs autres signatures, celles de Joseph Lefoulet, de Louis Léchenet, de Claude Cotton, de François Roy, de Nicolas Canet, de Pierre Bonnette et de Mammès Millot.